EN PAVKUR DES JUIFS
sérieusement étudiée à Versailles ? N'est-ce pas dans le but de discuter et de contrôler l'édit royal ? Et môme, nVst-cc pas dans le but, si les événements viennent à se précipiter, de soustraire la question à la décision do la monarchie ? Premier dan'^'er d<* C(^ concours.
Deuxième dan^jer, plus grave encore: bîphilosophisme préside au concours et décerne les récompenses. A Versailles, la direction que la Couronne imprime à l'étudo de la question est chrétienne, et Malesherbes, tout philosoplie qu'il est, n'oserait y introduire, sous les youx du roi et de la reiiu^, rien qui soit contraire aux intérêts do l'Éj^liso et du royaume ^ Mais à Metz, en pleine communauté juive, la question glisse sous l'influence hébraïque qui no peut manquer do la diriger subrepticement. Tous les membres de la commission qui lisent les rapports envoyés et décernent les récompenses sont des philosophes. Ils devraient juger avec impartialité et ils empoisonnent eux-mêmes la question d'idées libérales. Quoi de plus pernicieux que ces paroles du président, M. Le Payen, à la séance solennelle du 25 août 1788, pour la distribution des prix :
trouva qu'aucun do ces travaux ne répondait à l'attente de lu Société royale de Metz.
« Sur son rapport, la Société royale laissait le concours ouvert
jusqu'un 1788, en engageant surtout les deux auteurs dont les mémoires l'avaient (rai)\}ée, i\ entrer de nouveau en lice. » (Revuedes études juives, n» 1, pages 85, 00, 93.) N'e»l-il pas enfantin, mais en môme temps significatif, de voir deux concurrents exci(és par la Commission à rentrer en lice, parce que leurs mémoires ne sont pas encor« assez conformes & la tolution souhaitée t
^ Malesherbes désapprouva-t-il c« concours provoqué et prolongé, à Metz r Les document* m taisent. Tout c« qu'on sait, c'est qu'il était en rapports d'amitié et d'études arec le comte Rœdirkr, qui m passionna pour le concourt es faveur des juifs.
26 UNCONCOUnS A METZ
« Co n'a pas été sans éprouver une grande satisfaction quo la SocùHd royale a remarqué que les trois ouvrages qu'elle couronne, fondes sur les mêmes principes, appu}'és sur les mêmes faits, tendant au mémo but et à peu près par les mêmes moyens, ont pour auteurs des j)ersonnes sur lesquelles la difierence d'état, de patrie et vraisemblablement d(î religion, n'a point arrêté V action des vcrilOs (Hcrndlcs de la nature et de la raison. Kn général, tous l(?s mémoires que nous avons reçus, à un ou deux près, accusent nos préjugés contre les juifs d'être la cause première de leurs vices, et notamment do celui de tous qui nous révolte le plus (l'usure). Nous les réduisons à l'iinpossibilité d'être honnêtes; ' comment voudrions-nous qu'ils le fussent ? Soyons Juntes envers eux, pour quils le deviennent envers nous, c'est le vœu de l'humanité et de tous les gens raisonnables ; tout porte à croire quo le gouvernement l'a recueilli et ne tardera pas à le réaliser *. » Un pareil langage était une trahison envers l'Eglise et la France; il accusait moins les juifs que les chrétiens. Ce présid(}nt, secrétaire i»erpétuel de la SociiHé royale des sciences et des arts, justifiait son nom : M. Le Paycn.
Trois mémoires furent» jugés dignes do récompense, sur neuf qui avaient été adressés à la Commission. Les auteurs couronnés étaient : MM. Grégoire, curé d'Emberménil, près de Lunéville ; Thiéry, avocat au Parlement de Nancy; et Zalkind-Houritz, juif polonais, habitant Paris.
On se garda bien d'accorder une mention honorablo
^Affiches d«t Évêchés et Lorraine, nnnëe 178S, ] n' 35, p. 275, col. 4, — Revut dei étudii juives, n» 1, p. 104.