CHAPITRE V
LA PRÉPARATION DU PLAN DE CAMPAGNE LA RÉVOLUTION EN BELGIQUE - DUMOURIEZ
Luckner, en acceptant nn commandement en chef dans les circonstances critiques que traversait la France, ne paraissait point se douter, nous l'avons dit, des graves responsabilités qu'il assumait. Il n'en était de même ni de Rocliauibeau ni de Lafajette, Mais, si Lafayette, jeune, ardent, actif, se sentait de taille k faire face aux difficultés les plus ardues, Rochambeau, au contraire, ne prenait la direction de son armée qu'avec hésitation, presque avec regret. Effectivement, on acceptant la tâche que les circonstances politiques, plus encore que les conjonctures militaires rendaient si redoutables, il avait peu à gagner et beaucoui) à perdre.
De plus, on dehors de sa répulalion menacée, de son honneur militaire en jeu, il était en passe de se ruiner, de perdre dans cette situation nouvelle, le patrimoine assez maigre que lui avait laissé son père. En réalité, les 40.000 livres allouées par la loi du 21 octobre 171)1 aux commandants (rarm('e étaient très loin de suffire pour lui poruiettre de faire face aux frais multiples qui incombaient ii sa situation. Et Ton comprendra vite une telle vérité si l'on songe à la dépense que la coutume et la tradition