‹ La prépondérance juive (volume 2)Chapitre 7 sur 35 · APPLICATIONS EN · texte numérisé non relu

APPLICATIONS EN

« Nous sommes opprimes, résistons et levons-nous en armes. »

(( Allons a l'Hôtel do Ville, interrogeons nos magistrats tièdes ou suspects, surveillons leurs séances, vérifions s'ils pousuivent les prêtres et s'ils désarment les aristoci-ates; empêchons-les de machiner contre le peuple, et foisons marcher ces • mauvais commis. »

« Par conséquent, que nul ne soit exclu de la garde nationale ; à tous, même aux indigents, une arme, picpie ou fusil, pour dépendre leur lil^erté. »

« La royauté héréditaire est donc illégitime : allons aux Tuileries et jetons le trône à has. »

« Ecoutez ces clameurs de la place publique, ces pétitions qui arrivent de toutes les villes : voilà la volonté générale qui est la loi vivante et qui abolit la loi écrite.

A ce titre, les meneurs de quelques clubs de Paris déposeront le Roi et violenteront l'Assemblée législative. En d'autres termes, la minorité bruyante et factieuse va supplanter la nation souveraine; et désormais l'ien ne lui manque pour faire ce qui lui plaît et quand il lui plaît *. »

1 Taine, la Révolution, p. 5:76.

L'enchaînement entre les principes de 89 et leurs applications en 93 n'est-il pas manifeste ? Il ne pouvait en être différemment. « Sur les ruines encore sanglantes de la Bastille, était le fojer de cette flamme patriotique qui devait bientôt embraser et 7''é(/é né rer la nation. Ce n'était plus Paris, mais une ville nouvelle et un peuple nouveau... La jeunesse se portait, en foule, des corps de garde aux districts et s'exerçait dans ces assemblées 'populawes à discuter et à soutenu^ les droits des hommes^. » Moins de trois ans après, un grand nombre de ceux qui avaient collaboré ou applaudi à la rédaction des principes de 89, ou Droits de l'homme, purent relire leur Déclaration affichée sur les poteaux de la guillotine et méditer, en montant les degrés qu'ils ne devaient pas redescendre, sur la sagesse de leurs prévisions et sur l'efficacité de leur œuvre pour w le bonheur de tous ».

Voilà ce que portait en préparation, dans ses flancs, la Déclaration des droits de l'homme; et, encore, ne sontce la que ses conséquences les plus rapprochées ; des conséquencas ultérieures, non moins pernicieuses, y demeurent enveloppées, attendant leur tour d'éclosion.

On se demande non sans quelque surprise, lorsqu'on lit dans le Moniteur le compte rendu des séances consacrées à la fameuse Déclaration, comment il a pu se faire que, sur 290 ecclésiastiques qui étaient membres de l'Assemblée nationale, aucun n'ait proposé de remplacer la vague dénomination de l'Etre suprême par le nom clair de Jésus-Christ. On est presque tenté de blâmer le clergé d'alors de ce silence. Mais l'étonné-

» Moniteur, 1789, ù° 33.

ment cesse quand on prend la peine de déduire, ainsi que nous l'avons essayé, ce qui était contenu dans les redoutables prémisses. Un douloureux pressentiment a dii faire entrevoir à tous ces prêtres, nonobstant l'égarement de quelques-uns, ce qui allait sortir de la Déclaration. Or, apporter le nom de Jésus-Christ à une pareille œuvre, n'eût- ce pas été mettre la tête du Christ sur un corps de Bélial ? Voilà pourquoi, évidemment, le clergé qui faisait jjartie de l'Assemblée s'est abstenu de réclamer en faveur du nom de son divin Maître : il a agi avec sagesse.

Cercle vicieux, cercle terrible ! Le dessein bien arrêté de se passer du Christ comme pierre de l'angle iit élaborer de pareils articles, dissimuler ces perfides poignards ; et quand une fois les articles furent rédigés, ils ne pouvaient plus décemment supporter le nom pur, radieux et tutélaire du Sauveur du monde.

Il est donc historiquement certain que, lorsqu'il s'est agi de poser les bases de la société nouvelle, le Christ a été positivement éliminé comme pierre de l'angle : on s'est passé de lui avec préméditation.

Nous avons, au début de ce chapitre, énoncé cette conviction que, seul, l'adversaire de Dieu, Satan, avait été capable de bouleverser de la sorte les fondements de la nation française. En nous efforçant de faire retomber sur l'infernal serpent la responsabilité première d'un

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bouleversement si radical et si lamentable, nous ne pouvons cependant dissimuler et voiler, sur le blason de la France, une noirceur que suppose, du reste, l'intelligence des faits historiques qui vont suivre. A notre grand regret, il faut donc la faire remarquer.

Eh bien, oui, la France, jusqu'ici si noble, si reconnaissante, si tendre, a commencé cette tache noire, cette noirceur qui va s'étendre aux blasons des autres nations et qui s'appelle l'ingratitude.

Noirceur ! parce que depuis le Sanhédrin (cette grande assemblée de Jérusalem qui, Gaïphe à sa tète, avait rejeté le Christ) aucune autre assemblée nationale n'avait recommencé cette faute ; et c'était une assemblée de France qui reprenait l'aveuglement et l'ingratitude du Sanhédrin !

Noirceur ! parce que, quand le Christ était descendu ici-bas, a^^ant trouvé les nations gémissantes dans l'esclavage et assises dans les ombres de la mort, il les avait, au prix de son sang, délivrées, rachetées, conduites à la lumière ; il les avait, véritablement, acquises : elles étaient devenues, ainsi que s'exprime admirablement l'apôtre saint Pierre, le peuple de V acquisition^. Or, opposer au double droit de libérateur et de propriétaire que le Christ possédait sur elles, les droits de riiomme.di se servirdu prétextedeces droits de l'homme pour se débarrasser du Christ, n'était-ce pas de l'ingratitude ?

Noirceur! parce que^ si la France était devenue la France, n'était-ce pas au Christ qu'elle le devait ? Ne

1 Première Épilrc de saint Pierre, ii, 9.

l'avait-il pas choisie entre toutes les nations, comme le laboureur choisit un plant de vigne délectable? Ne s'était-il pas complu à faire d'elle son plus beau royaume, après celui des cieux ? A elle, n'avait-il pas accordé une succession de rois semblable à celle qui avait préparé sa naissance en Judée ? Au pied de son trône, Gharlemagne ne domie-t-il pas la main à David ? A elle, n'avait -il pas confié la garde de son Eglise, comme, à saint Jean, il avait confié la garde de sa mère? Sur elle, enfin, n'avait-il pas enchaîné les regards du reste du monde, atin qu'on l'admirât, qu'on l'imitât, qu'on la suivit? Et c'était elle qui donnait au monde le signal du rebut du Christ !

Nous avons éprouvé un indicible serrement de cœur en entreprenant le parallèle qu'on va lire, et qui ne s'est pas encore fait. Puisse ce serrement de cœur se communiquer, avec la lecture du parallèle !

La France s'est donné deux constitutions célèbres, entre toutes celles qui ont émaillé les phases de son histoire : la Loi salique et la Déclaration des droits de l'homme ; l'une, charte de son enfance ; l'autre, charte de son âge mùr. Comparons-les.

préambulk de la loi salique*

La nation des Franks, illustre, ayant Dieu pour fondateur, forte sous les armes, ferme dans les traités de paix, profonde en conseil, noble et saine de corps, d'une blancheur et d'une beauté' singulière, hardie, agile et rude au combat, depuis peu convertie à la foi catholique, libre d'hérésie; elle était encore sous une croyance barbare, mais avec l'inspiration de Dieu elle rccher-

^ Paclus Legis salicx quemadmodum a Basilio Joannc Heroldo primum, et deinde a Godofredo \Vendelino publicatus est, et notis illustratus a Georgio Eccadû.

chait la clef de la science, selon la nature de ses qualités, désirant la justice, gardant la piété; alors la loi salique fut dictée par les chefs de cette nation qui, en ce temps-là, commandaient chez elle.

On choisit, entre plusieurs, quatre hommes, savoir : le gast* de Wise, le gast de Bode, le gast de Sale et le gast de Wiude, dans les lieux appelés canton de Wise, canton de Sale, canton de Bode et canton deWinde. Ces hommes se réunirent dans trois mâls^, discutèrent avec soin toutes les causes de procès, traitèrent de chacune en particulier et décrétèrent leur jugement en la manière qui suit. Puis, lorsque, avec l'aide de Dieu, Ghlod- Avigh le chevelu, le beau, l'illustre roi des Franks, eut reçu le premier le baptême catholique, tout ce qui dans ce pacte était jugé peu convenable fut amendé avec clarté par les illustres rois Ghlod\vigh, Ghildeber et Ghloter, et ainsi fut dressé ce décret :

« Jlve le Christ, qui aime les Franks! Qu'il garde leur royaume et remplisse leurs chefs de la lumière de sa grâce ! Qu'il 'protège V armée, quil leur accorde des signes qui attestent leur foi, la joie, la "paix, la félicitai Que le Seigneur Jésus-Christ dirige dans le chemin de la piété ceux qui gouvernent l Car cette nation est celle qui, i^etite en nombre, mais brave et forte, secoua de sa tête le dur joug des Romains, et qui, après avoir reconnu la sainteté du baptême, orna somptueusement d'or et de pierres ijrécieuses les corpus des saints martyrs cque les Romains avaient consumés par le feu, mutilés pi ar le fer, ou fait déchirer par les bêtes. »

A la suite de ce préambule, qui a uue vivacité toute guerrière, la Loi salique est exposée en 408 articles. Cette loi des premiers Francs était surtout un code pénal ^. Ainsi, sur ces 408 articles, 343 sont consacrés à la pénalité judiciaire, dont 77 prévoient et punissent les vols

1 Gast désignait la qualité ilu patriarclie ou du clief de la tiibu,

2 Mal veut dire assemblée.

3 Voir sur l'esprit de la loi &Si\iqueVlntroducliO)i à l'ctudc historique du droit coutumier, par Henui Beavne.

La riépoiuléranue juive 4

d'animaux, de la manière suivante : 19, les vols de porcs ; 17, les vols de chevaux; 14, les vols de taureaux, bœufs ou vaches ; 6, les vols de brebis ou de chèvres ; 5, les vols de chiens, 9, les vols d'oiseaux; 7, les vols d'abeilles. La loi entre, pour chacun de ces délits, dans les plus minutieux détails. Ensuite, 113 articles ont rapport aux violences contre les personnes, dont 20 prévoient toutes les variétés de mutilation, 24, les outrages envers les femmes, etc. En sorte qu'il est vrai de dire que les violences et les vols, c'est-à-dire les attentats contre les personnes et contre les choses, forment la grande préoccupation de la Loi salique. Elle est, il faut en convenir, un amas indigeste ; elle révèle, à chaque page, et la barbarie d'un peuple chez lequel les actes de violence sont fréquents, et la grossièreté d'un législateur qui, faute de savoir généraliser, formule une disposition nouvelle pour chaque cas qui se présente à lui ; mais, au demeurant, sécurité de la vie, sécurité de la propriété, voilà les deux principes autour desquels se déroulent tous les articles de cette primordiale législation du peuple franc, encore agreste et catéchumène.

Passons maintenant à la Déclaration des droits de l'homme.

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