‹ La Prépondérance Nationale dans les SociétésChapitre 38 sur 46 · DS DES · texte numérisé non relu

DS DES

La réforme n’alla pas sans soulever de vives critiques. Au début de juillet, une réunion des représentants des grandes Banques tenue à Milan sur convocation de l’Assemblée Bancaire italienne considérait la nominalivité du titre comme «grandement dommageable à l'accroissement des placements mobiliers et à la négociation des titres et ne pouvant qu’influer en mal de diverses façons sur l’économie du pays.

En particulier, l'Assemblée retient que la nominativité sera un obstacle aux placements étrangers, et à peine le change amélioré, provoquera l’émigration des capitaux, même italiens.»

Dès la promulgation du Décret-loi du 22 avril 1920, de graves perturbations se produisirent sur le marché financier; la réaction en Bourse fut telle que le 5 % consolidé baissa de dix points en juillet, entrainant les cours de la plupart des valeurs.

Les capitaux s’évadèrent d'Italie en masse. Les cours des changes sont à cet égard significatifs : la livre sterling valait en janvier 1920, 50 lires, en juillet, 64 lires, el en décembre 1920, 100 lires.

Cette évasion est reconnue par M. Nitti qui déclare: «On ne peut nier que précisément au moment où l’on en aurait le plus besoin, la seule décision de la nominativité ait fait émigrer presque tous les capitaux étrangers et malheureusement une partie aussi qui n'est pas à négliger des capitaux italiens. »

En même temps, les dépôts d'épargne augmentaient

extrêmement. Les dépôts dans les Caisses d'épargne ordinaires passaient de 2.800 millions de lires au 30 juin 1914, à 5.589 millions au 30 juin 4919 et à 6.030 millions au 30 juin 1920, pour atteindre 7.475 millions au 30 juin 1921 et 8.862 millions au 30 juin 1922.

Aux mêmes dates, les Caisses d'épargne postales détenaient : 2.121 millions, 4.223 millions, 5.896 millions, 7.869 millions, 8.425 millions.

Ce désintéressement des placements industriels entraîna dans l'état économique el financier de l'Itahe, les conséquences les plus fâcheuses : peutêtre faut-il lui attribuer la crise dont souffrirent les industries métallurgiques en 1921 et qui entraîna la suspension de paiements de la Banca di Sconto.

Dès le 21 août 1921 était suspendue lapplication de la mesure et un des premiers actes du régime nouveau, instauré en [lalie après le triomphe du fascisme, fut le retrait des dispositions relatives à la transformation obligatoire des valeurs mobilières en titres nominatifs.

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