‹ La prépondérance juive, d'après des documents nouveauxChapitre 52 sur 71 · PIIASK JACUbINE · texte numérisé non relu

PIIASK JACUbINE

OÙ il formait, avec Lainotli et Bainave, un triumvirat qui avait liôrito de la popularité de Mirabeau.

C'est à lui que les juifs s'adressèrent pour livrer la bataille décisive, et tirer de la Déclaration des droits de l'homme la suprême déduction qui avait tant de peine à en sortir.

11 faut reconnaître qu'ils avaient été tenaces, et surtout bons logiciens;

Tenaces, puisque, dans l'espace de doux an>, c'està-dire pendant toute la durée de la Constituante, la question de leur émancipation avait été quatorze fois présentée par eux, écartée et ajournée quatorze fois par les législateurs, et qu'ils étaient encore là pour la leur

Adrien DujiDrt eii poussant un profond sou|)ir ; j'y oi beaucoup réfléchi... j'en connais d-.' nVï... iii.iis ils Boni d'une telle nu turc que Jr* frémis moimême d'y I ensipr, «-t je ne pourrai nie dclcrniiner ù vous les fuire ctmnoître qu'oulanl que vous o[iprouvi'ri'/, tout iiiuii |ilan, que vous serez l)iea convaincus qu'il tst indi-ipensalilo do l'adopter et qu il n'y on u pas (rautre & suivre ])our absunr imn si-uleuienl le succès de lu Ilévolulion, mais aussi le Falutde IKlot... v Apres avoir excité la curiosité de ses auditeurs, il ajouta : « I'iJ n'est que ])ar lei moyrns de terreur qu'on parvient h se mettre à la tèt^ d'une révolution et à la (;ouvernrr. Il n'y en a pas une leule, dans quelque pays que ce soil, que je ne puisse citera l'appui de cette vérité. Il faut donc, qnel'ine rl•pu^'nallC(< que nnus y oyons tous, se lesigner au sacrilice du quelques jjo'.vounr.t marf/iianlrs,,, » Leduc de la Koilicroucauld fut très frappé des réflexions d'Adiien Duport et finit, comme tous les autres membres du comité, |>.ir adopter le plan et le» moyens d'exécution qu'il pro|)osiiil. Des instructions confurmes ù ce plaît lurent données aux principaux agents du comité des insurrections, qui était déjà organisé et auquel Adrien Duport n'était rien moins qu'étranger. L'exécution suivit de lires. Le massacre dî MM. de La'inay, de Flesselles, Foulon et Bertliier, et leurs tètes, promenées au bout d'une pique, furent les premiers essais de cette conspiration pbilantliropique, « UnaTHAND vs MOLLEVILLK, //Mfoi're f/c la lUvolution française, t. IV. |). ISletsuiv. — Louis Di.ANc, dans r//(»to«/c (!•* la U-.'rulution françaiic, t. M, p. 318, attribue également à Duport 1 organisation des massacreH de Paris et dei paniques ré/andui?* dans les provinces. — C'est donc ù ce terrible séduire que leijuifi, fatigués de tant d'ajouruemeul«, s'adressèrent pour âtr* iulruUuiti sommairement dans la société.

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présenter une quinzième fois à la veille do la dissolution de l'Assemblée;

Bons logiciens, parce qu'ils exigeaient qu'on tirât, do la Déclaration, des conséqiU3nces logiques qu'on ne voulait pas y apercevoir. MM. les législateurs de 1780, dédaignant le vieux christianisme, avaient voulu construire leur société nouvelle sur le modèle des mathématiques. Ils s'en vantaient très haut. Gondorcet avait écrit : « Les méthodes des sciences mathématiques, aj)pliquées à de nouveaux objets, ont ouvert des routes nouvelles aux sciences politiques et morales. » Jean- Jacques, dans le Contrat social, était allé jusqu'à faire le calcul mathématique de la fraction de souveraineté qui revenait à chacun. Eh bien, en fait de mathématiques, les juifs se chargeaient d'en remontrer à li'importe qui dans ce monde qui se proclaurdit nouveau. Aussi, étant donnée la Déclaration des droits de l'homme, ils se tenaient là, obstinés à vouloir en tirer une conséquence à leur profit, toutes les conséquences !

On était donc arrivé à la veille de la clôture. C'était l'avant-dernière séance. Il n'y avait plus ni temps à perdre, ni sursis à accepter. Duport se lève et, au milieu d'un silence solennel, prononce ces paroles : « Je crois que la liberté des cultes no permet plus qu'aucune distinction soit 'mise entre les droits politiques des citoyens à raison de leur croyance. La question de l'existence politique des juifs a été ajournée ; cependant les Turcs, les musulmans, les hommes de toutes les sectes sont admis à jouir en France des droits politiques. Je demande que l'ajournement soit révoqué, et qu'on conséquence il

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soit (lécrétô que los juifs jouiront en France des droits de citoyen actifs »

Rewbell, l'opiniâtre adversaire des israélites, veut combattre la proposition de Duport.

Mais Rcgnault do Saint- Jean-d'Angély, lui coupant la parole, s'écrie : « Je demande qu'on rappelle à l'ordre tous ceux qui parleront contre cette proposition, car c'est la Constilation elle-même qiC Us combalironl^. »

Lorsqu'un corps de troupe bat en retraito,si on parvioïit à le jeter sur un obstacle pour le détruire ou l'obliger à se rendre, on dit, en torme de guerre, qu'il est acculé. C'était la situation sans issue de la Constituante, à l'heure avancée de sa retraite. Elle se trouvait en face de cette alternative : ou mettre bas les armes devant les juifs, ou détruire la (constitution, son œuvre, ce qui équivalait, pour la (iOnstituante, à se détruire elle-même devant l'histoire. Elle était acculée.

La fameuse Déclaration des droits de l'homme était devenue une impasse, un cul-de-sac. L'Assemblée demeura silencieuse devant l'apostrophe de Uégnault do Saint-Jean-d'Angély. La victoire restait aux juifs.

i Monittur du 21) lepUmbre 1701.

• Ibid.

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