‹ La première rideChapitre 3 sur 22 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

Les MÊMES, M""^ SAVIGNY.*

M°" SAVIGÎNY.

Vous ici , messieurs ! ces domestiques sont d'une étoiu-derie ! je n'ai pas été prévenue de votre visite.

BIDAULT , à part.

Bon prétexte pour ne pas se montrer en négligé.

LÉON

C'est moi qu'il faut gronder , madame ; j'ai défendu que l'on vous dérangeât.

BIDAULT

Je ne vous demande pas des nouvelles de votre santé ; votre visage frais et riant répond d'avance à mes questions.

M"' SAVIGNY

Eh bien ! mon visage vous trompe , mon cher monsiem' Bidault. J'ai passé une très mauvaise nuit ; et vous me voyez rêveuse et préoccupée.

BIDAULT

En vérité !

M"* SAVIGNY

Oui... ce n'est pas sans motif, je vous en fais juge: veuve et maîti'essede mes actions, ma vie jusqu'ici n'a été troublée par aucun soin , aucune inquiétude. Ma position change aujourd'hui : je vais avoir une surveillance à exercer , des devoirs à remplir ; en luimot, je me charge d'une responsabilité bien capable d'effrayer mon indépendance.

BIDAULT

Comment cela, madame?

M""* SAVIGNY

L'éducation de ma nièce est terminée ; je ne puis plus longtemps laisser cet enfant en pension.

■ Lcoii, M'»'Sa>ipnj' , B'iilai;!!.

BIDAtLT.

Ce serait ui» meiirtie... et... vous avez résola de l'appeler auprès de vous?

M°" SAVIGNY

Oui.

Bientôt?

M""* SAVIGNY

Je l'attends.

BIDAULT, avec transporl.

Vous l'attendez , madame ? sous peu de jours?

M"' SAVIGNY

Aujoui'd'hui même.

Aujoiud'hui!..

A midi.

En vérité !

BIDAULT

M°" SAVIGNY

BIDAULT

M"" SAVIGNY

Qu'avez-vous donc?

BIDAULT , regardant sa montre.

Rien... Mais s'il en est ainsi, elle est en route... elle est près d'icL.. elle va arriver.

M""' SAVIGNY

Sans doute. Eh bien ?

BIDAULT

Rien... (a lui-même.) Elle va arriver!

M"*' SAVIGNY

Mais , mon Dieu ! qu'y a-t-il donc là de si surprenant ?

Rien... vous comprenez? je l'ai vue si petite! la joie... le plaisir... (A lui-m^me.) Elle va arriver !.. (Haut.) Je ne peux pas tenir en place.

M°" SAVIGNY

Comment? vous nous quittez?

BIDAULT

Moi ? du tout... non... je vais au-devant d'elle.

M"' SAVIGNY

Attendez...

BIDAULT

Certainement... (Regardant sa montre.) Midi moins un quart... je

sors.

M°" SAVIGNY

Vous n'y pensez pas : en plein soleil? iwr la chaleur qu'il fait?

BIDAULT

Je suis bien couvert... pardon... au revoir.

ENSEMBLE

Ain : Allons, Marie, à ta tollotlc.

BIDAULT

rardon; mais je ne puis vous dire Pourquoi je sors si brusquement :

Oui : c'est une fièvre , un délire...

Ah ! pour moi quel iieureux moment !

Malgré tout ce qu'on peut vous dire Nous quitter aussi brusquement !

C'est donc une fièvre, un délire?

Attendez encore un moment.

LÉON

Malgré tout ce qu'on peut lui dire , Ils va nous quitter brusquement.

C'est une fièvre , un vrai délire :

Il craindrait de perdre un moment,

BIDAULT, à part.

Sans tarder, de ma main Je vais lui présenter l'hommage :

Il n'est plus permis à mon âge , De rien remettre au lendemain.

REPRISE DE l'ensemble.

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