‹ La première invasion de la Belgique, 1792Chapitre 32 sur 135 · LA PREPARATION DP PLAN ])K CAMPAGNE · texte numérisé non relu

LA PREPARATION DP PLAN ])K CAMPAGNE

imposaient alors ii un gciioral en chef. En dehors d'un train ruineux do voilures et de chevaux pour son service personnel, il devait tenir laide ouverte, défrayer de toutes déiienses un état-major souvent très nonjlii'eux, entretenir non seulement sa propre maison, mais celle de tous les officiers attachés h sa })ersonne'-\ Sous l'ancien régime, les généraux en chef possédaient généralement une fortune pei'sonnelle ([ui leur pm-mettait de faire face à ces dépenses avec leurs propres moyens; rpiand ils n'y parvenaient point, le Trésor leur fournissait ce qui leur faisait défaut sous ce rapport. En 171)1, les choses ne pouvaient plus aller de la sorte ; le roi était réduit lui-même à une liste civile assez maigre, Rochambeau n'avait point un sou il toucheren dehors des appointements rpie lui fixait la loi. Ce fut vraisemblablement le désir d'améhorer cette situation pécuniaire — et non une' autre raison — qui amena le Conseil du roi, et notamment Narbonne, à proposer à l'Assemblée do donner à Rochambeau et à Luckner le bâton de maréchal de France''.

Rocluuubeau avait dans son passé Malion et York- ToA\n ; il avait commandé en chef dans des circons-

L A propos (lu train fiili'eleiiu ]nir un };{>nor:il i-n chef ilu xviir siéclp. on iioun-a tin.'r des conclusions utiles de la description cpie nmis donn<' le ni;u-<(uis de Valfons de l'équipage d'un capil;iine d'int'antei'ie. Ce train, pour Vallons et deux de S(!S camarades, comprenait : I limiuet à ([ualre chevaux pour les provisions et les malles; (i mulets et .S chevaux di; main, I {.'raiide lente, chanibie à coucher, 1 seconde ti-nte pour la salle à manger, I troisième qui servait di; salon, « toutes bien douldées, et beaucouii lie canonnières (*) de coutil pour nos gens». Comme peiSonn(.'l : 1 valets, montés: I cuisinier, monté' avec des cantines d'osier, allant toujours au campement pour tenir la soupe prête », 1 i)remier domestique! maitie d'hôtel {Soiivenir.t dumnrqnis de Valfons, 1710- I7SI). Paris, I8li0. p. tj7).

•l. iJans la guerre de Sei)t Ans, nos généraux en arrivèrent à avoir cha(|ne jour nue tahle de deux cenla couverts. (Voir Lessac, dans Ilardin, |). -.^7110, col. -1.)

.'i. Tout au moins on iloit le supposer, d'après la lettre de Biron à Narbonne. de Valenciennes, 'J décembie 17'.il. Registre de Corresjiondance de Biron.

I') Canonnière do campement, lenle d'homm<;.s de troupes qui dans l'origine serval à quatre canonniers, dit l'.Xcadémie. (Voyez Uardin, p. 956.)

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tances difficiles et avait mené h bien nne iiiierrc qui, en deh(^rs des succès militaires, avait eu des résultats politiques considérâmes ; le bâton de maréchal pouvait passer pour une récompense tardive, mais justifiée, des services rendus. En ce qui concernait le général Luckner qui n'avait jamais combattu que contre nous, dont Topiiiion publi(iue s'était engouée subitement, sans qu'elle sût au juste pourquoi, Luckner qui n'avait jamais commandé que des partisans, tout au plus un corps de cavalerie, qui, en 1791, n'était plus que le « vieux soldat, demi abruti, sans esprit, sans caractère... » dont parle M""' Roland, il paraissait exorbitant de le créer maréchal de France, uniquement pour augmenter sa solde. D'autant, qu'avec la meilleure volonté du monde, il était impossible de le considérer comme un nécessiteux. Ses anciens pillages en Allemagne l'avaient, comme il a été dit, mis pour toujours au-dessus du besoin ; son mariage inespéré avait encore amélioré cette brillante situation financière; enfin, il n'était pas homme à tolérer que cette situation pût être jamais menacée. Quand récemment le bruit avait circulé, dans les journaux d'outre-Rhin, (pie l'enqjoreur d'Autriche, ému de voir un sujet bavarois à la tète des armées françaises, avait décidé de mettre le séquestre sur les propriétés possédées par Luckner sur le territoire de l'Ein^jire au titre de sujet allemand, le vieux reitre avait immédiatement montré les dents.

<' Dites à la personne qui vous a chargé de m'inviter à faire mes réflexions relativement au danger que pourraient courir mes terres en Holstein, — écrivaitil à cette époque dans une lettre que publia le Moniteur^ , — dites que je ne crains point dépareilles

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