‹ La première invasion de la Belgique, 1792Chapitre 58 sur 135 · Rapport de Dupont-Ghanmonl · texte numérisé non relu

Rapport de Dupont-Ghanmonl

2. Cassirri écrit : Baisieu sans x, Chérang, etc. Pour tous ces noms, nous suivons l'orthographe de la carte d'Ktal-niajor au l/SO.UO(j actuelle

14(1 1,A FREMIKRE INVASION DR LA HKI.GIQrE

1 compagnie du l*""^ Ijataillon des volontaires de Seine-et-Oise ;

1 bataillon du 24' d'infanterie ci-devant Brie ;

1 bataillon du 56"" d'infanterie ci-devant Bourbon;

1 bataillon du 90" d'infanterie ci-devant Cliartres;

6 pièces de campagne.

Arrirre-garde : 2 escadrons du régiment de cuirassiers t cuirassiers du roi); 2 escadrons du 13* de cavalerie ci-devant Chartres ' .

La marche, effectuée dans cet ordre, s'opéra sans encombre. La première halte eut lien à hauteur du village d'Ascq, à une heure de Lille'. Là, le général crut à propos d'apporter quelques modifications à l'açrencement de sa colonne. Suivant un errement du temps, il réunit en 1 bataillon les 3 com})agnies de grenadiers du 24^ du 56' et du 90*, leur adjoignit la compagnie de volontaires de Seine-et-Oise, qu'il voulait piquer d'honneur, et plaça la nouvelle unité sous le commandement particulier du colonel de Ruanlt, du 56". Le bataillon de grenadiers eut ordre de prendre la tête de la colonne, et c'est dans cette nouvelle formation qu'on se remit en marche.

On atteignit ainsi Baisieux ; il pouvait être trois heures du matin. Le général prescrivit une srrand'halte et fit donner l'avoine aux chevaux ; luimême, accompagné de MM. Valabris et de Berthois, se porta en avant du village pour reconnaître le terrain, la situation et recueillir de la bouche des cava- Uers de l'extrême pointe les renseignements acquis.

Comme il arrivait à l'extrémité Est de Baisieux,

1. Le {;cnéial Piilly, alors colonel des cuiiyssicis et jiréseiit à raffaiie dp Tniiiiiai. (loiiiie un ordre de marche très jieii diffeieiit, en ce qnil niel le 1" ri'nimenl de cavalerie au fjros di' la colonne an lien de le placer à l'avanl-Karde. Nous adoptons la version île Dnpont-Clianinont.

■.'. Ia' {grenadier Ulandin dit qu'on s arrêta tout d abord an villaprd'Elein f?), sans dont!' Hi-leninies. puis au pont de Saint-Marcin (?), vraisenildalilenient Pontà-Tressin. Nous continuons à suivre la veision de Duponl-Chauniout.

l'akfairk DK RAISIEUX 141

I)illon roçut l'avis que les Antrichicus occupaient eucorc le posto-l)aiTiore de la frontière ; il le fit enlever par les 2 compagnies de tète du bataillon do gi"enadiers et donna ordre à ces 2 coni[)agiiios do continuer sur Marquin avec les 50 chevaux do l'extrême pointe. Dans cet engagement, le premier d'une lutte (pli allait durer plus de vingt années, nous eûmes 1 lidinme tiu' et 2 faits i)risonniers. Néanmoins, nos soldats, pleins d'entrain, continuaient à progresser, d'autant que, le général ayant fait soutenir ses éclaireurs par le reste du 6° chasseurs, on put dépasser Baisieux de 1.500 mètres et s'avancer jusqu'à hauteur de Hertain.

Sous le couvert de l'avant-garde, Dillou Ht alors déboîter le reste de la colonne et la forma en position d'attente, à droite et à gauche de la chaussée, entre deux villages dont aucune relation ne donne le nom, mais qui, vraisemblaldement, étaient Hertain, au Nord, et Lamain, au Sud. Le déploiement se fit avec ordre et disposa les troupes sur deux lignes de la façon suivante :

Première lujne. — A la droite, et en allant de la droite à la gauche, venaient : 1° le régiment 1*"' de cavalerie, 2 pièces, le 24" régiment d'infanterie •, le tout formant l'aile droite; 2" le 90" régiment d'infanterie, 2 pièces, le bataillon de grenadiers ou ce qu'il en restait, 2 pièces, le 56% formant le centre; 3° l'aile gauche, constituée avec le ~f chasseurs. En outre, à l'extrême droite et à l'extrême gauche, les deux villages, point d'appui de notre position, étaient occupés par 1 compagnie do fusiliers et 1 escadron.

Deuxième lif/ne. — La seconde ligne était dispo-

I. Ces l'éfîimeiils ciPinprL'iiaiciit, on s'en soiivieni, 1 seul liiitaillnii île campagne, de «12 hommes. D'après le jirojot iloiil nous avons pailé plus haut (p. 13), ils auraient dû en posséder 2, mais jus(]ue-lii il n'avait pas été possible de foiiiier le 2" bataillon de guerre.

142 LA PREMIERE INVASiUxN DE LA HELGigUE

sée à 80 pas do la première. Elle comprenait les (cuirassiers et le rëjj;imeiit <ie Chartres-cavalerie, massés run à côté de l'autre, en colonnes par peloton ' .

Etabli en ce point et avec ce <lis})ositif, le j^énéral Dillon pouvait avec raison, semble-t-il, se croire en sûreté. Effectivement, «après avoir bien examiné la droite et la gauche de sa position, il s'affermit davantage dans l'opinion que les Autrichiens ne pouvoient Ty forcer et qu'il restoit maître du moment de sa retraite ». Il fit donc presser l'arrivée des fourrages, du pain et de l'eau-de-vie, qu'il fit distribuer-. En même temps il prescrivit k la cavalerie d'envoyer ses chevaux à l'abreuvoir, par peloton-', et en attendant, il ordonna aux autres de débrider'.

Entre temps, les grenadiers envoyés vers Marquin, les diverses reconnaissances de cavalerie expéiliées k droite et k gauche, sur le front, n'avaient pas cessé d'escarmoucher. A ce moment, c'est-k-dire vers sept heures du matin, « un officier de chasseurs vint faire rapport au général qu'un parti des siens venait d'être repoussé près d'un moulin' (jui se trouvait sur une petite éminence k la droite de la chaussée. L'officier ajouta qu'il avait cru apercevoir l'ennemi occupé k établir en ce point du canon. Dillon fit tout dabord renforcer ses tirailleurs et donna l'ordre de reconnaître le point suspect. Toutefois, si utile qu'il fut de surveiller ce que pouvaient faire les Autrichiens au l)ied du moulin, l'établissement d'une batterie eu ce point n'était pas, pour le moment, bien dangereux,

I. Les ordres de bataille iloiincs jiar Dunioiit-Cliaimiiuil, [tuf le fîéiiéral l'iilly l'I par le grenadier Blandin ne sont i)as identiques; toutefois les vailantcs sont lé{;ères.

"J. Ua|i|iiirt de bupunt-ChanuKiMl.

■i. Archives hisldiiciues du Ministère de la (iiierre. Armée du Nord, \~'S2. Ka)i|j<itt du dm- d'Aiiniont n Hnchaiulieau, 3U avril.

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