I.K SPI'AKKII MKMUIIK l»E LA CIIAMIUIK
Telle est la lai^'on doiii un speaker peut continuer à prendre part aux délibérations et aux votes de l'assemblée (pi'il préside. Kn France et dans tous les pays où les hommes ont de l'action par la parole, ces droits de membre ainsi retenus par le président seraient le meilleur moyen pour lui d'exercer son inlluence sur l'assemblée. Aux Etats-Unis, où les débats du (longrès ne présentent pas un grand intérêt et ne reçoivent pas une grande publicité, où les décisions sont prises, bien plutôt qu'au grand jour des séances publiques, dans l'ombre et le secret des comités, l'action que le speaker peut ainsi exercer sur la Chambre, bien qu'elle soit réelle, est pourtant relativement secondaire. Elle est peu de chose en comparaison de l'action que lui confèrent ses prérogatives présidentielles et son rôle dans le système des comités. Elle aurait été d'ailleurs, à elle seule, insuffisante pour lui permettre de diriger la Chambre dans son travail législatif, comme ont pu le faire de cette façon certains présidents français (1). Aussi la pratique s'est-elle introduite de bonne heure que le speaker pouvait, dans la présidence des débats, s'inspirer de considérations de partis et se comporter en homme politique. Ici apparaît l'originalité et le caractère tout particulier de la présidence de la Chambre des Représentants.
(1) Notamment Ddpik sous la Monarchie de juillet (v. infra, Ille partie, ch. II, § 2, DE MoRNY sous le second Empire (v. supra, livre I, l^e partie, ch. i) et Gambetta sous la troisième République (v. infra, 111^ partie, ch. iv, §1).