I. Hchiijon lie Beaiiharnais
■t. Relation île Foissac.
17s ],A l'RKMIHRE INVASION DK LA HKLMQIÎK
maintenus ;i Jeiii- j)iisLe par une .'ntorsc on antre liU^ssnre de ce genre, il ne demenra pins personne an camp. Nons parlons ici de l'infanteiie, car, par nn henrenx contraste avec la condnite tonne la veille par les dragons, le 5" régiment de linssards et le 3" régiment de cavalerie — campés Tnn et l'antre à la droite — étaient demenrés tranqnilles à lenr liivonac. Mais, en fait de troupes k pied, infanterie, arlillerie, génie, il ne demeurait plus k Biron que le seul bataillon du 49^ envoyé k Quiévrain quelques instants avant la dernière panique. Ce bataillon, grâce aux deux rivières et à l'intervalle qui le séparaient du camp, avait été soustrait k la contagion et continuait de tirailler avec les Autrichiens, sans se douter que ceux dont il était chargé d'assurer la sécurité avaient pourvu eux-mêmes k leur salut par la plus rapide des fuites. Quant k l'ennemi, il n'eut connaissance que beaucoup plus tard do la retraite désordonnée des troupes du canq), et ce fut heureux, car une poursuite active et exécutée k temps eût abouti k des massacres sans nombre.
Le général Biron était, comme on pense, accablé par ces événements. La triste issue do sa tentative, de ces projets dont il sentait la i-esponsabilité peser — et de quel poids — sur lui seul, était un coup terrible pour son début dans la carrière de général en chef. Ce dernier et suprême déboire à ses rêves d'and)ition était bien fait pour le corriger de son immense vanité. Mais, en dehcjrs de ces préoccupations déjk bien amères, d'autres dangers immédiats se dressaient devant lui. Déjk la veille, les dragons des b' et 6" régiments l'avaient accusé k haute voix de trahison et avaient voulu l'entrainer k Valenciennos avec l'intention hautement proclamée de «( faire justice de lui ». Encore que la conduite de Biron ne relevât ]»as d'un
LES OPKRATrON'S DE lURON SUR MONS 179
toi trihiinal cl ([ii'il lïit ti-op hcavc pour se préoccuper outre mesure de tell(>s nieuaces, il navait pu u'êlre pas frappé des symptômes qu'elles révélaient. Ai)rès les excès et les crimes commis dans nombre de régiments depuis le début de la Révolution', il n'y avait poiul pusillanimité à penser qu'elles présageaient un péril réel. Et, si ce péril existait déjà la veille, il avait grandi dans des proportions singulières depuis la divulgation, il (^uiévrecliain, du massacre de Bertliois et de Dillon. La folie du meurtre, du sang est une des plus contagieuses : elle pouvait subitement gagner les troupes de V'alenciennes comme elle avait gagné celles de Lille. Dans l'état d'esprit où se tronvaient les fuyards, il était logique de s'y attendre. Biron, audacieux, téméraire, avec cela désabusé, écœuré comme il Tétait, ne tenait pins que médiocrement à la vie. Mais la pensée de périr misérablement comme un traître sous la balle ou la baïonnette d'un forcené, de se voir hissé, pantelant, mutilé peut-être, à quelque lanterne de Valenciennes, était une perspective à faire reculer le plus vaillant. 11 renonça donc à courir après les fuyards et prit le seul parti qui fût en réalité digne de lui : se mettre à la tète des deux régiments de cavalerie et du bataillon (pii lui demeuraient fidèles, battre lentement en retraite, rentrer à Valenciennes comme un général malheureux, mais qui tout au moins a essayé de sauver l'honneur.
Pendant que les divers événements de cette journée du 80 s'étaient passés au delà de la frontière, à Valenciennes le maréchal de Rochambeau avait été
I. Niitammpiit la n'-volle du rrfîiment de Chùtcanviciix ri ilr iiniiilircux exci's rlii inéiiie kl'iu'C. Uelalivcincnl à riilTaircMlcChàteam ii'iix,iiii :i ra[>|ii'i('' plus haut (iiif les 4() scddats ccmdaiiiiii's aux fiali-rcs imm- i'(''V(i||i> cl nieiirlro avaient «'■tt' amiiistios |)ar la loi ilii 1,' IV'Vi-ior 1791', cl iiuc leur retour à Paris avait ('tf' IVd>ji't de n-jniiissaïu-cs i)o|mlair('s pt diino ovalinn iialioiiale. On coniiuniid ICrfct niit; lu.' iiouvaicnl niainiui'r d'avoir siii lu disci|din(.! ilrs (.'xcmples de ce genre.
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tenu au courant des diverses péripëlies de la lutte, c'està-dire de la retraite entamée dès le matin. Mais éloip:né du terrain où se passait l'action, renseigné par des messages trop laconiques ou inexacts, il avait passé parles émotions les plus rudes, d'autant qu'elles s'ajoutaient à la poignante surprise causée par la mort de Dillon,
Nous avons vu que, le 29, k quatre heures de l'après-midi, le général Biron avait envoyé au maréchal le colonel Bertliier avec mission de le prévenir de la nécessité où il était de rétrograder sur Valenciennes'. Dans la soirée, Lauzun avait confirmé cette nouvelle par un second aide de camp'. Rochambeau savait donc, dès le 29, que les événements lui donnaient lamentablement raison, qu'ils réalisaient, et au delà, les craintes jadis exprimées par lui au Conseil du roi et à Du mouriez. Mais Rochambeau était trop honnête homme et trop j)atriote pour ne pas déplorer ce triste triomphe.
Il venait de rédiger sa lettre de démission du "29 ' et avait chargé Berthier de la porter au roi, quand, vers deux ou trois heures du matin, il fut averti qu'une troupe en désonhe se i)résentait aux avancées de la place. On parlemente, on s'informe : c'est le ()" dragons et quelques cavaliers du 5"^ qui rentrent un peu moins affolés que nous les avons vus à Saint- Ghislain, mais criant toujours, suant encore la peur et présentant l'aspect du désordre le i)lus inextricable.
Pendant qu'on met à l'abri ces énergumènes qui