LES OPERATIONS DE HIRON SUR MONS
mais ils étaient loin de posséder leur importance actuelle; on y voyait quelques bois qui ont disparu, et des fermes ou censés remplacées aujourd'hui par des exploitations minières. Les rivières que l'on rencontre dans cette zone coulent généralement du sud au nord. Ce sont, en premier lieu, l'Aunelle, qui trace la frontière entre Marchepont et Crespin, on passant par Quiévrechain et près de Quiévrain, laissant Quiévrecliain en France et Quiévrain en Belgique; tout près de TAunelle, et dun cours sensiblement parallèle, l'Hongneau, qui reçoit rAunelle à Crespin et traverse Quiévrain ; le ruisseau de Barrerettes, qui coupe en deux le village de Baiseux^; le ru d'Elouges, sur lequel sont bâtis les villages d'Elouges et de Thnlin; le ruisseau de Boussu, ceux de Wasraes, de Quaregnon, de Pâturages, enfin la Haisne, qui, après avoir traversé Mons, revient vers l'Ouest à Jemappes. Ce pays, malgré les accidents de terrain dont nous avons parlé, est partout d'un accès facile aux troupes, praticable à toutes les armes, en particulier à l'artillerie, dont le lourd matériel ne pouvait alors circuler que sur des chaussées bien entretenues.
La science des marches qui donne lieu, de nos jours, à des controverses si fréquentes, avait été étudiée chez nous, dès le xvii" siècle, avec une compétence qui n'a pas été dépassée. Le fractionnement en nombreuses colonnes, même la marche des troupes à travers chanq)s, étaient des procédés logisticpies conseillés par Rohan, vulgarisés dans notre année par Puységur et constamment employés par nos officiers d'état-major. Bertliior ne manqua pas de les appli(iuer ici. L'armée de IJiron fut donc répartie en trois colonnes espacées suffisannnont p(nir que chaque élé-
1. Baiseiix, près Moiis, qu'il ne faut pas cunfuiulre avec le Baisieux, voisin de Tournai.
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ment lïiL libre de ses mouveiiieiits, et assez rapprocliées, pour que chacune pût prêter à ses voisines, à chaque moment, un appui efficace. Quiévrechain, sur la frontière même, était fixé conmio point terminus de rétape et lieu de concentration; on devait y camper le 28 au soir.
Le 28 au matin, le départ des différentes localités où les troupes avaient été réunies dès la veille se fit avec une certaine précipitation et quelque désordre, par suite d'un retard dans le chari,^emcnt des vivres et des fourrages ^ Toutefois la marche, une fois entamée, se fit sans accident, et, le soir, les trois colonnes conduites, celle do gauche par le capitaine du Pontavice-, celle du centre par le colonel de Beauharnais, celle de droite par le colonel de Foissac- Latour, arrivoi-ent sans encombre ii Quiévrechain, où elles s'établirent, la droite à ce village, la gauche à Crespin.
Quiévrain, en Belgique, était occupé par Tennemi et fut enlevé à pou près sans résistance par 4U0 hommes du 74* et 50 chasseurs. « Le général, dit Foissac- Latour, ordonna qu'on campât dans cotte position. Une circonstance singulière frappa les officiers de Tétat-major. La troupe s'était établie, le soldat mangeait la soupe ; la nuit était là et nul officier général ne s'était mis en peine de reconnaître le terrain en avant du camp ou d'y établir dos postes et des avantgardes. Le général Biron ne songeait même pas au mot d'ordre ni à aucune disposition pour la marche du lendemain. 11 se contentait de se promener dans le camp, à cheval, et d'inviter les soldats à honorer le nom français par leur courage; on eût dit que tout