‹ La prépondérance juive, d'après des documents nouveauxChapitre 61 sur 71 · LA JOURNÉE · texte numérisé non relu

LA JOURNÉE

avait, du reste, vendu à Jacob son droit d'aînesse, et, conséquenmient, le droit à la bénédiction qui en formait le premier apannge. Jacob, béai, était à peine sorti d'auprès du patriarche, qu'Ésaii entrait à son tour, revenant de sa chasse, et comptant sur la bénédiction. On sait sa fureur, et aussi le profond étonnement d'Isaac, « admirant, dit le Livre sacré, au di^là de tout ce qu'on peut croire, ce qui était arrivé, et disant : « Votre frère a reçu « ma bénédiction, et il restera béni. »

Mais laissons le Livre sacré parler lui mémo :

« Ésaii jette un grand cri mêlé de larmes, et dit : (( N'avez -vous donc, mon père, qu'une seule bénédic- « tion? Je vous conjure de me bénir aussi. »

« — Et Isaac en étant touclié, lui dit : « Votre béné- « diction sera dans la graisse de la terre...

« Mais cous servirez voire frère; je l'ai établi votre

seigneur. »

(( Et le vieillard ajoute : « Le lerap.s viendra que vous « secou'jrczsonjoug, et que vous vous en délixrerez\)^

Telle est cette antique i)rophétie. Voici maintenant comment elle s'est réalisé;}^ : réalisation saisissante!

Dans Jacob prenant la place d'Ésau les commenta-

1 Genèse, cliap. xxvii, 33, 37, 3S-S0.

» Il y a eu, de ci-lte iii\)|)liolie, un juemier accomi.lisseiiienl littéral au temps de Joram, fis de Josaphat, roi de Juda, sous lequel les Iduraéens, descendanis d'Ksaû, s'affranchirent et eurent un lOJ de leur nation. Pendant le temps de son r^gne, Edom secoua le jowj de Juda, pour ne lui être plus assujetti, et se choisit un roi.., Édom se retira de Juda, et ne voulut plus lui être assujeti, comme il ne l'est plus encore aujourd'hui (IV-- Livre des Roi?, chap. viii, 20, 22). Mais cet accomplissement littéral au temps de Jora n ne termine pjs la portée de la prjphélie, qui appartient au groJpe des prophéties à double objet, à double horizon. L'explication que nous présentons est Taccomplissement spirituel de la prophétie.

DK L'ÉMANCIPATION 257 j

leurs ont été unanimes à rccornaitrc 1(3 peuple chrétien ]

prenant la place du peuple juif, qui était l'aîné. Le peuple j

chrétien succède au peuple juif dans son héritage, dans ]

tous ses droits, et cela parce que — de même qu'Ésaii ;

avait vendu et transrais son droit à la bénédiction — le ;

peuple juif a livré, transmis aux nations Jésus -Christ, source de toutes bénédictions : le Christ sera livré aux nations, avait-il été annoncé, Tradetur gentibns^\'\\ l'aété!...

Qu'en était-il résulté ? Ceci :

Isaac prophétisant le sort d'Esaii — et par conséquent des juifs — avait dit : Vous servirez \:otre frère. Or le peuple juif n'a-t-il pas été, à la lettre, durant dix-huit siècles, le serviteur du peuple clirétien ? Colporteur des nations, ainsi que nous l'avons fait remarquer dans le paragraphe précédent, il leur apportait sur son dos les marchandises dentelles avaient besoin. 11 est impossible de ne pas reconnaître ce contraste historique, ce fait d'une évidence banale: d'une part, durant tout le moyen âge, le peuple chrétien qui est en quelque sorte le lils de la maison; et d'autre part le peuple juif qui, lui au contraire, est le serviteur, le subalterne, le serf. Quel que soit son orgueil de race, l'israélite sincère aura le courage de cet aveu : Israël dispersé a servi le peuple chrétien. Je l'ai établi votre seignmr l Aussi bien, comme Esaii dont il est dit : qu'il frémissait de colère^ le peuple juif n'a jamais supporté ce joug qu'en fré missant, avec une colère mal dissimulée.

* s. Luc, chap. XVII), 3 '.

La FrèpoDdérancj j live J7

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