‹ La prépondérance juive, d'après des documents nouveauxChapitre 40 sur 71 · MOYENS EMPLOYÉS POUR VAINCRE · texte numérisé non relu

MOYENS EMPLOYÉS POUR VAINCRE

rente. Les libéraux, hélas 1 n'entraient pas clans ces distinctions mystiques. Gerfberr, lui, ne les soupçonnait même pas, étranger qu'il était à la doctrine chrétienne. Une seule chose le préoccupait : faire participer ses coreligionnaires à la liberté d'acquérir champs et maisons que lui-même possédait, en vertu dos lettres patentes de Louis XVI. La liberté était, à ses yeux, la belle et douce reine Esther ; nouveau Mardochée, il disait à ses rayons : Pas pour moi seul, mais pour tous nos frères I

Berr-Isaac-Berr, l'autre chef, était originaire de Nancy. Il débuta et se fit connaître en traduisant, de l'hébreu en français, les prières funèbres composées par le rabbin de Lorraine, son maître, sur la mort de Louis XV. Il conserva toujours de bons rapports avec la monarchie; sous la Restauration, il obtint de Louis XVIII et de Charles X une pension*. Berr-Isaac- Bcrr «était un esprit éminent, éclairé et religieux. Unissant l'austérité des mœurs, la sévérité des principes, la fermeté des convictions^ à la bonté de cœur, à la douce religion, il vivait à la tète de sa nombreuse famille comme un rabbin, comme un patriarche '. » Choisi par ses coreligionnaires de Lorraine pour aller plaider leur cause auprès de l'Assemblée nationale, il fut vraiment, avec GerflDerr, le pionnier de l'émancipation. Mgr delà Fare, évêque de Nancy et député de Lorraine, ayant rapporté

* Berr-Itaac-Berr eit également connu soui le nom de Berr dt Turiçtttf, k cauie d'une lerre de ce nom qu'il habitait aux entironi de Nancj. Une ordonnance royale loui la Reitauration lui permit d'ajouter le oom de Turiqut au lien.

* Cakholt, la Franct ùraélitt, p. &9.

LKS HÉSITATIONS I)K I, 'ASSEMBLÉE 171»

à la tribune cette parole effrayée d'un de ses diocésains : (( Oui, Monseigneur, si nous venions à vous perdre, nous verrions un Juif devenir notre évcque, tant ils sont habiles à s'emparer de tout ^ ; » Berr-Isaac-Bcrr écrivit au noble prélat « que les enfants do Jacob, longtemps malheureux, ne visaient pas à sa crosse, mais seulement à un toit libre, paisible et respecté, sur le sol de France I »

Berr-Isaac-Berr avait 46 ans, lorsqu'il se présenta pour la cause do ses frères, devant rAsserablcc nationale; Gerfberr en avait 63 *.

Sous la direction de ces deux chefs, les juifs de Paris entreprirent donc le siège de l'Assemblée, pour l'obliger à capituler.

Ils eurent recours à tous les moyens qu'une pareille entreprise et le génie de la race israélito pouvaient leur suggérer. Le mot « moyens » qui signifie : ce oui sert pour parvenir à une fin, perd trop facilement, auprès des chers hébreux, cette signification dans une autre, qui lui appartient aussi et qui veut dire : richessesy facultés pécuniaires. Les moyens d'Israël, comme facultés pécuniaires, sont considérables, qui ne le sait î et parce que

1 Moniteur^ 23 déoênabi* 1789.

t Ctrfbarr eil mort en 17i/3, à l'àg* (1« 00 ani. Bcrr-lMce-Btrr nourut an 1828, i^é de 84 une.

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