‹ La Presqu'île du SinaiChapitre 108 sur 151 · Barbier de Meynard, Maçoudi ete., IV, p · texte numérisé non relu

Barbier de Meynard, Maçoudi ete., IV, p

5. U.J. Seetzen, dans Monatliche Correspondenz de von Zach (Gotha), XIX (1809), p. 334-335 (dans Ophir), XX (1809), p. 236-240 (dans Fortselzung der Nachrichten von orientalischen Reisebeschreibungen etce.), p. 305-307 (dans Beiträge zur Kenntniss von Arabien).

récit dans les relations de ses voyages de sept années !. En 1116, on entend une fois parler du Sinai, du côté européen, à propos du roi Baudouin II de Jerusalem, qui songeait à se rendre à Sainte- Catherine mais en fut dissuadé par les moines ; nous avons mentionné et discuté plus haut cet épisode (chap. v, paragraphe V). Vers le milieu du xu° siècle le district de Tour, dont il est question chez de nombreux géographes arabes à côté du district de Kolzoum et du district d'Aila, donne lieu à une observation curieuse d'Ousâma ibn Mounkidh ?, que nous avons citée plus haut (chap. 111, paragraphe I).

L'année 1153 eut celle du Vouzhat el moushtak d’Al-Idrisi, rédigé pour Roger II de Sicile. Ce grand ouvrage est principalement connu par l'important ms. de Paris (fonds arabe, n° 2221) dont Goeje, en dernier lieu, a publié le texte, mais dont les 68 cartes sont encore entièrement inédites. Les passages qui nous intéressent ? et que nous avons utilisés aux endroits plusieurs fois cités déjà des précédents chapitres, ont trait principalement à la description de la côte occidentale de la péninsule et de la route directe qui joint les extrémités des deux golfes ; le Gebel Et Tour est également nommé, et pour la première fois dans la littérature arabe, nous voyons paraïître une description sommaire de la montagne et de ses lieux sacrés. De curieux détails sont relatifs au G. Hammam Faraoun, déjà connu d'Istachri, mais décrit ici comme s’avançant en promontoire dans la mer et enfermant le golfe de Faran, avec une ville de Faran qui est en réalité, comme on sait,le Taran de la géographie correcte, le bourg

1. Ch. Schefer, Sefer nameh. Relation du voyage de Nassiri Khosrau en Syrie , en Palestine, en Egypte, en Arabie et en Perse, pendant les années de l'hégire 437-444 (1045-1052) ; dans Publ. de l'Ec. des Langues Orient. Vivantes, Ile série, vol. I, 1881. Voir pp. 122-123, 163, 468-169, 177-179.

2. Aulobiographie d'Ousäma, publ. par H. Derenbourg, pp. 10, 59; et H. Derenbourg, Ousäma ibn Mounkidh, un émir syrien au premier siècle des croisades (1095-1188), I (1889), p. 208-209.

3. Traduction intégrale du lexte d'Edrisi par P. Amédée Jaubert, Géographie d'Edrisi, Paris, 1836 (très insuffisante) ; v. surtout t. I, p. 328-333, pour la route d'Egypte en Arabie et la description de la côte occidentale de la péninsule, qui est donnée deux fois, en termes sensiblement différents, p. 329 el p. 332, La mauvaise traduction de Jaubert est heureusement cor. rigée, en ce qui nous intéresse, par celles de R. Dozy et M. J. de Goecje, Description de l'Afrique et de l'Espagne par Edrisi, Leyde, 1866, p.194-196 (= Jaubert 1, p. 328-329), et de Gildemeister dans ZDPV, NII (1885), P- 117-120 (— Jaubert I, p. 330-332).

de l’oasis de Gharandel. La carte où cette région est réprésentée est celle du f° 131 du ms., et l'on y voit se dresser, parallèlement à la côte et immédiatement au delà du promontoire, le Gebel Et Tour. Cette carte, qui est du xim° siècle comme le reste du ms., est probablement identique à celle du ms. primitif; elle continue à n'avoir aueune idée de la division terminale de la mer Rouge en deux golfes, bien que le texte connaisse le

Ras Abou Mohamed, « pointe de l'Akaba Aila » ; signalé déjà, à propos d'Istachri, la singularité de cette maladresse purement graphique où ne tombaient point les cartographes à l’époque de la table de Peutinger, et qui ne sera corrigée, en ce qui eoncerne la péninsule sinaïtique, qu'en Europe au xIv° siècle.

nous avons

En 1160 passe dans la péninsule un des rares voyageurs juifs qui eurent la curiosité de voir le Sinai, le célèbre Benjamin de Tudèle !, qui paraît avoir traversé le désert depuis la frontière égyptienne à El Arish, sur la Méditerranée, jusqu'à Aiïla, où il pense être à Ælim. De là, dit-il, on va en deux jours à Raphidim, dont la seule population est arabe : on est évidemment à Feiran, et Benjamin retombe ici, comme on voit, dans la tradition générale dont il s'écartait inconsciemment en identifiant Ælim avec Aila. De ce Raphidim il y a une journée de marche encore jusqu'au Sinai, dont la montagne s'appelle Thour Sina; sur son sommet se trouve un couvent de moines syriens, et à la base une grande forteresse. Les habitants sont sous la domination égyptienne; la montagne est à cinq jours de marche de l'Égypte, et à un jour seulement de la mer Rouge.

Ibn Djobaïr, qui fit en 1183 le pèlerinage d'Égypte à La Mecque par Kous. la route du désert de Kous à Aïdhab et la mer Rouge, déplore de n'avoir pu éviter Aïdhab en prenant la route meilleure par Agabat el Ailah ; on a pendant ce court voyage, dit-il, « la mer à sa droite et le vénéré Gebel Tour à sa gauche ; seulement les Chrétiens possèdent, non loin de la route, un fort qui commande le passage. » Auparavant déjà l'auteur nous a

1. Voyage de Rabbi Benjamin de Tudèle,éd.Baratier, 1734; Voyage du célèbre Benjamin au Tour du Monde etc., col. 63, dans Pierre Bergeron, Voyages faits principalement en Asie ete., 1735, &. 1. — Le Massaot de Benjamin de Tudèle est bien édité par A. Asher, texte et trad. anglaise, 1840, 2 vol.

raconté, en termes à vrai dire assez confus, l’histoire de Renaud de Châtillon, de son entreprise sur la mer Rouge et de sa défaite finale par les Égyptiens !.

Quelques mentions du Tour Sina, montagne de Moïse, avec de singuliers malentendus, dans'les écrits d'Aboul Hassan Aly ibn Ali Bekr el Herewy, à la fin du xn° siècle ?. Beaucoup plus précieuses sont, un peu plus tard ,les notes d'Abou Sâlih l'Arménien, qui nous renseigne sur l'Égypte et lamer Rouge en général, Aila, Kolzoum où il connaît les fondations de Justinien par Eutychius, et l’ancien canal du Nil à la mer Rouge, recreusé par Amrou, dont il parle, d'après Said ibn Batrik, en termes beaucoup plus précis que Maçondi

On remarque l'extrême pauvreté de la documentation oceidentale sur la péninsule sinaïtique, au x1° et au xu° siècles ; la mention du Sinaisur quelques planisphères, les notes relatives à Bononius et à Symeon le Sinaite en 1026 et 1027, à Baudouin IT en 1116, la courte relation de Benjamin de Tudèle en 1160, voilà tout ce qu'on possède du côté européen pour cette époque. À la fin du xu° siècle on rencontre bien encore d’autres cartes, fournies par des mss. de Beatus, le ms. de Paris lat. 1366 #, le ms. de Paris lat. 2290 °, le ms. de Burgos de Osma 5, dontil faut rapprocher la Cottoniana du Br. Museum ?, mais de ces grossiers planisphères celui de Paris lat. 2290 est le seul où mer Rouge et

1. Se reporter, pour ce qui concerne cette histoire, à ce qui est dit plus haut, chap. ur, parag. II. — Pour les passages en question d'Ibn Djobaïr : Ch. Schefer, Sefer nameh etc. (v. plus haut), p. 297 (aux appendices), et Celestino Schiaparelli, Ibn Gubayr, Viaggio in Ispagna, Ne Siria e Palines , Rome, 1906, pp. 29-30 (l'histoire de Renaud),

. Des estuaile du livre d’Aly el Herewy : Indications Res pour objet ne connaissance des lieux de pèlerinage, sont publiés en traduction par Ch. Schefer, Description des lieux saints de la Galilée, de la Palestine et de la côte de SUR dans Archives de l'Orient Latin, 1 (4881), p. 587-609 (v. p. 595- 596).

3. L'ouvrage arabe du chrétien Abou Sàlih, Histoire des églises et monaslères d'Égypte, composé dans les premières années du x siècle, est publié et traduit d'après le ms. de Paris par B. T, A. Evetts, The Churches and Monasteries of Egyptand some Neighbhouring Countries, attributed to Abü Sälih, the Armenian, dans Anecdota Oxoniensia, Oxford, 1895. Voir, dans ce volume, pp 38, 60-61, 70-71, 88, 167, 171-173.

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