LE 27 SEPTEMBRE
1, la idiirinii' (lu i?7 K«'iileinl)io il lu lU'crel émancij)alour. — II. L'aoïiccl miiiihrt' île (-(.'tU' joiii'hei' : en niôiiio tom|)» ijnVIlo ducrolait l'ontroe des juifi* linin l.i ^o^;icté frainjaiix', l'As- Bt'mhléo corintitiionto acccplnil l'iioiiininf^o du livro do Voliu-y «ur It's Iluinea. I/PS juif» vont, en ciïcl, liiro leur entrco ù Iravor» d'immenses déi-ombrei, — lll. (;()nij)orui8on uvoo i'anli'iuc entrée d'Isracl dunn lu Terre prorniKC ù travem IrH murailles écruulécs de Jcriclio. Diirerunces des deux eituotiong. — IV. L'aspect providentiel do celle mOmo journée : lri{)le modilicalion dons Texifitence du vieux peu|)|i< hébreu. — V. Preniiérement, il rompt lo joug. Quel jougf —
VI. Deuxièmement, il cesse un isolement quarante lois séculaire, pour devenir membre de la socielo universelle. —
VII. Troisièmement, il et\ mondé par la Providence. — VIII. Rcnierciementj éternels ù la France pour avoir été l'iustru* ment de cette transformation.
Élargissons les horizons do notre pensée : nous voici en face de la grave et solennelle journée do l'émancipatiou. C'est une journée à grandes lignes; et si elle s'est
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annoncée avec des teintes rôvolutijunnaircs ci sombres, elle doit en avoir aussi de i)rovid(MiticU(^s et do rassurantes.
La date est le 27 septembre ITUl ; le lieu est la salle dite du Manèfje, prés des Tuileries : rAssembb'};) constituant(\y tient son avant -dernière séance.
Nous avons raconté ci dessus (chap. vu, p. 2 il -20) ce qui s'est passé au dedans de la salle : la suprême tentutivedcsjuils,rapi>uidu jacobin Dui)ort, la capitulation <le rAsscnddée. Mais ce cpii se passait au deliors de la salle présentait un iniérêt non moins palpitant*.
Un poète de renom en Allemagne, Louis Wiid, a dépeint av(T un coloris saisissant l'attente de tout Israël qui écoute, sous les tiaits du Juif Kri-ant, à la porto de l'Assemldée; nous lui emi»runtons cette page d'un grand efl'et :
Un homme «Iniis nn costume antique, écoute à la porto <lo rnsscnibloc (les peuples. Son visajre iialiit une douleur profonde, la neige do sa Itarlic descend à longs flots sur sa poitrine.
Son rej^ard est fixe, rtrange, co'.nmo celui d'une statue de inarl)ro.
11 ccaite ses loiif:s cl cvcux de son oreille : timidement blotti dans l'on^rlc de la porto, il écoute haletant,
comme si w\ seul mot prononcé dans la salle allait terminer sa souffrance héréditaire et après une fatigue de deux mille ans, nccoi-der enfin le repos h ses longs voyage». Dans sa main droite est un livre, pour son salut ou sa condamnation ;
« Celle salle et.Mt siiuée sur l"emi)lacemeiil de la rue de Rivoli, près de la rue CastiglioDe. Il j avait eu 1;\ auparavant un manège. L'Assemblée constituante et la Conrcntion y tinrent leurs séances.
I>K l/KMANCIl'ATION N5 \
(luMH sa innia (,'aucl.c chI un bftton,
poiii- inarclicr à la vie ou à la mort. î
Kiiigmo obscure et niysliquo,
nou encore c?tpliqu6o jusqu'à aujourd'hui l j
« I.o cerf traqué |)ar lo chasseur, « suoootnbe enfin dans sa fuite, H l()rM(|u'il s'clancc éperdu tlaiis les (lois, « et s'y ploniTC tout couvert do sang. « Je suis la hêto ti'aquéo, forcée», « potirchasséo à travers le monde.
(( Dans les tcnipêloa d\i f<Mi et de la mcr, « j'ai chci'cho en vain la mort.
« 11 inc fidhut vivre, exister
« et no jamais vciir la liberté ! •
« Mais muintcnant, j'ontr-evois l'auroro « qui mo iléiivro de tous mes maux, « qui me frucrit do toutes mes souffrances. »
Ainsi parle lo vieillard profondément ému; Il écoule : quelque chose s'affile dans la sallo. Il écoute; une parolo éclate h voix haute : « Tous h'S hommes sont ct/niix; qu'Ahasver toit délivré de son éternel mal et do son élcrnellc douleur * ! »
Il y a (1(; la grandourdans cctto poôsio. Mais iUst bon (le la faire suivre (le l'acte pratifiuec'tanthoiitiqucd'rmancipation. Nous l.; transcrivons, tel (jue nous l'avons trouvé» aux Archives nationales ; il est commun ù Louis XVI et à rAsseniblêe constituante :
Louis, par la grâce de Dieu et par la loi constitutionnelle do l'Ktat, roi «les Français : A tous prt'senis et avenir, salut.
L'Assemblée nationale a décidé, et nous voulons et ordonnons ce qui suit :
* Louis Wihl, traduction fraaçaite, p. 230-2.