‹ La première rédaction des Confessions (livres I-IV);Chapitre 49 sur 125 · e la · texte numérisé non relu

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LES CONFESSIONS

décisions qu'on lui donne, le Protestant doit apprendre à se décider. On savoit cela, mais on n'attendoit ni de mon état ni de mon âge de grandes difficultés pour des gens exercés. D'ailleurs je n'avois point encore fait ma première Communion, ni reçu les instructions qui s'y rapportent ; on le savoit encore. Mais on ne savoit pas qu'en revanche j'avois été bien instruit chez M. Lambercier, et que de plus j'avois par-devers moi un petit magasin, fort incommode à ces Messieurs, dans l'Histoire de l'Eglise et de l'Empire, que j'avois apprise presque par cœur chez mon père, et depuis à peu près oubliée, mais que je me rappelai très-bien dans l'occasion.

Un vieux Prêtre, petit, mais assez vénérable, nous fit en commun la première conférence : cette conférence étoit pour mes camarades plustôt un catéchisme qu'une controverse, et il avoit plus à faire à les [91] instruire qu'à résoudre leurs objections. Il n'en fut pas de même avec moi. Quand mon tour vint, je l'arrêtai sur tout ce qui me parut sujet à dispute, et je ne lui sauvai pas une des difficultés que je pus lui faire. Cela rendit la conférence fort longue, et fort ennuyeuse pour les assistans. Mon vieux Prêtre parloit beaucoup, s'échauffoit, battoit la campagne, et très-heureusement se tiroit d'affaire en disant qu'il n'entendoit pas bien le François. Le lendemain, de peur que mes indiscrettes objections ne scandalisassent mes camarades, on me mit en conférence particulière dans une autre chambre avec un autre Prêtre, plus jeune, beau parleur, c'est-à-dire faiseur de grandes phrases, et content de lui-même si jamais Docteur le fut. Je ne me laissai pourtant pas subjuguer à sa mine imposante, et sentant qu'après tout je faisois

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