ADRESSE
DE l'assemblée des REPRESENTANTS DE LA COMMUNE
A l'assemblée nationale sur V admission des juifs à Vêlât civil.
Messieurs, « La destinée de la plupart d(\? juifs du Roj-aume est encore indécise. Peut-être altendicz-vcus qu'une opinion fcrti ment
1 G:\AETz, t. XI. p. 217.
» Ibid., p. 217.
prononcce vint fortifier vos généreuses intentions et accélérer le moment de votre justice. Nous nous félicitons d'être les premiers à vous porter cette opinion : elle n'est pas la nôtre seulement, elle est celle des nombreux districts de cette capitale ; et c'est Paris tout entier qui vous parle en ce moment par notre organe.
« A l'instant de la Révolution, les juifs de Paris, par
leur courage, leur zèle, leur patriotisme, ont acquis des droits à la reconnaissance publique.
« Nous les avons vus avec nous, décorés du signe national, nous aider à conquérir — et tous les jours ils nous aident à conserver — notre patrimoine commun.
« Ah! Messieurs, 5' î7s ont contribué à la conquête de la liberté^ pourront-ils être condamnés à ne pas jouir de leur propre ouvrage ? S'ils sont de vrais citoyens, sous quel prétexte le titre leur en serait -il refusé? Nous osons dire qu'ils le mériteraient comme une récompense, s'il ne leur était pas dû comme un acte de justice.
« Au nom de riuimauité et de la patrie, au nom des
qualités sociales des juifs, de leurs vertus patriotiques, de leur vif amour de la liberté, nous vous supplions de leur donner le titre et les droits dont il serait injuste qu'ils fussent privés plus longtemps. Nous les regardons comme nos frères, il nous tarde de les appeler nos concitoyens. Ah ! déjà nous les traitons comme tels ; notre intérêt nous fait un besoin d'être confondus avec eux, notre intérêt nous donne le droit de réclamer votre justice et pour eux et pour nous. Accélérez leur bonheur et le nôtre.
Arrêté par nous commissaires nommés par la Commune. Hôtel de Ville, ce '^k février 1700.
Signé : Godard *,
l'abbé Bertolio,