LA ['REPARATION DU PLAN DE CAMPAGNE
et à M. Diimouriez ', » Et Biron lui avait répondu par une lettre entortillée, entre les lignes de laquelle il fallait lire : Faites-moi nommer, sans que j'aie l'air d'y tenir, au commandement de l'armée du Nord.
Ce fut pour faciliter encore le revirement d'esprit qu'il désirait produire dans l'esprit du ministre que Lauzun imagina cette émigration des })atriotes l)elges venant en masse nous demander des armes, surtout cette fantasmagorique désertion des troupes autrichiennes, prêtes, aftirmait-il avec un extraordinaire aploml), à se joindre à nos soldats, du jour où nous aurions franchi la frontière. Et, à propos de cette question de déserteurs, il est indispensable que nous donnions ici une explication.
Aux termes des conventions diplomatiques intervenues naguères entre la France et l'Autriche, conventions toujours en vigueur, puisqu'il la date du !"■ avril, la guerre n'était point déclarée, les déserteurs ne pouvaient être accueillis ni dans l'une ni dans l'autre armée, et devaient être, au contraire, livrés à la première réquisition de la puissance intéressée. Depuis longtemps, et déjà à l'époque oii Narbonne occupait le Ministère de la Guerre, Lauzun avait signalé raj)parition, dans nos lignes, d'un certain nombre de déserteurs autrichiens et avait indiqué la possibilité de former avec eux des bataillons ou des légions auxiliaires. En réalité, cet exode se réduisait k fort peu de choses, mais, dans sa préoccui)ation d'attri!)uer, de faire attribuer à l'armée du Xoid le rôle prépondérant dans les opérations, Lauzun dénaturait les faits, leur accordait une importance qu'ils n'avaient nullement. Déjà, à la date du (3 janvier, il avait écrit à Narbonne « qu'on ne })ouvait se faire une idée de la