LES ARMKKS ET LE COMMANDEMENT EN CHEF
à la plnco éminente que lui assignait aujourd'hui Louis XVI. (.'e poste de courtaïu-o était-il mérité par des talents militaires supi'riours, il serait difficile de l'aftirmor. Toutefois, s'il en faut croire Jomini, un hou jug-o en la matière, Lafayctte aurait été, parmi les trois nouveaux commandants (Farmée, le seul qui eût une idée nette de la situation militaire, le seul qui conçût avec limpidité et justesse la direction à donner aux opérations. « Ce général, a dit le grand écrivain militaire, fut le seul qui saisit le point décisif (qui discernât le véritable plan d'opération il adoi)ter), et prouva en cette circonstance qu'il eût fait la guerre avec distinction, si le sort n'en avait décidé autrement '. »
Quelques théories militaires exposées à cette époque dans sa correspondance, celle, par exemple, qu'on peut faire toujours la guerre, <( quand on a du canon et des souliers 2 », cette autre qu' « il n'y a de bonne défensive que celle qui attaque souvent ■^ », cette autre encore que « les marches rétrogrades sont en général fâcheuses et qu'à la guerre, comme aux échecs, un faux mouvement dérange toute la partie'^ », beaucoup d'autres de ce genre dénotent qu'il avait sur la guerre des idées justes et nettes, en avance sur celles de son temps.
En résumé, à côté de Rochambeau et de Luckner parvenus l'un et l'autre au déclin, Lafayette encore populaire, la tête ceinte de l'auréole que donne la jeunesse unie à l'expérience, doué de toutes les qualités qui impressionnent les foules et facilitent l'exer-
I. Jomini, Histoire des quercps de la Rrvolution (Eilit. belge). Bruxelles, Pi'lit, l8'il,t. II. p. 116 et' 117.
î. .\rcliives historiques de la Guerre. .Vriuée du Centie, 1792. Lafayette à ServHii. 2.1 avril.
3. Discours de Bureaux de Puzy à la Législative, citant Lafayette.
4. Archives historiques de la Guerre. Armée du Centre, 1792. Lafayette à Servan, G mai.
34 i.A pri:mh":ui-: invasion i»h la i!i:i.oiin"H cice du coinniandemcnt, paraissait bien être la personnalité le mieux en état de remplir offectivemeni et utilement sa tâche. Comme le dit Jomini, d est regrettable que les circonstances ne lui aient pas permis de confirmer par des faits ces honorables pré-
visions.