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Après le lUaoïit

348 I.A PREMIKRE INVASION DE LA RFI.GIQTE

neinents de ceux qui n'enteinlont pas le mc^tier de la guerre, je ne me détournerai pas, pour les éviter, d'un (|uart de lieue de la roule (juo jo crois le plus utile à la chose publique'. »

(^uant à Luckncr, tout le monde convenait aujourd'hui qu'on s'i'tait singulièrement mépris en le tenant pour un grand homme, et les gens qui s'étaient jadis estimés heureux daller combattre à son école avouaient tous leur déconvenue. Certains n'y mettaient même pas la délicatesse de formelle Duraouriez. Labourdonnaye par exemple, que nous avons cité déjà, celui qui n'avait pu pardonner au maréchal de lui avoir enlevé ses compagnies de grenadiers, ne manquait pas une occasion d'afficlier son uK'contentement et son dépit. (x)uand Luckuor, quittant l'armée du Nord, au commencement de juillet, eut demandé qu'on lui donnât Labourd(»nn;iye comme lieutenant général à l'armée du Rhin, celui-ci, (pii avait assez vu le généralissime ]iour ne pas se soucier de le suivre à Metz, répondit au minisire que sa santé ne lui permettait jias de (juitter Lille, et que, par C(»nséqueiit, il considérait sa nouvelle lettre de service comme non avenue. D'Abancourt, avec plus d'énergie que Lajard, n'arrivait pas davantage à contraindre h l'obéissance des généraux aussi récalcitrants. Il crut, en cette circonstance, ne pas devoir imposer son autorité ; il ne souffla mot, n'écrivit ni à Labourdonnavc ni à Luckncr, de telle sorte que le j)remier fut persuadé (pie sa nomination avait été annulée, tandis que le maréchal demeurait convaincu que Labourdonnaye allait arriver d'un moment h l'autre. Plusieurs jours se passèrent dans cette attente, et, comme l'état-major de Metz ne voyait lien venir du côté du Nord, le maréchal se décida à

1. AiTliivi's liisliiri(|iips «If la Oiiciri'. Aiiiil'"' ilii Ntuil. jiiilli-l ITft".'. I,af;iyi'll.' a l.:tj;i|-.l. .'O juillel.

DUMOrRIEZ DEMEURE A VAl,ENnn<:NXF,S 349

écrire directement à Labourdonnaye pour l'inviter à rejoindre incessamment. Sur ce, profonde surprise et {jfrandc colère du gouverneur de Lille, qui, tout d'abord, ne comprit rien à cette résurrection d'un litige ([u'il croyait enterré. Au bout de quelque réflexion C(.'j)endant, Labourdonnaye devina que Luckner n'avait l»t>int été mis au courant de son r^fus (i'aller a l'armée du Rhin; mais, au lieu de s'en prendre au ministre «ommo il eût dû raisonnablement le faire, ce fut sur if maréchal qu'il laissa tomber sa mauvaise humeur. 11 lui répondit donc, à la date du 31 juillet, une lettre d'un ton extraordinairement dégagé, dans laquelle il lui disait que, « si le ministre avoit fait son devoir, il eût envo;ré à M. le maréchal sa réponse en date du "28 juillet par laquelle il lui aunonçoit que sa santé ne lui permetfoit pas de changer ni d'armée ni de résidence en ce moment». D'ailleurs, ajoutait Labourdonnaye, « .'>i les armé PS et les (jènêraux et oient tous sur les (/raiifls chemins ou à Paris, les frontières ne seroient surveillées par personne dans les postes que les ennemis désirent le plus d'occuper ' ».

Le cas de Dumouriez n'était pas isolé, comme on voit, et, en admettant même que Labourdonnaye fût connu pour son manque de forme et son caractère grincheux, on ne peut s'empêcher de penser que ces généraux de la Révolution n'étaient peut-être si mal obéis que parce qu'ils étaient eux-mêmes d'une insoumission notoire.

En attendant, en dépit des injonctions de Lafayette

I. Archive» hisloiiquos de la Gueni". Armée du Nord, jiiillcl W.tl. Labourdonnavc à Liicknei-. '.il juillet. Xavier Audouin a crayomii! audos de ccUe lettre la noie suivante : •■ Pres(|ue toutes les lettres du ffénéral Labourdonnaye ne sout l'emplies que de ses quei-elles avec d'antri's j^énéraux. mais celle-ci est surtout remarquable par le refus qu'il fait d'obéir à un ordre du ministre. Ainsi cette anarchie, dont on alTecte de se plaindre depuis l'établissement de la Ri'pnbliiiue, existait déjà dans la monarchie, et les ministres du roj n'étaient pas mieux obéis que les mMres. >■

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signitiaul k Dumouricz d'avoir à quitter l'arniée du Nord, au mépris des ordres de Luckner, des prescriptions du miuistre, Duinouriez demeurait tranquillement au camp de Maulde, attendant là qu'on lui offrit la situation indépendante qu'il avait sollicitée du Roi. Etait-il encourage'' en sous-main à la résistance par ses amis de Paris? Avait-il, de là, des renseignements l'avisant que du jour au lendemain la situation allait changer? Nous ne possédons à cet égard aucune donnée certaine; mais, si Ton songe que huit jours seulement nous sé})arent du Dix Août, on admettra que cette hypothèse n'aurait rien de hasardé.

Si, d'autre part, on se rappelle que l'accusation de complot contre la sûreté de l'Etat dirigée contre Lafayette, à l'occasion de sa conduite après le 20 jviin, se discutait en ce moment à l'Assemblée nationale', si Ion se souvient que ses adversaires paraissaient résolus à tout tenter pour le perdre, on est amené à penser que, dès les premiers jours d'août, ils avaient sans doute escompté son appel à la barre, son arrestation, peut-être pis encore. (^Hiils eussent fait partager leurs espérances à Dumouriez, la chose serait fort possible et expliquerait dans une certaine mesure la résistance, la force invincible d'inertie qu'opposait à toute injonction le commandant de la 2'' division. A la date du 5 août, Dumouriez, répondant à d'Abancourt qui lui exprimait son étonnement de le savoir encore à Maulde, affirmait au ministre qu'il était « inadmissible et désavantageux à la nation qu'il demeurât, lui Dumouriez, aux ordres de Dillon et, par suite, de Lafayette »; et il ajoutait cette phrase qui était presque une menace : « Cette mesure ne peut j)as tenir, et je vous prédis qu'elle sera détruite ou

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