‹ La présidence des assemblées politiquesChapitre 6 sur 60 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

il avait tous les dons. Mais aussi la consécration de ses adversaires politiques donna d'emblée à sa présidence une autorité incomparable ; elle le rapprocha autant que possible, étant donné nos mœurs, du speaker de la Chambre des Communes.

Quelques années plus tard, en 1885, Charles Floquet fut élu président de la Chambre par près de deux cents voix de droite en même temps que par rextrême-gauche, (à quatre voix de majorité, contre M. Fallières). Sa présidence a laissé des souvenirs durables, et le concours de l'opposition, qui contribua à Télever et à le maintenir au fauteuil, fut pour lui aussi un élément de succès. Il lui advint ce qui arrive en Angleterre, lorsqu'un speaker libéral est élu par les conservateurs, et réciproquement.

Je n'entends pas dire par là qu'un président élu par ses seuls partisans ne puisse montrer autant de tact et atteindre au même degré d'équité ; mais il est évidemment plus facile à un président de se montrer ferme à Tégard d'adversaires qui ont d'avance reconnu son autorité : mieux armé pour les tenir en respect, il est aussi plus fortement tenu de les respecter et de leur assurer la plénitude de leurs droits.

Voit-on, en effet, un président comptant des adversaires parmi ceux qui l'ont élu se permettre contre eux la moindre incorrection, la moindre manœuvre douteuse, à plus forte raison une de ces apostrophes accablantes qui peuvent transporter d'aise les passions aveugles, mais qui, pour les âmes loyales, sont des scandales? 11 ne serait pas réélu: c'est la meilleure des garanties Sans doute, Fimpartialité est toujours, au fauteuil, une nécessité de situation; elle devrait toujours être un besoin irrésistible de conscience; mais, en pareil cas, elle devient une nécessité de vie, et Ton peut appliquer alors

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