A RENDRE UN DÉCRET
I Id(''i)l()f,'iio, tli«»ftlrDle et pro!* )in|ilupuiie, l'A«dftml)I«e noiionnia (devfiiuu InC'iiiKtitiiniitcj ko timivH tuiit ù coiip en f^ice d'un fuit Iirnti'jue, Ip plni ^rruve «t le plus olxcur en con^équcncm : l'uJiiiiitsiDnct la ruRiundi'HjuifHilanKJa Roi-iélt^. — II. Snncnibarrui, ellodovient Bouoieune et rertecliit'. (llioso rpmarrjuable.c'eil la «fule qufition qui oit pro x-cupi', el mémo fuli^uf' la Constitnnnlc, durui.t tdUlc lu dunu de n>u exii-lcnre, de l'SO à 1"V)1. — 111. l'urlisQtis de» juifis un Rein de l'Asïenihlce ; ad\er»oire»; les pm-tisan^ » p|iartiL>inicnl luus nux lo^'es moronniques ; prouve. — IV. Quelques jutrlrnils de ileputo* relulivonieni A la question ji;ive. Miiubeau : coiiiment s'explique l'atlochement qu'il témoijrnn nuxjuil'. — V. Le prêtre CDUslitulionuoI Oré^'iire, leur plus zule ReiAi'eur;sa sufn^once et ses vues courtes et dangereuses dans l.i queRlion juive ; soi efTurts pour fjïre décréter rémnucipalion le juurnnuiver>aire do la Saint- Barthélémy. — VI. L'obbé Maury : il conihol rémoiicipalion, en athlète du passé. — VII, Rewbe!!, leur odversaire le pitii ocharné ; l'Alsace l'uppuie de ses ploinles et de ses colères contre les U8uri«?rs. Dernière protection de [.oui* \VI. — VIII. Hésitations croissantes de l'Acsemblée devant le décret ù rendre; elle reprend et ojourne jusqu'à quatorze fois la question. — IX. Motifs de ces héKitalions ; nullement reli' gieux. Ce qui a dà ae passer dans le for intérieur de beaucoup de députés. Leur tilence ufllciel devant ce contraste doulourtui: la sortie voté* du Chriit, l'entrée immioeatê def Juifs.
i3i - PHYSIONOMIE DE L'ASSEMBLEE
Oucllc était donc la valeur tic cette Assemblée auprès (lo laquelle les Israélites avaient à dévorer, dès le début, de pareils affronts ?
Remarquons, en passant, que l'Assemblée a modifié son nom. Elle s'appelle désormais la Constituante, à cause de la constitution que la France attend, et dont la Déclaration des droits de l'homme a été la préface,
Des jugements bien divers ont été portés sur l'Assemblée constituante, dictés par les points do vue auxquels on se plaçait. Nous demandons la permission do présent»>r lo nôtre, fourni par l'émancipation du i)euplo juif dont la Constituante a eu à s'occuper. C'est un complément qui i)ourra ne pas manquer d'intérêt, et, peut-étn», jeter un nuiiveau jour sur la célèbre Assemblée.
Nous disons de l'Assemblée constituante : qu'elle fut généreuse, trtjs généreuse, pour les Israélites, mais à son corps défondant; qu'elle so montra inquiète et sérieuse, très inquiète et très sérieuse, dans l'examen de cette question ; et qu'elle fut souverainement imprévoyante et imprudente dans sa solution, mais d'une façon fatale, en vertu des principes qu'elle avait orgueilleusement proclamés et qu'elle a dû subir en cette circoustance.
Nous sommes persuadé qu'après lecture des chapitres
SES ANXIKTKS AVANT LK DKCnKT 135
qui suivont, beaucoup do lecteurs partageront notre manière do voir.
DétcTuiinons avant tout le milieu historique ou la physionomie de l'Assomblôe au moment où la question de l'émancipation juive est introduite devant elle. Nous avons déjà eu l'occasion do faire remarquer que, quand on veut juger sûrement une personne ou une sociétô d'autrefois, il faut refaire son milieu, c'est-à-dire \\msemblc des dispositions qu'elle présentait au moment de son existence. Il nous a été facile do refaire le milieu liistorique de rAssenibléo constituante, grâce au livre de M. Taino : Les Origines de la hVance contempo' raine; In Révolution.
Il y a des livres providentiels. Golui-là en est un, assurément. L'auteur révèle ce que fut l'Assemblée constituante, non plus seulement d'après des récits plus ou moins légendaires, mais d'après des documents originaux et irrécusables, numérotés et heureusement découverts par lui aux Archives nationales et départementales. Ce sont des détails qui éclairent la physionomie de l'Assemblée. Ses actes y sont présentés avec ordre, netteté, avec une lumière implacable; on dirait presque le Scrutafjor Jérusalem in lucernis du Prophète : (( Je porterai la lumière des lampes jusque dans les lieux les plus cachés de Jérusalem ^ » Ce livre a été une bonne action. Nous nous sommes âé à l'impartialité de l'auteur pour refaire, avec son burin, le milieu ou la physionomie vraie de la Constituante.
Qu'on se représente donc :
* Sophonie, i\, 12k
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a) Uno Assomblco ùh'nlor/ue, persuadée do la toutepuissance do la philosophie ;
Tout Cela (lo passt^) est nrric'ré; le siùclo do la raison est venu et l'Asscniblt^c est trop éclairi'opour so traîner dans la routine... Elle opère à la manière de Rousseau, d'après uno notion abstraite du droit, do l'Ktat et du contrat social... Surce principe, ils légifèrent, et l'on devine 00 que peuvent être leurs discussions. Point do faits probants, ni d'arf^uments précis; on n'imafrinorait Jamais que les pens qui pai-lent sont là pour régler dos affaires réelles... De discours en discours, les enfilades d'abstractions creuses se prolongent et se renouvellontù l'infini, comme dans une conféronco d'écoliers de rhétorique qui s'exercent. (Taine, la liévolution, t. I, p. 101.)
bj Une Assomblén novice dans la jiratique, nullemont au courant dos aflTairos;
En cherchant bien, on pouvait, en 1789, trouver dans la France cinq ou six cents Immnios d'expérience; d'abf)rd les intendants, puis les prinoi[)aux membres des assemblées provinciales, tous gens de sens et de poids, ayant manié lus hommes et les affaires... Mais la plupart de ces lumières restent sous lo boisseau; quelques-unes seulement ai'rivent à l'Assemblée; elles y brillent sans éclairer et bientôt elles sont soufflées par un vent d'orage. Le vieux Maohault n'est point ici, ni Malesherbes; pas un intendant... La grosse majorité se compose d'avocats inconnus et do gêna de h)i d'ordre subalterne, notaires, commissaires do terrier, baillis et lieutenants do bailliage, simples praticiens enfermés depuis leur jeunesse dans le cercle étroit d'une médiocre juridiction ou d'une routine paperassière, sans autre échappée quo des promenades philosophiques ù travers les espaces imaginaires sous la conduite de Rousseau et do Raynal... Autant vaudrait prendre onze cents notables dans uno province do terre ferme pour leur confier la réparation d'une vieille frégate; ils la démoliront en conscience, et celle qu'ils construiront à la place sombrera avant de sortir du port. (Ibid.^ p. 154, 153, 1D6.)
SKSANXIKTÉS AVANT LK DI^XRET 137
c) Une Assemblée thédlrah ;
Ils niriKMit l'ompliaso, la rluHoriquo à grand orchestre, les pièces d'dloqucnco dédamatoiro et scntimontalo : toi est lo 8t}io de prcsciuo tous leurs disctmrs... Presque toutes les scîancos conimcuci'nt par la lcctu^> publique d'adresses ndmiratives ou do dénonciations menaçantes... La séance n'est plus uno conftJrenccd'an'airos, mais un opéra patriotique où l'é^'lofjrue, lo mélodrame et parfois la mascarade, se m Ment parmi les claquements do mains ci les bravos. (Ibid., p. 151.)
d) Une Assemblée sur excitée;
A vrai dire, co sont des fcnmies norvcuses, et, d'un bout à l'autre de la Révolution, leur surexcitation ira croissant. Non seulement ils sont exaltés, mais encore ils ont besoin d'exaltation, et, comme un buveur qui, uno fois écliau/Hi, rocliorclio les liqueurs fortes, on dirait qu'ils prennent A tûclic d'expulser do leurs cervelles les derniers restes de snnp-fr(»id et do bon sens,.. Ainsi surexcités, ils ne savent pas lo matin ce qu'ils feront lo s<»ir et sont A la merci do toutes les surprises. Quand l'entliousiasme les saisit, un verlifjro court sur les bancs : touto prudcnco cstfléconcortée. toute prévision disparaît, touto objection est étoufTée. (Ihid., p. 150, 151.)
e) Une Assemblée présomptueuse^ infatuée do sa mission, ne doutant do rien :
L'assemblée avait une si haute opinion d'ello-m(5me, surtout lo cAté ^'aucho, qu'elle so serait volontiers chargée do faire lo Gode do toutes les nations... On n'avait jamais vu tant d'hommes s'imaginer qu'ils étaient tous législateurs et qu'ils étaient li\ pour réparer toutes les fautes du passé, remédier à toutes les erreurs de l'esprit humain et assurer lo b.udieur des siècles futurs... Impossible de poindre la confusion dos idées, le dérùgloment des imaginations, lo burlesque des motions populaires : on aurait cru voir lo monde au londemnin de la création. Vax effet, ils suppusont que la société humaine n'oxiste point et qu'ils sont chargés de la faire. Nulle hésitation : ils sont persuadés que la chose est facile 6t qu'avec deux ou trois axiomes de philosophie
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politique lo premier venu peut on venir à bout, flbid., p. 100 et p. 104105.)
Grâce à cet ensemble do citations, nous avons vraiment le milieu historique de la Constituante en
Ainsi : idéologue, novice dans les afTaires, théâtrale, impatiente, ne doutant de rien, telle est la physionomie de la fameuse Assemblée. Nous n'inventons aucun trait, nous ne faisons que reproduire. Du reste, à côté des défauts, les qualités : « L'Assemblée est composée d'hommes jeunes de cœur, sincères, entliousiastes, généreux mémo, et, do plus, appliqués, laborieux, parfois doués de rares talents » (p. 162). Cepondant, tout en convenant de ces qualités, l'implacable historien ajoute : « Mais ni le zèle, ni le travail, ni le talent no sont utiles quand ils ne sont pas employés i)ar une idée vraie; et, si on les met au service d'une idée fausse, ils funt d'autant plus de mal qu'ils sont plus grands » (p. 102).
Si l'on trouve le tableau tracé par M. Taine un peu sévère, rien n'emprcho qu'on le tempère par les teintes de M. de Tocqueville, nous ne les repoussons pas :
Je no crois pas qu'A aucune époque do l'iiistoiriî on ait vu, Bur aucun point de la terre, un pareil nombre d'hommes si sincèrement passionnés pour lo bien public, si réellement oublieux d'eux-mêmes, si absorbés dans la contemplation do l'intérêt commun. C'est co qui fit la grandeur incomparable de ces premiers jours do 1789.
Ce spectacle fut court... Ce no fut qu'un moment; mais jo doute qu'il s'en soit jamais rencontré un pareil dans la vie d'aucun peuple. (TocouBviLLB, t. VII, Fragments d'hittoire, p. 145, 147.)
SKS ANXIKTKS AVANT I,K DKCRKT 139
<( Go ne fut qu'un moment, ce spectacle fut court ! » M. (le Tocqueville est obligé do lo reconnaître; le naturel, avec le cortège de défauts signalés par M. Taine, ne tarda guère à tout gàtor. Pourquoi? Parce qu'audessous de ce fond réel, indéniable, de désintéressomcnt, do courage, do dévouement, avait été, hélas! . retirée la pierre fondamentale, le Christ !
Voilà donc la (lonstituanto avec ses défauts et ses généreuses aspirations.
(ju'on se représente maintenant la question de l'émancipation du vieux peuple hébreu surgissant tout à coup au milieu d'une pareille Assemblée. A coup sûr, si une question était capable do heurter la manière d'être de l'Assemblée, c'était bien celle-là. Sous tous ses aspects, elle était l'antipode des dispositions do la Constituante.
En ofTet, cette question j)résentait, sans contredit :
Le fait lo plus grave, le plus sérieux : uu peuple, insociable pendant 4000 ans, à recevoir dans la société; — et l'Assemblée était légère, théâtrale, presque comédienne;
Lo fait lo plus pratique : certes, les enfants d'Israël sont pratiques, eux ! — et l'Assemblée no l'était guère ;
Le fait le plus obscur en conséquences : que sortirat-il do cette entrée des juifs dans la société ? — et l'Assemblée ne s'inspirait que de la philosophie.
Rodisons-lo : si une question était en désaccord complet, non point avec les idées, mais avec les dispositions d'esprit des hommes de 1789, c'était bien celle-là.
140 ' PHYSIONOMIE DK L'ASSEMBLEE
Il faut rendre cette justice à rAssembléo constituante qu'elle se trouva cmbarrassôc, rocomiut son embarras, et devint soucieuse et réllêchic devant la solution qu'on venait lui demander.
Nous avons raconté dans lo cliapitre précôdont comment la réhabilitation des juifs avait été sollicitée usa barre, conjointement avec celle des protestants, des comédiens et du bourreau, et comment elle les avaittous réhabilités, même lo bourreau, en déclarant qu'elle croyait devoir ajourner les juifs. Cet ajournement fut l'expression de son embarras.
Cet embarras va continuer, et mcm î se prolongera pondant toute la durée derexist<>ncc de la Constituante. C'est une jwirticularité qui a passé inaperçue et qu'il im[)orte de faire remarquer.
Oui, chose très singulière, cette Assemblée que rinn n'étonnait, que rien n'arrêtait, ardente, irrélléchio, présomptueuse, s'est sentie subitement mal à l'aise, indécise, faible, devant une solution relative auxjuifs. Do toutes les autres questions, aucune ne l'a embarrassée; celle-là, seule. Ta arrêtée, et, même, fatiguée, tracassée. Nul décret no lui semblait difficile, nul article à rédiger no lui a coûté j sur les questions de droit public et do droit naturel, elle a, dit-on, promulgué 3250 articles et décrets; mais pour le décret conceruant les juifs, elle
SKS ANXIKTKS AVANT LE DKCRKT Hi
lie lo rédigera que par inorcoaux, on (liflorcntcs fois, et à (les intervalles considérables. Lorsqu'il s'est agi d'abolir les droits féodaux, la dîme, les privilèges des personnes et des provinces, la nuit du 4 août lui a suffi. Eu douze heures, tout l'ancien ordre de la monarchio fut renversé. « Ce qui aurait demandé une année do soins et de méditations fut proposé, délibéré et voté par acclamation gf-néralc *. » Mais pour le renversement des barrières qui ti(Minentlcs juifs à l'écart, une année, deux années, d'hésitations et de méditations, ne suffiront pas, toute la durée de l'Assemblée constituante ne sera pas de trop. Ce ne sera même qu'à la dernière heure de son existence que l'Assemblée se décidera à prendre un parti, et encore faudra-t-il l'y contraindre! Bref, c'est la seule question, qui l'ait embarrassée, qui l'ait arrêtée jusqu'au bout. La (Constituante dura un peu plus de deux ans : de juin 1789 au 30 septembre 1791 ; et la question de rémanci}»ation des juifs, introduite officiellement en décembre 1789, ne reçut sa solution que le 21 sei)tembre 1791 : juste trois jours avant la séparation do l'Assemblée.
Il sera intéressant de rechercher, quelques pages plus loin, le motif de cet embarras si prolongé.
Mais revenons à l'endroit où nous avons laissé le récit, qui était rajournement du 24 décembre 1789. Les protestants, les comédiens, le bourreau, ont donc été admis à la jouissance des droits civils. Quant aux juifs, l'Assemblée a pris cette disposition : (( qu'elle n'entendait rien préjuger relativement aux
* Taimb, la névolution, p. 150.
m niYSlONOMIK I)K L'ASSEMBLÉE
juifs, sur l'état desquels ello so réservait do prononcer*. »
Nous en étions resté là. Continuons à raconter avec exactitude.
Pour lo récit qui va suivre, deux méthodes s'offraient à nous : ou bi(Mi rapportiM*, les unes après les autres, les séances de la Constituante dans lesquelles il fut question des juifs; ou bien i)résenter quelques personnages, quelques portraits, en ayant soin, toutefois, de grouper autour d'eux ce qu'il y a eu d'important et d'intéressant dans les séances.
Nous avons donné la i)référencc au second procédé, comme étant plus saisissant, et plus apte à laisser des traces dans la mémoire du lecteur.
Voici d'abord comment l'Assemblée se partagea dans la question des juifs. — Il va sans dire que sur les 1118 députés dont se composait la Constituante, nous ne citons que les noms de ceux qui prirent une certaine part active aux débats, pour ou contre.
DKPUTÉ8 l'ARTISAN» DK8 JUIFS
Is'onis Séances où ils ont parlé,
Rolmud-Sûint-Klienne 23 août 1789.
De Castellaue 23 août 1789.
* Moniteur, ITg?, p. :03,
SES ANXIKTES AVANT Nom$
LE DKCRKT 143
Séances où ils ont parlé.
i 2H Hoptciiibro 1789.
Do Clcnnont-ToimoiTO .21 (Itcombio 1789.
f 23 d.'ccmbi-o 178'J.
( 28 «Pi^tctiibio 178y.
L'ûbbô Grégoire. #......♦. 28 janvier, 1790.
' 18 Janvier 1791.
Mo'.iiiicr 28 soptombro 1789.
,,.,,. i U octobrn 1789.
1 21 dcociiibro 1789.
Dcsiiiounicr» 23 iléoombro 1789.
Uolx'siiicrro 23 (l(:'coml)ro 1789.
> 23 drcciiil)ro 1789.
Duporl ] 21 juillet 1790.
' 27 f.oi)tcnibro 1791.
Hnniavo 24 déeembro 1789.
Miral:cau 2i décembre 1789.
,,,„,, 1 /• • i« i » \ (28 janvier 1790.
De Tallcyrand (evcquo d Autun). . . { ^ •' . ,.„.
(7 nini 1/91.
Vicoiiilo do Noaillos. 28 janvier 1790.
De Fuiiicl 28 janvier 1790.
Lccliapolicr 28 janvier 1790.
Do HoaubarnaiB 28 janvier 1790.
Do Sczo 28 janvier 1790.
Duc do la Rocliofoucauld-Liancourt. . { „, ', . ' „.
l 20 février 1/90.
l\(pdercr. l'j nvril 1790.
Visnie» 20 juillet 1700.
Dumct/ 21 juillet 1790.
, , ^ . , ,. . ., (21 juillet 1790.
IvOo'nault do Samt-Jcan-d Angcly. • . , o-» . i i-m . ° •' I 27 septembre 1/91.
Martincau ..'..•• 18 janvier 1791.
Vcrnier 20 mai 1791.
Ont prononcé aussi des poroles favorables : Siêyès, Xcckcr, Camille Desmoulins, Target, Cahier do Gcrville, Maréchal de Mouchy, de Saint- Priest, Lamctli, Bergassc, d'Antraigucs, Brevet do Beaujour.
Tous ces noms ficrurent au Moniteur comme favo-
U4 niYSIONOMIK DE L'ASSKMBLEE
rables à rémancipation juive. Or, il y a un singulier rapprochement à faire connaître :
Le véridique et savant livre du Père Dcscliainps sur les Sociétés secrète:^, contient la liste authentique des membres de l'Assemblée nationale qui, en 1780, faisaient partie des loges maçonniques. Eh bien, tous les noms que nous venons d'énumcrer et qui figurent au Moniteur comme ayant voté pour les juifs, se retrouvent sur la liste maçonnique révélé.; par le Père Deschamps *. (^ette coïncidence n'e^t-clle pas la preuve du mot d'ordre donné, dans les loges de Paris, en faveur do l'émancipation juive ? Du reste, à cette preuve, très probable, tirée de noms, nous ajoutons ci-après (au chapitre vu) la preuve irréfragable tirée des faits.