MOYENS EMPLOYÉS POUR VAINCRE
l'or est pcrvertisseur, los autres moyens employés pour lléchirla Constituante out perdu de leur équité dans leur alliance avec ce métal.
N'anticipons pas toutefois.
Le premier moyen fut la supplication. Ils supplièrent et môme avec ce ton obséquieux et craintif [)ropre à des êtres longtemps méprisés et malheureux. Dans la plupart de leurs requêtes adressées aux députés do l'Assemblée nationale, ces pauvres gens emploient avec empressement le langoge de l'époque, ils appellent les députés : Nosseigneurs. « Nosseigneurs, les espérances qu'on nous avait fait concevoir, et que vos décrets eux-mêmes nous avaient données, pourraient -elles aujourd'hui s'évanouir?... Nosseigneurs, nous nous confions à vous tous ^ »
Nous n'avons pas rencontré de documents qui établissent que ces supplications aient été bien persuasives. Sauf à la séance du 14 octobre 1789, où les représentants des communautés juives d'Alsace et de Lorraine furent introduits pour la premitTO fois à la barre de l'Assemblée, et où Berr-Isaac-Bcrr prononça, les larmes aux yeux, des paroles vraiment attendrissantes et qui attendrirent (voir plus Haut, pages 118-19), les supplications desjuifs trouvèrent l'Assemblée raide, en garde l Ces dos courbés, ces visages pâles, ces voix gémissantes n'eurent pas le talent de beaucoup exciter sa compassion. Et cependant on était entré dans l'ère des idylles, des sentiments tendres et généreux I Les juifs disaient : « //
* SouvtlU Adreit« de» Juif» à l'Astemblée nationaU, ii déc«mbr« 1789 (dt l'impriiQfrit de Frault, quai dct Auguttint).