PREFACE XV
au président ce qu'on disait tout à l'Iieure du speaker: « Il n'a même pas le pouvoir d'être i)arlial. »
On a reproché à iM. Ilipert de s'être montré un peu sévère pour la présidence de Gambetta et d'avoir trop facilement accueilli les critiques de ses ennemis. 11 en est, parmi eux, qui ont rendu justice à sa courtoisie et à. sa bienveillance. La vérité est que, au moment où Gambetta fut élu président de la Chambre, il était reconnu pour chef par tout le parti républicain, et sa vraie place eût été au banc des ministres, l^t, en effet, le grand tribun descendit plusieurs fois du fauteuil pour reparaître à la tribune et essayer, en des circonstances décisives, de diriger le parti. A ce moment, la rivalité entre Grévy et Gambetta faussa tout. Les républicains n'avaient porté Gambetta au fauteuil qu'afin de le désigner pour le pouvoir.
Or, faire d'une élection à la présidence d'une assemblée une indication pour la présidence du Conseil, c'est là une pratique à laquelle on a pu recourir dans les premiers temps d'un régime, alors que les règles en étaient encore assez vagues ; mais en temps normal, — et j'aurais désiré, je l'avoue, que M. Ripert fût, sur ce point, plus catégorique, — c'est une pratique inadmissible, puisqu'elle rend la situation du ministère difficile et fausse en faisant escompter son héritage et en le mettant à la merci de son successeur. L'influence que possède celui qui préside une assemblée sur ceux qui en dépendent est déjà assez grande, pour qu'il ne soit pas incité par l'appât du pouvoir à l'exercer aux dépens de ceux qui gouvernent.
D'ailleurs, les qualités et les vertus nécessaires à un président ne sont point du tout celles d'un premier ministre. Elles sont môme souvent le contraire. L'impétuosité, la fougue