‹ La première invasion de la Belgique, 1792Chapitre 62 sur 135 · Idem · texte numérisé non relu

Idem

14(» LA PREMIERE INVASION DE LA lŒLGIQUE

qui était demeurée en arrière, distinguait la tête des colonnes autrichiennes, qui, s'aporcevant do notre mouvement en arrière, s'étaient mises lentement à nous suivre : un espace de plus de 2 kilomètres nous en séparait. Ces troupes s'élevaient à un effectif notoirement inférieur au nôtre : elles comprenaient seulement 1 bataillon de Klerfa^t, ce régiment que Biron avait cru disposé à passer dans nos rangs et que Dillon avait signalé à Rochambeau conmie devant quitter Tournai le 27, 2 divisions du régiment de d'Alton, 1 division d'un régiment de ligne et 2 divisions de La Tour clievau-légers, au total 2.500 hommes environ, munis de 2 ou 3 pièces de canon. L'intention du baron de Vogelsang, colonel de Klerfayt, commandant de la colonne autrichienne, était, paraît-il ^ de nous tourner par notre droite, et cet officier avait invité déjà les colonels de cavalerie Pfortzheim et de Roë à entamer un mouvement de ce genre.

Mais, avant que rennemi eût pu })rendre ses dispositions d'attaque, un événement inattendu, inexplicable, se produisait à sa vue, jetait dans ses rangs peut-être autant de stupeur que dans les nôtres.

Vers huit heures, et alors que le mouvement de retraite de l'armée française s'opérait avec le plus grand calme, sans motif apparent, sans raison, une de ces paniques extraordinaires (jui s'emi)arent des troupes sans (|u'ou en sache jamais la véritable origine, faisait faire brus(iuenient demi-tour à l'un do nos escadrons de {iremière ligne. Une clameur désespérée, effrayante, un cri inexjili(iué d'angoisse sort brusquement de toutes ces jjoitiiucs : « Nous sommes

1. Uapporl (lu {îoik-M'.tI d'Apinmcoui'l au m'-iiéral Itarnn île Bniidcr. Tournai. -!< ;ivril. Archives hisloriciuns du Miuistèro de la (iui'rre. Armée du N.ird. 17!!.', '..".I avril.

1, AFFAIRE DE BAISIEUX 147

trahis ! sauve qui peut ' ! » Le premier escadrou on eut raine un second, celui-ci un troisième, un quatrième. En un instant, cette masse de chevaux en désonh'e se précipite à une aUure vertigineuse sur la chaussée, seule issue praticable par laquelle se retirent nos fantassins. Elle s'y engage au galop de charge, bi>nsculant et écrasant sur son passage hommes, chevaux, conducteurs d'artillerie. Devant cette avalanche de fuyards qui roule comme un torrent, l'infanterie i)rend peur à son tour. A son tour, elle se met à courir au niiUeu des chevaux, jetant ses sacs, jetant son équipement, jetant ses fusils!

Dillou s'était arrêté, de sa personne, au village de Baisieux pour voir défiler ses troupes, et il venait de charger le colonel Dupont-Cliaumont d'étabhr en ce point Tartillerie et les grenadiers pour soutenir la retraite "^ (juand les premiers fuyards l'atteignirent.

En vain le général essaie-t-il d'arrêter cette cohue : on n'entend ni ses ordres ni ses prières. Son aide de camp, le capitaine Dupont-Chaumont, les officiers de son état-major : Berthois, Valabris, Dupont-Chaumont (Antoine), joignent en vain leurs efforts à ceux de leur chef. Toutes les tentatives sont vaines, les remontrances demeurent sans résultat : les fuyards courent toujours.

En cet instant, et comme Dillon a saisi par la bride le cheval d'un chasseur qu'il cherche à maîtriser, le cavalier, hors de lui, sort un pistolet de sa fonte, et fait feu à bout portant sur son général qui tombe à la renverse : le capitaine Dupont se précipite pour soutenir le blessé, et reçoit lui-même une balle à la cuisse. Au milieu de l'indescriptible tumulte on se

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