‹ La première invasion de la Belgique, 1792Chapitre 34 sur 135 · Moniteur d'u\n\ \'Ui, ii" IIS · texte numérisé non relu

Moniteur d'u\n\ \'Ui, ii" IIS

",.'. •' ... yiielqu'iiii disait on parlant du bâton de maréchal doiim- k deux hommes au commencement d'une cainjjagne : " Que fera-t-ou pour l'u.x « s'ils reviennent victorieux? » (Corresponil.ancu de Mirahenu. Pellenc à La Mark, 28 décembre 1791, t. lli, p. 278.)

lui proposait son Conseil, et, s'il raccepta assez facilement en ce qui concei-nait Rociiamboau, il fit plus d'opposition lorsqu'il s'agit de Luckner. Depuis launée 1763, date à laquelle il avait été admis dans notre aiMuée comme lieutenant général, l'ancien condottiere n'avait rien fait au point de vue militaire que de toucher régulièrement les 36.000 livres annuelles qu'il recevait comme général français. Eviileniment, c'était iiisuftîsanl pour expli(iuer son élévation à une dignité qu'avait illustrée Turenne.

Le roi hésita donc. Mais le malheureux prince n'était pas homme à lutter longtemps pour une préférence personnelle ; il avait cédé déjà sur des points bien autrement importants. 11 se rendit donc, là encore, aux raisons que lui exposa Narbonne, et, le 14 décembre, Talleyrand put envoyer à son ami Biron, à Valencicnncs : 1° une nouvelle erronée, à savoir que lui, lîiron, allait être fait lieutenant général dans la semaine ; 2° un renseignement exact : le bâton de maréchal accordé à Rochambeau et à Luckner ^

Ce fut à Metz, où Narbonne s'était rendu au cours de la visite des frontières dont nous avons parlé plus haut, que le ministre delà Guerre remit aux deux titulaires l'insigne de leur nouvelle dignité'-'; à Metz, oii

1. Archives historiques du Ministère île la Guerre (1792). Registre «le Oirrespondauce de Biron. Talleyrand à Biron, 14 décemhre.

2. .Narbonne, s adressant à" Luckner et à Rochambiau, i)roiionça à celte occasion, devant les troupes assemlih-es. un discours qui obtint « un succès prodigieux dans la f;ai'uison" et dont nous extrayons le passage suivant :

" Le Roi, Messieurs, vient de vous iioiuinei' ni;iréchaux de France.

« L'Assemblée nationale, en rendant un décret sur cet objet, a ajouti' à cette nomination une nouvelle gloire (piaïu-nn général n'avait pu con- )iaitre avant le règne de la Liberté. Le Koi, Messieuis..., en se souvenant de vos services passés et en vous désignant pour généraux, vous n vus iléjà virlorieux...

" Vous, monsieur de Luckner, que nous n'avions appris à connaître autrefois (pic par nos revers, vous nous avez adoptés pour patrie; et en )>rivant nos ennemis d'un de leurs iin-miers défenseurs, vous nous donnez jiour gaianl de votre dévouement, le choix que vous avez fait de la France sur toute riùirope et le dépôt de votre gloire, qui ne peut sortir des mains des Français (*). »

(■) Luttre ili' MeU. publiée daus \i^ .)Joiiitcui- du it jaiivior.

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