‹ La présidence des assemblées politiquesChapitre 9 sur 60 · XVIII PREFACE · texte numérisé non relu

XVIII PREFACE

missant à mesure que les institutions libres (gagneront en force et en régularité. Le fauteuil ne saurait être pris pour une tribune plus haute, d'où un chef de parti, se substituant au gouvernement, lance tantôt des mots d'ordre à la majorité, tantôt des apostrophes à la minorité, tantôt des ripostes à des manifestations extérieures. De pareils écarts peuvent provoquer les applaudissements de ceux dont il flatte les passions ; mais, si un président descend dans l'arène, il fait en même temps descendre l'assemblée et le régime parlementaire.

Le gouvernement parlementaire est le meilleur des gouvernements, à la condition qu'on en observe les règles essentielles : or, une de ces règles, c'est la présidence hors des partis. Une présidence de parti peut être une institution de régime représentatif, non de régime parlementaire. Là où les ministres relèvent du chef d'Etat seul et n'entrent pas dans le Parlement, une présidence de parti peut être un « mal nécessaire » ; là où un ministère est responsable devant les Chambres, une présidence de parti fausse tout, l'assemblée, le gouvernement et l'essence même de la liberté politique.

L'impartialité des présidents sera de plus en plus un des signes auxquels on reconnaîtra le degré d'avancement des mœurs publiques : je ne dis pas seulement cette impartialité verbale, cette impartialité de geste et d'attitude qui consiste à défendre la liberté des orateurs, — (cela est en quelque sorte la partie purement matérielle et mécanique de la fonction), — mais cette impartialité supérieure qui naît d'une âme assez ouverte pour entrer dans celle d'autrui, pour saisir jusque dans Terreur la. part de vérité et l'intention noble, pour sentir eniin ce que les conceptions humaines les plus contradictoires peuvent olfrir à la "fois de faillible et de généreux.

i'ius une nation sera éclairée, plus la liberté y sera foite^

IMUJACR XIX

et plus ses reprcsenlanls p narreront aux liommos qui ne voient dans l'exercice de la ina^istiature présidenlielle qu'un moyen de servir leurs propres idées, le modèle que l'auteur de ce livre a rencontré au cours de ses belles études, a ce type élevé, exquis, délicat du président universelhunent obéi et respecté)), parce qu'il l'ait abstraction de sa personne, inspirant confiance à tous les partis parce qu'il ne connaît (jue leurs droits, et qui, pour servir la patrie, ne voit que la justice.

Paul Desciiajsel.

Page 1