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mauvaise (|ucrelle à l'un des ministres deTliiers, Jules Simon, (jui, dans un discours prononcé le 19 avril, avait attribué au président de la Républi(jue le mérite de la libération du territoire. M. BufTet, alVectant de voir dans ces paroles uneoiîense à l'Assemblée nationale, avait manifesté une susceptibilité alarmée et déclaré ((u'il convoquerait les députés si réparation n'était pas accordée à l'assemblée. 11 fallut pour l'apaiser que M. de Goulard,qui,dansle ministère,représentait la droite vint désavouer formellement son collègue Jules Simon (1). Un mois après, le 24 mai J873, Thiers, désavoué par l'assemblée pour avoir déposé un projet de constitution républicaine et mis en minorité après des débats qui durèrent deux jours, devait se retirer. Il avait manifesté son intention de répondre lui-même aux interpellateurs, conformément à la loi du 13 mars 1873 qui réglementait en le restreignant son droit de prendre part aux discussions. Le matin du 24 mai, il avait défendu avec ardeur sa politique et sa conduite. A midi la séance avait été levée et la seconde séance avait été fixée à 2 heures de l'après-midi en dehors de la présence du président de la République. Thiers avait néanmoins annoncé au président de l'Assemblée nationale son intention d'y assister. Mais M. Buffet lui avait répondu que sa présence était interdite par la loi, ce qui était exact : « Et si je me rends dans la tribune présidentielle, avait répliqué Thiers, que ferez-vous '( » — « Je ferai immédiatement évacuer cette tribune et toutes les autres, s'il le faut »> avait répondu froidement M. Buiïet (2). Thiers était condamné par l'assemblée dont le mot du président ne faisait qu'interpréter la pensée (3).
(1) V. sur cet incident Zevort, Histoire de la 3^ République, I, p. 331.
(2) Hanotadx, op. cit., t. l, p. 611.
(3) V. Dk MARcÈnB, V Assemblée nationale d-^ 1871 , t. I,p. 319. « L'affaire, dit M. de Marcère, fut menée adinirabltment par le duc de Broglie et surtout par M. Buffet. M. Buffet, en sa qualité de président, avait la direction des débals II les meoa avec une sûreté, avec une vigueur de main ne laissant place à aucune surprise ni à aucun répit. »
A la seconde séance du 24 mai. Tordre du jour qu'il avait repoussé était voté à 14 voix de majorité et ce vote devait provoquer la démission immédiate du président de la République. Dès lors, l'assemblée s'engage dans la voie de la restauration monarchique, sous la direction de M. Buffet qui l'appelait de ses vœux, comme la Législative de 1849, sous la présidence de Dupin, s'était engagée dans la voie de la réaction conservatrice. En attendant les événements, l'Assemblée nationale s'était prorogée pendant trois mois, d'août à novembre 1873, et cette prorogation devait être marquée par l'union des deux branches du parti monarchique suivant celle des prétendants. L'échec de la tentative de restauration devait décourager la majorité de l'assemblée qui, après le vote du septennat, se mit lentement à la préparation des lois constitutionnelles. Dans cette nouvelle phase de l'Assemblée nationale, M. Buffet représente bien l'état d'esprit de la majorité, préparant sans enthousiasme et sans hâte des institutions républicaines et mal résignée encore à les accepter. Au mois de mai 1874, la présidence du Conseil des ministres lui fut offerte parle maréchal de Mac-Mahon. Il la refusa pour ne pas laisser libre la présidence de l'Assemblée nationale à laquelle on craignait de voir porter M. Dufaure par une coalition de l'extrême droite et des gauches. Dans les premiers mois de l'année 1875, M. Buffet préside aux discussions et au vote de nos deux premières lois constitutionnelles (1) et, le 10 mars 1875, devenait
(1) Il faut reconnaître que, dans celle circonstance, M. Buffet sut faire, dans l'intérêt de l'ordre, abnégation de ses propres préférences. Lors de la discussion de l'amendement Wallon qui reconnaissait implicitement la République, la question se posa de savoir si cet amendement, qui n'était que la reproduction d'un amendement analogue repoussé deux jours auparavant, pouvait être mis aux voix. M. Buffet, comme président, aurait pu se retrancher derrière le règlement pour l'écarter de prime abord, comme il en avait d'ailleurs été sollicité. 11 n'eut pas le courage de le faire et mit lui-môme aux voix l'amendement qui fut adopté par 353 voix contre 352. V. de Maucèkb, op. cit., II, p. 103.
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enfin président du (lonscil des ministres. Le i" juin 1875, le duc d'AudillVet-Pasquier, élu par les gauches, le remplaçait à la présidence de l'Assemblée nationale. Leduc d'Audiirret- Pasquier devait présider les dernières séances de l'Asseml)lée (l)et, le 8 mars 1070, remettait solennellement aux deux (Ihamhres et au gouvernement, au nom de l'Assemblée nationale, les pouvoirs souverains que la nation lui avait donnés. On devait bientôt le revoir à la présidence du Sénat.
(1) La dernière séance eut lieu le 31 décembre 1875. Le duc d'Audiffretl^asquier y prononça un discours qui aurait été parfait s'il n'y avait omis le nom de M Thiers. Le duc avait fait partie de la coalition de mai 1873 qui avait amené la chute de Thiers.