Sans doule Condorcet et Sieyés
•^. Carnet de correspondance de Lauzun.
MO L\ l'RIvMIHRH INVASION DR LA Mi:i,(iIQlTE
plus aiicion jiniir qu'on Vvninir (ii/lcur!<. A'ous sua'OZ ])\v\\ qu'on vertu de votre charmant décret de la Montagne, vous ne pouvez rien commander (pie par ancienneté; ainsi // faut sr f/rfnirr <//' Inul rr tfui rs/ plus nitcif'N i/f/f ro/(>i. Mon opinion est (jne vous allez être, dici ;i quinze jours, dans la plus grande activité ; on attend la réix)nse du cabinet de Vienne et on la prévoit. Vous savez que Dumouriez a toujours été à l'idée d'attaquer; il y est plus que jamais ; tout ce qui nous tourmente dans l'intérieur l'v porte. Il faut que nous sachions par vous ce que nous devons faire faire à M. de Grave et à M. Dumouriez ^ »
Biron, qui très certainement avait envisagé déjà l'éventualité de la disparition de Rochambeau, Biron, pour lequel ses amis ne travaillaient certainement pas sans avoir son consentement, parut troublé de la proposition qui lui était faite. Tout d'abord il sembla ne point l'agréer. La vérité est qu'entre l'ambition d'être quel([ue chose, ce dont il avait bien envie, et le sentiment peut-être vague en lui, mais existant cependant, ([u'il était inférieur à la tâche dont il voulait charger ses épaules, il demeurait perj)lexe. hésitait, montrait nettement condjien il était peu fait pour une situation où il fallait surtout de la décision, de l'énergie, du caractère.
Il répondit à Talleyraiid (in'il n'apercevait point, parmi ses camarades de l'armée du Nord, de successeur capalile de substituer Rochambeau et qu' « il ne s'aimait pas mieux ([ue les autres » ; que le meilleur j)ar(i serait d'appeler Luckner à Valenciennes, contiant l'armée — celle d'Alsace» — à M. de Gelb (qui y commandait déjà une division), et qui, (( avec le Rhin devant lui, y serait très suffisant ». Si le roi
1. Carnet de curruspondaiice de I/iu/.iiii. Talleviaiid à I^auzuii. j avril.
LA PKKI'ARATION Df l'I.AN Di-; ( ' AMPAii NK ll|
tenait al)sûliimcnt ii laisser Luckiior ;i Strasbourg. Biron désignait, comme candidat pour l'armée du Nord, M. de Choisy, « si sa santé était rétablie », ce qui était bien loin d'être le cas. En dehors de M. de Choisj-, continuait Biron, «j'avoue franchement que je ne vois plus (jne moi,... et vous me permettrez de vous faire observer que si le décret de la Montagne s'oppose à ce que je })uisse commander les lieutenants généraux, mes anciens dans notre armée, il a déjà été enfreint l)our M. de Lafayette, qui a été prendre le commandement de larméo de la Moselle, quoique M. de Belmonte, qui y est resté, fût lieutenant général dix ans avant lui. Si cette exception ne peut regarder que M. de Lafayette, s'il est au-dessus des lois, cela doit donner beaucoup d'espoir à ceux qui ne veulent pas s'y soumettre )•.
Les choses en étaient ;i ce point, et les amis de Biron attendaient impatiemment la disparition de Rochambeau, quand, le lendemain du jour où l'on avait signalé son agonie comme imminente, on apprit, de la façon la plus inattendue, que le maréchal était plus vaillant que jamais, qu'il avait fait ses malles, (juil avait commandé sa chaise de poste, ([u'il achevait ses derniers préparatifs pour rejoindre l'armée.
Il n'y avait plus à tergiverser, il fallait eu pren<h-e son parti. On n'avait plus quo la ressource de le i;ressentir sur les modifications au i)lan de campagne qu'on avait arrêté en dehors de lui et, sans lui dire la vérité, de voir la résistance qu'il op})oserait à des projets qu'on gardait encore l'espoir do lui voir sinon approuver, tout au moins tolérer. On le manda donc au Ministère, et là Dumouriez, en présence du ministre de la Guerre de Grave, lui fit part des motifs qui invitaient le Ministère à modifier dans un sens beaucoup plus actif, beaucoup plus offensif, les dispositions j)rimi-
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tivoiiK'iil arrêtôos. Ou lui parla de réniigTation en niasse (jne Ton attendait do la part des Belges, de la nécessité dappuyer le mouvement, de l'espoir qu'on caressait de voir la désertion enlever au duc Albert <le Saxe-Teschen la plus grande partie de rarniée des Pavs-Bas, de l'opportunité de provoquer ce mouvement en franchissant le plus tôt possible la froutit're. Rochambeau a raconté la scène dans ses Ménioin-s : elle vaut la peine d'être transcrite. « J'appris — nous dit le maréchal — que M. Dumouriez et son parti dans rAssoud)lée voulaient déclarer la guerre et la faire offensive sur les plans les plus fous, qui ne pouvaient avoir été forgés qu'aux Petites- Maisons. jNI. de Grave vint me voir de la part du Roi et me donna rendez-vous le lendemain chez lui, avec M. Dumouriez.
« Je crus que ces ministres avaient le transport au cerveau. Ils me parlèrent d'une désertion générale dans l'armée autrichienne, sur laquelle ils comptaient, du parti énorme qu'ils avaient dans le Brabant; d'une émigration de plus de 30.00U hommes, qui viendraient au-devant de nous, et qu'il y en avait déjà 5.000 rendus dans mon commandement. Je leur dis qu'ils étaient im])udemment et horriblement trompés... que le corps des émigrés brabançons était toujours de 5 à 000 hommes (au heu de o.OOO), que l'esprit général du Brabant, sans être favorable au Gouvernement autrichien, était encore plus ennemi de notre
Révolution J'interpellai les quatre chefs de bureau
sur l'état de nos troupes et de nos magasins... Ils me demandi'rent jusqu'au 15 mai pour fixer le premier rassemblement de ti'oujies K »
Finalement le mai(''(lial demeura de plus en plus