‹ La première invasion de la Belgique, 1792Chapitre 35 sur 135 · I.A l'RKl'ARATION Ï)V l'I.AN DK CAMl'Afî.VK · texte numérisé non relu

I.A l'RKl'ARATION Ï)V l'I.AN DK CAMl'Afî.VK

LalaN t'ilo avail cIl' (''j^ah'iiK'ul coiivcxiiU' iiou poiiu pour assister soiileiiient à une iinposanle cérénioiiie, mais pour échaiii^ei" ses idées avec les commandants des armées dn Nord et du Rhin à propos du plan de campajîne à adoi)tor on vue d'opérations militaires subséquentes.

De ce (|ui fut proposé alors rien ne transpira, le ministre de la Guerre et les fi:énéraux ayant gardé sur leur entrelien un silence qui n'a jamais été rompue Mais on a des renseignements sur le plan qui fut élaboré à Paris-, en janvier ou en février, aune épo([ue où Ilocliandjoau, Lafayette •' et Luckner s'abouchèrent, au Ministère de la Guerre, pour arrêter les dispositions d'ensemble (jui permettraient à leurs trois armées d'agir conjointement Rochambeau paraissait tranquille sur la situation de notre frontière, c'est-à-dire sur la résistance que ces places étaient en état d'opposer ii une invasion. A vrai dire, cette tranquillité était peut-être optimiste ; mais comment le général en chef eut-il témoigné la moindre inquiétude après le discours prononcé par le ministre de la Guerre à la date du 11 janvier. Ce qui préoccupait Rochaml)eau bien davantage, c'étaient nos préparatifs d'entrée

1. Narlionne. ilans son discours du 11 janvier à rAssemblée. discours que nous avons cité en partie, au chapitre premier, et dans lequel il liit tant de choses inexactes et erronées, sut cependant se taire sur ce jHiint. "C'est à Metz, dans une conférence, (jue Sa Majesté ni avait ordonné d'avilir avec MM. Luckner, Rochambeau et Lafayette. que des ])lans de campagne d'après différentes hypothèses ont été "j)réi)arés. Le secret est nécessaire à tous ces plans..." Moniteur du samedi l'i janvier.

■>. Kochambeau ét.'iit à Paris depuis le 1'.) on le ;'() janvier. .. M.deRochain beau i)art demain pour Paris. » (Biron à Narbonne, de Valenciennes,- 17 janvier 1702.) U y .avait été mandé par Narbonne a la date du 12 ou du l.i. (Voir Biron à Narbonne. 14 janvier.) On lit éfialenient dans la corresiHindance de Mirabeau (IIL p. 2',l'() : •• M. de Kochambeau vient de jiartir pour Paris, sans doute pour piéparer son plan de campagne sur cette frontière. - (La Mark à Mercy, 22 janvier i;!l2.) Le comte de La Mark habitait alors — comme on l'a dit au précédent cha[)itre — son château de Raisinés, à quelques lieues de Valenciennes ; il était donc nécessairement bien informe.

:{. •> J'ai été appelé de larnic-e à la capitale pour conférer avec les deux autres généraux, le ministreet moi... •• (Lafayetteà Washington, Iti mars 171(2. Dans Charavey. le Général La /■'ayetle. p. 2Sti.)

on campagne, ou plulùt l'insuffisance de nos préparatifs, en particulier l'état moral de nos troupes et leur défaut d'instruction professidnnelle. Ces troupes, disait-il avec raison, « après une paix de trente ans qui n'avait été interrompue que par des guerres particulières en Amérique et en Corse, avaient le plus grand besoin d'être disciplinées, d'être exercées et d'être aguerries par des succès graduels ». Il proposait donc de garder la défensive, d'occuper avec des masses moyennes les camps retranchés de Dunkerque, Givet, Sedan, et de rassembler le gros des troupes à Famars sous Valenciennes, avec une forte pointe à Maulde, sur la frontière même. Dans cette position, le maréchal était persuadé « que nous ne serions pas attaqués si nous n'allions chercher querelle à personne », et, au cas où nous l'eussions été, il proposait « de déboucher par les deux ailes de l'ennemi dans le pays d'entre Sambre-et-Meuse et d'entre la Lys et la mer, se bornant à manœuvrer « comme le recommandait le maréchal de Saxe », évitant par-dessus tout les grandes batailles.

Luckner combattit la proposition de Rochambeau en demandant, « comme Anacharsis Clootz, qu'on fit la guerre offensive à l'Europe entière. Il exigeait qu'on lui donnât carte blanche » et assurait qu'il irait faire signer la Constitution ii Vienne. « Il ne parlait que d'attaquer », dit Rochambeau dans ses Mémoires; mais, quand on lui demandait comment et avec quoi il attacpierait, il demeurait coi et disait « comme les charlatans, que c'était son secret ».

Luckner, de loin, de très loin, pouvait on imposer aux foules par sa prestance et son air de cro(juoniitaino, mais dans la conversation, dans la discussion, la nullité de ses moyens sautait trop rapidement aux yeux pour qu'elle pût tromper un instant des esprits

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