‹ La première invasion de la Belgique, 1792Chapitre 82 sur 135 · I.A rRKMIKKE INVASION DK I.A HKLOIQUR · texte numérisé non relu

I.A rRKMIKKE INVASION DK I.A HKLOIQUR

(kMiu'urei- sur ses ixtsilioiis ; <*... Votre k-Ure, l'eçiie aujourdhui, mo iiiando que je puis retourner à Dun ; mais je n'v vois pas clairement si c'est de ma personne ou avec le corps rassemblé à Givel. Les marches rétroi,a"ades sont en iiénéral fâcheuses, il en est de la guerre connue des échecs, oîi un faux nioiiveiuent dérange toute la partie. Ceux que nous venons de faire sont de ce genre. Il faut (lue notre conduite future soit calculée d'après un système général des trois armées, et dans ce sytème, vous devez faire une grande attention aux moyens de subsistance qui paraissent avoir été fort négligés. Je crois que, puisque heureusement les enneuis ne sont pas encore prêts, l'on peut se former un bon i)lan de campagne qui soit calculé sur les principes de la guerre méthodique. On m'avait mandé de les abandonner, mais l'expérience ayant manqué, nous ferons bien d'en revenir à des mouvements plus combinés. Je vous répète encore ([ue je ne vois rien chins les dispositions des Belges qui annonce une puissante cooi>ération de leur part; il n'y a point parmi eux ces empressements à avertir des mouvements des ennemis, cet esprit de soulèvement contre les garnisons (jue nous avions le droit d'attendre. Je sais bien qu'ils se déclareraient si nous éfionsles plus forts, mais ce préalable me parait nécessaire à nos succès politi(pies. Je suis ici dans une bonne j)osition et je laisse mon avant-garde sur le territoire autrichien'... »

Cette lettre écrite, Lafayette se contenta d'apporter à l'emplacement de ses troupes quelques modifications sans importance, les établissant sur la rive gauche de la Meuse, entre Floreiuies et Dinant, h « Omezéc, Marville, Authée, Gérin, et dans lui petit camp à

I. Arcliivcs hisloriqncs ilc l;i (iiierrc. Aiini'C ilii C.ciili».'. I7!l,'. I.nfayi'tte à lie Oravi-, dt; (livelji mai.

A 1. ARMKE DL" CENTKt:. — A 1. ARMEE DU NORD 193

Onhaye ' ». L'exécution de ces mouvements l'occupa un certain temps, et ils étaient terminés à peine, quand il lut convoqué à Valenciennes pour prendre part à un conseil de guerre, dont nous parlerons plus loin et dans lequel un nouveau plan de campagne devait être élaboré en commun, par les trois généraux en chef.

Au retour de celte mission, Lafayette reprit sa position expectative et n'eut k livrer que quelques engagements d'avant-garde, notamment à Rumegies, le 20 mai, et le 24 mai à Hamptinnes près Florennes, combat dans lequel, malgré l'échec subi par Gouvion, le commandant en chef de l'armée du Centre put constater « avec joie que pendant cinq heures, pas un horcme n'avait quitté son rang et que les troupes avaient conservé le silence comme le courage de vieux soldats - ».

Pour en terminer avec les opérations de Lafayette, nous dirons sur-le-champ ici, que. le 7 juin, l'armée du Centre — tout au moins les troupes campées à Rancennes — et lavant-garde établie près de Philippe ville vinrent occuper le cimp de Maubeuge abandonné le même jour par M. de La Noiie qui rejoignait l'armée active du Nord 'K Le surlendemain 9, eut heu une re-

1. Journal den Feldzuffe» ton ITS^. par Tarchidiic Charles, p. 26. Voir fiiissi lt.'S Mittlirilu»i/en des Kund Kriegs-Archiris; fteslerreich im Kriei/e f/ei/fii die franzôxiclif herolution. MVl. du capitaine Hausenhia-:». dans la Herue militaire iédig<'e à l'Eta'-niajor de lai-niée. septembre 19<X). p. •»7:-{.

i. Archives historiques Je la Guerre. .Vrmée du Centre, I7ir2. I^afayette à Servan. 20 mai.

3. • M. le man-chal de Luckner. vkiis ayant écrit. Monsieur, sur le.* mouvements convenus entre nous (à Valenciennes, le l'.i maii. jeme borne à vous rendre compte (|ni' le corps d'armée campé à Rancennes s'est réuni, le 4. à lavant-gaide prés de Philippeville et y a été Joint, dans la nuit, par la réserve de grenadiers et de dragons, aux ordres de M. de Maulxiurg, qui, la veille, s'était porté en avant dans la direction de Namur... Le .'i, ! armée a pris position près de Beaumont ; le ti. lavant-garde s'est (wrtée en avant de ^.aubenge. sur la route de Mons, et larmée a campé a Cer^ fontaine pour laisser à M. de La Noue le temps d'évacuer le camp retranché que nous occu|Hins aujourd'hui... » (.Vrchives historiques de la fJnerre. .\rmée du Ci-ntre, IT'.r.'. l.,arfayelte à Servan, du camp retranché de Maubeuge, 7 juin.

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coiuiaissaïKc sur la roule de Mous ; eiitin, le 11, à Glisuelles, se livra un combat plus sérieux où fut tué le maréchal de camp Gouvioii'. Dix jours après, le 20 juin, nous échangions encore une fois quelques coups de fusil avec les Autiichiens à Teniëres, et nous recommencions le 27 à Bétignies fou Mérieux); toutes ces rencontres cependant, le plus souvent indécises, n'avaient d'autre valeur que celle d'aguerrir nos soldats, de les tenir en haleine, mais elles avaient cependant celle-là, qui n'était point sans importance avec les troupes la plupart novices qui constituaient alors nos armées '-.

Quant à avoii' une influence sur l'issue réelle des opérations, ramhition de Lafayette ne s'élevait point jusque-là; son rôle dans la nouvelle campagne qui allait s'ouvrir (conformément au nouveau plan élaboré le 19 mai à Valenciennes) se bornant à appuver le mouvement principal exécuté par l'armée du Nord.

Cette armée du Nord, nous l'avons laissée au lende-

I. " Ce matin, Iesenni'iiii> ont alln()iié iii"ii avant-^'anle. qu'ils espéraient sans duule prendre ou couper: mais, averti à temps. M. de (ionvion a renvKvé ses cquipafîes sur Manl)eiif,'e et a commencé, en se repliant, nn comliàt où son infanterie était continuellement couverte par des haies et on les colonnes ennemies ont beauconii sontïert du feu du canon et particulièrement de 4 pièces d artillerie à cheval sons le cajiitaine Barrois... J ai fait remarcher les troupes en avant, et les ennemis nous abandonnant le terrain, une partie de leurs morts et quelques hiessi's. se sont letlres siuleur anciiMi camp. Nmis avons dépasse dune lieue celui de I avanl-fiarde, (Mii a repris tous ses iiostes. Je n aurais donc, Monsieur, qu'à nn- fi-liciler du peu de succès de cette alla<iue. si, par la plus cruelle falaliti'. elle n'avait jias enlevé à la Patrie rui de ses meilleurs citoyens, à I armée un de ses plus utiles officiers, et à moi nn ami decpiinze ans : M. de (iouvion. Un coup de canon a terminé une vie aussi vertueuse qn utile...» (Archives historiques de la (iuerre. Armée du Centre, ITlCi. Lafayette à Servan, du eanii) retranché île Manlieu{;e, II juin.) .

On lit sur le ménn' sujet dans une lettre particulière écrite parunonicier de lavant-L'arde. à la même date : •• ... Le lientenant-cohmel Cazotte, des volonlaiies du département de la Cole-d'Or. a été tué. M. de (iouvmn, inquii'i d un caisson (jui ne revenait pas. s'est porté avec un hussard vers urn' maison que l'ennemi ne découvrait jioiut, et là, par l'accident le plus fatal, il a été atteint d'un boulet à ricochet (]ui l'a tué raide. •• ilhidrui.)

■J. " .lai fait un mouvement dans mon armée pour occuper I ennemi, afin de lenipécher de se porter sur larmée du maréchal Luckner : nos patrouilles se rencontrent et se fusillent de temps en temps...» (Archives historiques de la (iuerre. Armée du Centre, 1792. Lafayette à Servan. du camp cle Ténières, 'Jo juin.)

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