‹ La présidence des assemblées politiquesChapitre 41 sur 60 · I.V PIIKSIDKNCK hKS ASSKMRLKKS luivOLUTlONNAlIlKS · texte numérisé non relu

I.V PIIKSIDKNCK hKS ASSKMRLKKS luivOLUTlONNAlIlKS

rail envoyé aii\ ÎM déparlemenls (1). Le 25 mai ITîKi, la Convention devait décider en outre que « ceux de ses membres qui se permettraient des injures, des qualifications de factieux les uns contre les autres seraient à l'instant chassés de l'assemblée » (2\ Elle allait avoir d'ailleurs des moyens plus radicaux de rétablir l'ordre et de se débarrasser de ceux de ses membres qui la gênaient en les envoyant à l'écliafaud.

Il est impossible de suivre l'histoire de la présidence en ces temps troublés. Elle se composerait d'une série de faits individuels, les uns à l'honneur de présidents courageux, les autres, au contraire, témoignant chez d'autres présidents d'une faiblesse égale à celle de l'institution. Le 24 avril J793, la foule envahit la Convention, ramenant en triomphe Marat qui venait d'être acquitté par le tribunal révolutionnaire ; quelques citoyens sont admis à la barre et demandent la permission de faire défiler le cortège dans l'assemblée. Lassource qui préside répond : « Citoyens, vous vous réjouissez de ce que la loi n'a pas trouvé de coupable ; c'est le sentiment de tout bon citoyen. Les représentants du peuple s'en réjouissent avec vous. Là Convention nationale va examiner la demande que vous lui faites de défiler dans son sein » (3). La faveur fut immédiatement accordée ; le cortège fit son entrée dans l'assemblée et le défilé dura plus d'une heure au milieu des cris et des vociférations. La faiblesse du président avait amené cette scène scandaleuse.

A côté de cela, d'autres présidents ont lait preuve à la Convention d'une fermeté digne d'être signalée. Le 27 mai 1793, le président Isnard se fait courageusement l'interprète de la Gironde qui refuse d'accorder aux représentants de la commune de Paris la mise en liberté d'Hébert, arrêté les jours

(1) V. Moniteur du 28 décembre 17P2, p. 1552. — Bdchez et Roux, op. cit., t. XXII, p. 77 et s.

(2) V. Moniteur du 26 mai 1793, p. 634.

(3) V. Moniteur du 25 avril 1793, p. 512.

précédents (1). Le '2 juin, le président Hérault de Séchelles essaie inutilement de protéger la Convention contre les canonniers d'Henriot, agent de la Commune, qui oblige l'assemblée à voter la mise en accusation de ses membres girondins. Enfin, l'attitude énergique de Boissy d'Anglas, à la journée du P' prairial an III, où les insurgés avaient envahi la Convention,devait avoir raison de l'émeute. Son salut respectueux, au moment où les insurgés lui présentaient au bout d'une pique la tète de Féraud, qui venait d'être assassiné, est resté célèbre dans l'histoire de la Révolution ; mais Boissy d'Anglas n'eut pas seulement ce jour-là un beau geste ; son sangfroid sauva l'assemblée. La majorité effrayée avait fui et les Montagnards, restés maîtres de la séance, avaient voté sous la présidence d'un des leurs les mesures réclamées par le peuple. Un secrétaire les rédigea et les présenta à Boissy d'Anglas qui refusa de les signer. Pendant ce temps, des troupes de renfort arrivèrent, la salle fut évacuée et la majorité, de nouveau réunie, annula tout ce qui avait été fait en son absence (2).

La présidence des assemblées devait conserver sous le Directoire le caractère qu'elle avait eu pendant les autres périodes delà Révolution. Bien que la Constitution du 5 fructidor an III eut appliqué strictement le principe de la séparation des pouvoirs et que les deux assemblées représentatives, Conseil des cinq-cents et Conseil des anciens, fussent contenues dans leur fonctio'^ législative, les débats continuaient à y être passionnés et le ton des discussions très animé (3). Une présidence énergique aurait été nécessaire pour y ramener le

(1; V. Moniteur du 28 mai 1793, p. 644.

(2) V. EoGKKB PiEiiuE, Histoire des Assemblées politiques^ t. l, p. 182.

(3) V. UH liAUAKTB, Histoire du Directoire, t. 1, passirti.

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calme et y maintenir l'ordre. Mais le règlement imposé par la Convention aux deux Conseils avait conservé l'organisation de la présidence que les précédentes assemblées avaient connue. La seule modification qui y avait été apportée était dans la durée des fonctions (pii était non plusde (juinze jours mais d'un mois. Ce nouveau délai était loin d'être sufiîsant pour permettre au président d'acquérir de l'autorité sur l'assemblée et la présidence continua, sous le Directoire, à être aussi eiïacée que sous les assemblées antérieures. A deux périodes seulement de l'Iiistoire du Directoire, elle appelle l'attention sur elle, en l'an Y, lorsque la majorité du conseil des cinq-cents redevenue royaliste porta à sa tête Pichegru, ancien agent des princes exilés, dont l'élection décida le Directoire au coup d'Etal du lî] fructidor (1) ; aux 18 et 19 brumaire an VllI, où la présence de Lucien Bonaparte au fauteuil présidentiel des cinq-cents et sa complicité avec son frère, le général Bonaparte, devait permettre la perpétration du coup d'Etat et la dispersion des deux Conseils (2).

(1) V. DE Barawte, op. cit., t. II, p. 218.

(2) V. EcG. Pierre, op. cit , t. I. p. 254 et s.

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