‹ La prépondérance juive, d'après des documents nouveauxChapitre 5 sur 71 · EN FAVEUK DES JUIFS · texte numérisé non relu

EN FAVEUK DES JUIFS

Au nombre des personnes qui furent spectatrices et aussi victimes de la sombre tragédie de la fin du siècle dernier, une seule, peut-être, pressentit, avec son intuition de femme chrétienne et de princesse de Franco, ce qui allait advenir j nous voulons parler de Madame Elisabeth. Le lendemain do l'admission des juifs à tous les emplois par l'Assemblée constituante, la royale princesse écrivait en ces termes à madame de Bombelles :

V Assamblée a mis hier le comble à toutes ses sottise» et ses irréligions en donnant aux juifs le droit d'être admis à tous les emplois. Je ne puis te rendre combien je suis en colère de ce décret. Mais Dieu a ses jours de vengeance ^ et s'il souffre longtemps le mal, il ne te punit pourtant pas avec moins do force '.

Et encore la pieuse princesse n'entrevit-elle qu'une partie do la vérité î Elle signale, à propos des irréligions 'de l'Assemblée qui excitent sa colère, l'entrée des juifs, elle ne songea pas au contraste avec le renvoi du Christ.

C'est ce contraste que nons allons mettre en relief.

Avant tout, nous nous sommes posé cette question : Comment un pareil contraste « le renvoi du Christ et l'admission des juifs » a-t-il pu arriver â se produire en pays do France? Ce n'est pas de sang-froid, lorsqu'on s'appelle la France, qu'on dit au Christ : Sortez,

A Oorrttpondancs de Maris- ÀnloinéUs tl d€ IifadumtÉlUabtth^ par M. F«uillet d« CoBeb«i. — ÀrchivM itraéliUi, 1804, pagt 823.

6 UN CONCOURS A MKTZ

et aux juifs : Entrez. Il faut qu'il y ait eu préalablement quelque chose qui ait troublé la raison du peuple le plus éclairé de la terre, le plus religieux, le plus courtois dans ses formes et le plus chevaleresque dans ses procédés. De fait, une grande cause de trouble a préparé ce contraste. A la fin duxviu* siècle, la France buvait à une coupe empoisonnée et assoupissante. Un breuvage perfide commençait à bouleverser son tempérament.

Quel était ce breuvage ?

La Révolution, brillante, hardie, fascinatrice et terrible comme une Athalie ou une Agrippine, devait, ainsi que ces femmes ambitieuses des temps anciens, procéder avec astuce et no reculer devant aucun moyen. Tous les métiers sont bons à qui est dévoré par l'ambition I Des le principe, la Révolution s'est faite empoisonneuse, mais avec art, avec habileté; elle a rappelé et dépassé les combinaisons d'Agrippino et de Locuste.

Refaisons, un instant, par la pensée, Rome païenne :

Locuste est une fameuse empoisonneuse du temps des Césars. Elle doit d'abord faire périr l'empereur Claude, par ordre d'Agrippine. Elle est appelée au Conseil ; on lui demande de mettre du génie dans ses creusets ! un poison trop rapide rendrait manifeste le meurtre do Claude;, un poison trop lent lui donnerait le temps de se reconnaître, et de rétablir les droits do Britannicus, son fils. Locuste comprend, et trouve quelque chose de recherché en fait de poison, qui troublera la raison et n^éteindra que lentement la vie^. Un eunuque fait prendre à l'infortuné César le poison

* Tacite, Ann„ XII, 09. — SuicT., in Claud., 43. — Ciampaont, U$ Cé$ari, II, 1Ô4, &.

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