‹ La présidence des assemblées politiquesChapitre 54 sur 60 · LA PIIKSIDENCK DES ASSEMBLEES ALLEMANDES · texte numérisé non relu

LA PIIKSIDENCK DES ASSEMBLEES ALLEMANDES

au scrutin pour la duréo crimo session parlementaire (1). Au comniencenienl d'une nouvelle législature toutefois, le président et le bureau sont élus seulement pour quatre semaines en attendant la vérilicalion des pouvoirs. Une nouvelle nomination a lieu ensuite pour le reste de la session (2). En fait il'ailleurs les présidents du Keichstag qui ont réussi dans leur l'onction la conservent longtemps. Or, depuis 1871, le Reiclistag a connu des présidents distingués : « MM. Simson et de Forckenbeck, a dit de deux d'entre eux M. Reynaert (3), ont réalisé de bien près ce type élevé, exquis, délicat du président universellement obéi et respecté quoique sorti d'un parti politique déterminé. Armés de pénalités illusoires auxquelles ils n'ont recouru qu'avec la plus entière discrétion, c'est bien plutôt par leur prestige personnel et lautorilé de leur parole, tantôt élevée et tantôt sévère, mais toujours grave, digne et é({uitable qu'ds ont réussi à faire constamment prévaloir l'ordre et les convenances dans une assemblée de 400 membres nullement exempte d'émotions violentes. Aussi telle était l'auréole d'impartialité rayonnant autour de ces hommes distingués qu'à chaque session nouvelle ils étaient unanimement acclamés comme présidents en quekjue sorte traditionnels... » — « Le siège présidentiel de la haute assemblée, ajoutait-il, est aujourd'hui occupé par M. de Levetzow qui, depuis plusieurs années, s'acquitte de cette charge avec autant de tact que de sens et de fermeté, à la satisfaction des divers groupes toujours d'accord à l'ouverture des sessions à renouveler son mandat... » Après la longue présidence de M. de Levetzow, le Keichstag a été dirigé par le comte de Balles-

(1) Au premier tour de scrutin la majorité absolue est nécessaire pour qu'il y ait élection. Si elle n'est pas obtenue, il est procédé à un second tour entre seulement les 5 candidats les plus favorisés ; puis à un 3^ tour entre les 2 candidats les plus favorisés. Y. Moreau et Delpecu, op. cit., I,

(2) V. Moreau et Dblpech, op. cit., I, p. 20.

(3) Reyhaert, op. cit., I, p. 163.

trem, député du centre catholique, qui hier encore était à sa tête. Mais, après les élections de 1907 qui ont donné aux conservateurs et au parti de l'Empire la majorité réclamée par le chancelier de Biilow, le comte Stolberg-Wernigerode, conservateur, a été élu président du Reichstag par 214 voix contre 160 à M. Spahn, un des leaders du centre, en dépit de la tradition qui accorde la présidence au groupe le plus nombreux de la Chambre. La présidence du Reichstag n'est donc pas indépendante des questions de partis et à l'abri des vicissitudes de la politique. Mais les hommes qui y sont portés tiennent cependant à honneur d'exercer leurs fonctions avec la plus stricte impartialité (1).

C'est môme cette impartialité qui permet de leur maintenir les prérogatives importantes qu'ils possèdent dans la présidence des débats et la direction des travaux de l'assemblée. L'ordre de parole ne dépend pas, en effet, au Reichstag de l'inscription sur une liste officielle, ni môme des demandes formulées en séance par les députés. 11 est déterminé souverainement par le président, qui, en théorie, n'est tenu par aucune règle et qui possède ainsi dans la conduite de la discussion un pouvoir discrétionnaire. En fait, pourtant, les membres influents des partis désignent aux présidents les membres qui doivent prendre la parole en leur nom et le président leur accorde la parole, en tenant compte du sens des discours, de manière à ce qu'il soit entendu alternativement un orateur pour et un orateur contre le projet en discussion (2). Ces pratiques ont pour résultat de restreindre la discussion aux membres les plus influents de l'assemblée, car il est très difficile aux membres nouveaux

(1) V. Pachnicke, membre du Reichstap;, Organisation du travail dans le Reichstag allemand, Revue 'politique et parlementaire, 1895, t. HT,

(2) V. Pachwicke, op. cit., Herue politique et parlementaire, 1895, t. III, p. 68.

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