‹ La première visite; comédie en un acteChapitre 4 sur 8 · GHA M BROUILLE · texte numérisé non relu

GHA M BROUILLE

Me via donc avec Julot et Nenesse.

Me LAURENCE MOUILLETTE, qui n'y est pas.

Nenesse ?

GHAMBROUILLE

Ben oui Nenesse... Connaissez pas Nenesse? .M" LAUREXGE M( U'ir.LETTE, ingénu.

. Moi, non.

GHAMBROUILLE, précisant .

Nenesse, le gros Nenesse... le costaud de la Contrescarpe.

Me LAURENCE MOUILLETTE, protestant, effaré dr l'idée d'une telle relation.

Mais pas du tout, je vous assure...

GHAMBROUILLE, qui s'amuse prodigieusement, mais qui n'en laisse rien voir, hochant la léte.

Dommage. Donc on se balladait tous les trois sous la lune en r'iuquant les étoiles, qu'étaient quasi des petites mirettes

dans la calotte du ciel, quand, tout à coup, Julot nous montre un méchant petit pavillon pas habité. Entrons-y qu'il m' fait — Ça colle que j'y réponds.

Me LAURENCE MOUILLETTE, candide.

Vous ne pouviez pas entrer puisqu'il n"y avait personne.

GFL\MBROUILLE, un instant interloque.

On pouvait pas ent... (pénélrant l'ingénuité exquise du jeune homme et s esclafj ant .) Oh! la, la... ah! cré non... bon dieu de bon dieu... Sacié farceur va. {Se reprenant). Vous demande pardon, c'est rapport à la rigolade... {S'essuyant les. yeux humides de larmes.) Ah! matin, on peut dire que vous avez le mot pour rire.

Me L.VURENGE MOUILLETTE, que cette explosion incompréhensible de gaieté vexe horriblement, très pincé.

Je ne comprends pas... A moins que vous soyez entré par effraction.

GHAM BROUILLE

Effraction, là tout de suite des grands mots, pour une malheureuse petite pesée de rien du tout sur la fenêtre de la cuisine. Bref, nous entrons. On regarde, c'était gentil, propre et coquet. Au mur, des portraits de famille, des bonnes têtes souriant comme pour nous souhaiter la bienvenue. J'dis à Julot : on est chez des braves gens. Sur qu'il me fait, même que s'ils étaient là, ils laisseraient pas le pauvre monde avoir soif. D'accord que j'y réponds et puis qu'ils nous offriraient un verre de vin, si qu'on se trouvait avec eux, on peut se servir sans crainte.

Me LAURENGE MOUILLETTE, qui n'admet pas un tel sans-façon.

C'est égal.

GHAMBROUILLE

On descend donc à la cave et qu'est-ce qu'on trouve {admiratif) des jambons, des conserves, des confitures et un petit reginglard, cré nom d'un nom, j'en ai encore le goût au bout de la langue.

Me L\URENCE MOUILLETTE, sconrfa//sc.

Mais vous voliez.

CHAMBROUILLE

Tes bêle... pardon, vous êtes bêle... c'esl-à-dire vous êtes étourdi... Puisque censément on était invité, on aurait tout de même pas été ass^z mal polis pour refuser.

M'^ LAURENCE M(»('ILLKTTE, toujours choqué. Ce n'était toul de même pas délicat.

CHAMBROUILLE

Allez, allez, tout se serait bien passé, si c' t'idiot de Julot n'avait pas voulu ficlie une peignée à Nénesse.

M'- LAURENCE MOUILLETTE Pourquoi.

CtLVMBI\UUILLE

Ali! des histoires à la graine d'andouilles. Ils étaient bu tous les deux... (Admiratif) et comment... « Rends moi la montre» hurlait Julot... « J'ia garde, espèce de fumier, » répondait Nénesse, « t'as les couverts, moi, je garde la montre. »

M« I>\URENGE MOLi|[>LETTE Quelle montre.

CnAMBROUilJ.E, qui ne se laisse pas enibariasser pour si peu.

Est-ce cjue j" sais moi. Vne montre en l'air, probablement. (Un cUqiiemenl cVœil souligne cet horrible jeu de mot qui d ailleurs passe absolument inaperçu ) Tout d'un coup ils se tombent dessus. Paf, v'ià la table par terre, pif l'argenterie dégringole. J'avais bien essayé de les faire taire. Ah ! ouiche, ils en faisaient un pétard. Tout d'un coup, v'ià la camoutle...

M'' LAURENCE MOUILLETTE La camoutle.

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