GE QUI RESTAIT DE L’ORG. DES NATIONS
puissants travailleurs qui entraînent dans leur courant des masses énormes de terrain, des pans de forêts tout entiers avec leurs draperies de lianes verdoyantes et leurs arbres séculaires : arrivés à leurs embouchures, ils y forment ces fameux deltas, ces prolongements inattendus de territoire, où ensuite des villes entières se sont bâties comme par enchantement. Le royaume de Dieu, pareillement et mieux encore, dévorant comme ces géants des eaux par la parole de ses missionnaires, les sueurs de ses ouvriers de toutes sortes et le sang de ses martyrs, le royaume de Dieu, ce travailleur infatigable, entraîne, emporte les peuples et les races : il arracherait des continents plutôt que de manquer à sa catholicité ! Il ira donc toujours son chemin, que la Révolution le veuille ou ne le veuille pas, que les royaumes delà terre demeurent ses affluents ou s’isolent de lui.
Semblable sécurité d’avenir n’attend pas les royaumes de la terre isolés du royaume de Dieu.
Reprenons à leur égard la comparaison de l’enchâssure :
Désenchâssés du royaume de Dieu, que peuvent-ils devenir ? Hélas ! ce que deviennent les pierres désenchâssées d’un diadème. Perles, rubis, diamants, tombent dans le domaine du vulgaire. Elles s’égarent, elles circulent sans honneur public ; on flnit par perdre leur trace.
Ne sera- ce pas le sort des royaumes et des princes? Les uns deviendront errants avec quelque éclat, les autres disparaîtront. Là encore, par une sorte de dérision, reparaîtront les juifs. Grands acquéreurs de pierres précieuses dans le passé, ils se préparent à l’être, de domaines royaux, dans l’avenir.