Rappuil (la capitaine Dupuiit-Chaumont
2. Déclaration du colonel ailjudant génc'ral Antoine Dupont-Chaumont, frère du précédent, faite au lieutenant général d'Auniont, le 15 mai. Archives hisloriques du Ministère de la Guerre. Armée du >'ord, 1792, 15 mai.
passe cette scène, elle deuieuro inaperçue. Le général et son aide de camp sont foulés aux pieds et séparés l'un de l'autre. Du j)ont parvient cependant àremonter achevai, et quand le torrent des fuyards s'est écoulé, l'on peut enlever Dillon et le conduire à l'abbaye de Cysoini*- où les premiers soins lui sont tardivement donnés.
Une heure après que ces scènes de tumulte et de honte s'étaient passées à Baisieux. les premiers cavaliers rentraient dans Lille à une allure encore désordonnée et y jetaient, par leurs clameurs, la consternation et l'effroi. « Nous sommes trahis! criaient ces énergumènes : l'on nous a menés à la boucherie^ ! » Et comme eux-mêmes commençaient à se rendre compte de la lâcheté de leur conduite, du peu de fondement de leurs plaintes, ils s'efforçaient de soulever la population, do provoquer des crimes qui fissent oublier les leurs.
Il pouvait être dix heures du matin et les meml)ros de la municipalité étaient occupés à surveiller le vote pour le remplacement du procureur de la commune-, quand les magistrats eurent connaissance du tumulte qui venait d'éclater en ville, du motif qui le faisait naître.
D'après ce qu'annonçaient les fuyards, l'ennemi était aux portes, et la ville pouvait être envahie d'un moment à l'autre. On courut chez le duc d'Aumont pour le mettre au courant de la situation et lui demander s'il répondait de la sécurité des remparts. Précisément le gouverneur venait d'être averti do la fatale nouvelle par le colonel Dupont-Chaumont, ([ui, séi)aré do son général un j)eu avant l'attentat et
1. Extrait (lu registre des délibérations du corp- nuinicii>al di' la commune de Lille. 29 avril 179.'.