LIEUTENANTS GENERAI^X ET MARECHAUX DE CAMP
denieuraieiiL les tiMiioiiis impuissants. Touto la correspondance officielle, les lettres privées, les confidences intimes, dont certaines sont parvenues jusqu'il nous, témoignent de ce découragement. Et il n'était pas possible que ces généraux ne fussent pas découragés. Ceux-là mêmes qui, comme Biron ou xMoreton, essayaient de ne voir dans les excès dont ils étaient les témoins quune efi"ervescence passagère et excusable, se celaient à eux-mêmes leurs impressions véritables. Ils ne pouvaient manquer de s'avouer, au fond de leur âme, que la situation de l'armée était des plus critiques, qu'il n'y avait rien à tenter avec des troupes, non seulement sans organisation, mais surtout sans discipline et sans morale. L'Assemblée nationale, mise de temps en temps au courant de cette situation périlleuse, semblait un jour vouloir prendre des mesures pour y remédier et, le lendemain, elle était la première à donner, sans s'en i-endn; compte, le dernier coup à un édifice qui s'effritait chaque jour davantage. C'est ainsi, par exemple, que Rochambeau, après avoir passé le mois de décembre à rétablir, à essayer de rétablir l'ordre et la confiauce, à rallier officiers et soldats à la soumission aux lois, ne rentra à Paris, au début de 1792, (jue pour y apprendre la mise en vigueur de décrets allant, tous les uns plus que les autres, ;i l'envers de ses dernières mesures. « Le premier de ces décrets, dit-il lui-même dans ses Mémoires^ dont je retardai la sanction royale le plus ipi'il me l'ut possible, fut l'admission des soldats dans les clubs... La force armée étant essentiellement obéissante, il me parut du plus grand danger d'admettre les soldats dans des sociétés... où... l'esprit dominant était, certes, très nuisible ii la discipline... Dès que ce décret eut reçut la sanction du roi, je ne pus y appliquer d'autre remède qu'en engageant les officiers à les y surveiller
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et il les y accoMi])agner. Mais ce })alliatif étaitd'aiitant plus médiocre que les opinious contraires et prononcées (le la plupart d'entre eux étaient peu propres à ramener la confiance du soldat, avec lequel ils se compromettaient continuellement de telle sorie que la discipline en souffrait excessivement. »
La situation, comme on voit, était encore pire au moral que sous le rapport de la pénurie des moyens matériels, ce qui n'est pas peu dire, comme on le verra plus loin. Etait-il possible que, dans de telles conjonctures, on pût aboutir à des résultats victorieux? Peutêtre ; mais assurément la tâche était ardue, ingrate, et elle apparaissait dès lors comme bien périlleuse à ceux qui avaient charge de la mener à bonne tin.