‹ La prépondérance juive, d'après des documents nouveauxChapitre 56 sur 71 · DES DEUX ENTREPRISES · texte numérisé non relu

DES DEUX ENTREPRISES

cliofs, (lo leurs moiiours : c'était encore naturel; ces vieux juifs, pétrifiés et secs comme des ossements sur la route des siécl(\s, redoutaient, pour toutes sortes de bonnes raisons, l'inconnu de la résurrection civile *;

Que l'Alsace qui suivait avec une anxiété et une exaspération tcrril^les les péripéties de cette maréo montante hébraïque, criât : « Des degrés, des barrages! » il fallait encore n'y attendre;;

Mais ce qui paraîtra surprenant et, par c(;la mémo, apportait un appoint considérable au parti de l'émancipation graduelle, c'est que ce projet comptait parmi ses fauteurs le i»lus fuuguiMix ami des juifs, l'abbé Grégoire, mieux enc )re, l'Assendjléfî constituante pn^sque tout entière;

Giégoire avait écrit : nêcemté de préparer à cette réforme les Juifs et les cJnuHirn^; temps nécessaire pour l'opérer; il demandait, pour cela, deux générations*;

Kl, sauf Mirabeau ', la Constituante était do cet avis : la prcîuve en e.^t qu'elle hésitait à rendre un décret et que, cherchant à gagner du temps, elle marchandait, émiettail l'émancipation en accordant quelques concessions, de loin en loin, aux demandeurs.

• Entrée des I$radlites, etc., p. 404-410, où nous Dvoni présenté le dévelopiiemfiit de leurs craintes. *

* Essai sur la régénération physique, moi-ale et politique des juifs, chap. XXVI.

3 Dans le mémoire de 28 janvier 1793 présenté par le^juifs ù l'Assemblée, muia rédigé par Oodurd, il y a celle note, cet aveu : » Le» auteurs qui ont écrit en faveur des juifs ont partagé, suivant nous, cette même erreur de vouloir adoucir leur sort par degrés, au lieu de le rendre sur-le-chanop tel qu'il doit être, M. le comte de Mirabeau est peuUètre le seul qui, dan» son écrit aur Mendelssohn, ne aoit pat tombé dana cette erreur, » p. 94.

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Voilà donc rnngéo, on peut dire, du côté do rômancipntion fïrodiiollcs l'opinion puldiquo tout entière, dôcoinposôo d(» In sorte : 1<^ Iloi, los vieux juifs tnlmudistcs, l'Alsace, (iiV'goir.', la Constituante. Mais alors comment est -il nrrivê, chose stup(''<iante (>t inattenduel que la solution ait rto tout autre, qu'elle ait été l'émancipation tutide, sans ganmties, sans conditions? Il n'y aura jamais qu'une Mnd(^ rt'ponse à apporter: ce résultat étnit dans l^vsprit do la Révolution!

Une solution (>mpreinte de sagesse, de modération, do lenteur, de prudence, n'était pas possible à la Révolution. Elle eût été en désaccord avec son esprit d'incontinence et d'emport<Mn(Mit qui commençait à se révéler*. Si ell.; eût adopté l'émancipation graducUo, c'est-à-dire tempérée, prudent*^ (^Ue n'eût plus été la Révolution. Elle a montré, au contraire, ce qu'elle était, en décrétant une émancipation fougueuse, c'està-dire immédiate et totale.

« Mais c'est de la calomnie et de l'obscurantisme, qu'un pareil jugement ! » ne manqiieront pas de s'écrier,

• M. Tlilers n dit : « Fût-on la plus holle cl la plu» ginéreuie des révo* liiliom, (fil-on le plus (,'raiul des homme», %c eonienW est le premier devoir, te contenir eut le f^rnnd décret. • Uintoire du Coniftilat et de VEmpirr, t. XVII, cliap. i.iii, p. 899. — Or, l'incontinenc«, l'emporUmeot, eit l'eaience de l'esprit révoluiionnoire,

I)i:s l'KMX KNTIIKPHISKS ÎJl

on lisant cos lignes, los partisans, à outrance, do la liborto.

Non, Mossi(nirs, nous no calonHn'ons p.'is; Diou nous fait la ^TÙco do îw^^cv just'\ U<3(l<''cliisso/, voiv> -UK^inos, sur co contrasto qui nous a siii<,''uliorcinont n'appô :

Voici uno Assoniblôi^ — rAssornblf'o constituanto — qui pendant toutola durôcdoson oxistenco (doux années) s'occupo de cottf» giavo (picstion ;

Eli'', si (Mitliousiasto, si oxpôditivo dans 1 «s aHaii'os, roprond cott<^ qiiostion jusqu'à (juatorzo fois, sans la iranclior; il lai r<''[)ugn(^ niônio do la tranrlifM*;

I^jrsqu'olk' so djjcido a uno solution, il n'y a qu'une Voix pour lui indiquor dans quoi sons; lo nionarquo dit : Emancipation graduoljc»; lopins clialouroux parti-iandfvs israôlitos, ral)b(''(fivgoi!'(», dit: lMnancipati(jn {^raduolli'; l'Alsaco, ollo, tout ontioro, crio : Aucune émancipation ! mais, s'il faut on passor par la, graduollo, uniqu<;inont graduollo; los juifs oux-môniO'?, pour la plui)art, n'on dédront pasd'autro;

I/opiiiion attond donc l'émancipation praducUo;

Et puis, tout à coup, c(3tto Assonddéo qiû s'est débattue, raidie, contr(» uno solution à donner, qui Ta refusée maintes fois, la donne, ot, dans cette solution, lAclie tout, sacritio tout, ollo-mémcî et l'opinion !

Nous lo répétons fennement, il n'y a que l'esprit révolutionnaire qui puisse faire aboutir à do pareils coups do théâtre. La Révolution dominait l'Assemblée constituante, et la menait. Elle lui a dit : Tu. avais jugé ainsi, mais tu décideras comme cola!.,.

Avons-nous calomnié ?

f3i pai\amj-:le

« Eh l)ioii! r<"'j)liquor()iit les pnrtisans, à outrance, de la lil)oito, la Révulutijii a bien fait d'imposer sa décision ; ello a bien fait d'arracher le décret des mains de L')ins XVI, et, même, des mains de TAssembléo coiistituanto, au momcMit où l'émancipation décrétée n'allait élre que gradu<'llo; elle a bien fait : car Louis XVI avait arrêté un but, une limite; la Révolution, olle,dans son élan, a dépassé ce but! Avec Louis XVI, la liberté aurait ruses réserves; avec la Révolution, elle n'on a pas eu, elle a été la liberté! »

Nous l'épondons :

C'est vrai, avec la Révolution, le but a été dépassé; ou, du moins, le t<^mps que l'on voulait donner à l'initiation, à l'appnnitissagede la liberté, a été dévoré. La Révolution a non-seulement dd von' des siècles, comme Ta fort bi(Mi dit le comte de Maistre; clic a dévoré aiisailcs intermédiaires *; mais cette suppression dos intermédiaires a-t -elle été nubien?

Notre conviction est qu'elle a été un désastre.

Un contemporain de 1791, ami de Godard, a eu lo

1 L'abbé Grégoire disait de l'édit donné par Joseph II en faveur des juife d'Autriche preaque à lo môme époque : « Il a l» défaut de franchir Ut intermédiaires. » - (Motion «n faveur de$ juift, par Grégoire, p. Si)).

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conrngn de lui prédire et do lui faire entrevoir co désastre.

Godard avait acquis, dans le conimcrco de ses clients, un front d'airain, et un cou comme une barre de f<M'. Bourgeois du district do Saint -Uoch, cet ami intime de Godard, avait été traité j'ubliquement par lui « d' liomincà préjugés^ n'ayant jms le sens commun », parce qu'il avait été d'un avis contraire au sien, dans la question dos juifs:

Il lui écrit :

(( ... Sois convaincu d'une vérité, c'est que tes clients « ne gagneront jamais assez tôt leur cause au gré de mes « souliaits. Je verrai avec joif.» l(»j(jur oii les juifs seront « dédommagés. Mais j(» ne serai vraiment satisfait (et « je te parle connue un vrai cito^^en) rpie lorsque^ leurad- « mission n'aura été prononcée par l'Assemblée nationale «qu'après qu'elle aura })révu, écarté les inconvénients « ter)'iOle.^ qui résulleraient d'une faveur setnblabley «précipitamment et inconsidérément accordée,

« Adieu, mon ami, souviens -toi (et convenons -en une « f(»is pour toutes), que notre attachement peut durer « sans que nos opinions se ressemblent, et que, lorsque « je serai forcé, dans le district de Saint-Roch, d'ouvrir « un avis sur quelque objet que ce soit, il me sera pcr- « rnis de ne pas m'en tenir à celui que tu auras eu dans <( le district des Blancs-Mauteaux. »

Ton ami : Dilluaht'.

Parie, ce 11 février 1700.

^ Celta letlro iuédite dit partie du portefeuille àf Oodard,

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