‹ La Presqu'île du SinaiChapitre 13 sur 151 · Cf. Barron, loc. cit., pp · texte numérisé non relu

Cf. Barron, loc. cit., pp

l Magharah

Cartes

Ééhelle de V2aam

Con dufsh F2 4 2

giques théoriques pour l'observation des assises grèseuses sur le granite et, un peu plus loin, le réengloutissement dugranite sous les grès par la faille n° 3, qui agit sur le terrain en sens inverse ou symétrique de celui de la faille précédente.

Cette faille 3 (coupe æyzuv) est distante de 700 m. de celle de Oumm Themaïm : telle est la largeur de cette première zone d'apparition, à Magharah, du granite du O. Baba et du G. Asmar. La ligne de rupture coupe le O. Sidreh en un point où la vallée se replie, encore une fois, au sud-est, et à partir de là, on se retrouve en plein grès dévonien, dont les escarpements restent d'ailleurs,;aussi abrupts que ceux du granite lui-même. Entre les failles 4 et 3, on a donc un horst de 700 m. de largeur, et la faille 3 doit être considérée comme à rejet compensateur par rapport au système, en gradins vers le golfe de Suez, dont font parte 5 et 4; nous allons voirquela faille 2, à 1.000 m. dedistance de 3, accentue encore la redescente compensatrice du terrain, si bien qu'à partir de 3, on descend par gradins, vers l’est, dans une zone d’effondrement où ne se manifeste aucune remontée avant l'énorme faille 1 dont le bond vertical de 600 m. limite, au nord-est, le bassin du Sidreh et le district de Magharah.

Ayant encore tourné sur lui-même dans ses rives de grès, à 500 m. en amont de la faille 3, le O. Sidreh voit s'ouvrir dans son flanc nord une gorge de faible largeur mais en pente douce : le O. Magharah, « vallée des Cavernes », qui conduit aux mines de turquoises exploitées dans l'antiquité et reprises de nos jours. Elle monte droit au nord, l'espace de 600 à 700 m., puis se bifurque, la branche la plus étroite continuant vers le nord sous le nom de O. Genaieh, tandis que la branche principale ou 0. Geneh prend la direction du nord-est. La configuration des flancs de ces vallées diffère beaucoup d’un point à l'autre. Tandis que le flanc occidental du Genaieh est une haute muraille grèseuse, abrupte et sans solutions de continuité, il lui est fait vis-à-vis par une chaîne de pitons grèseux de stratification concordante avec les pentes occidentales, mais plus ou moins isolés par la dénudation, reliés entre eux seulement à la base et d’importance décroissante à mesure qu'on s'élève vers le nord. Du côté oriental, leur alignement domine une région basse qui finit nettement à un sillon rectiligne creusé à leur pied, et dans laquelle débouche directement, d'autre part, le O. Geneh, à l’amont d'un

défilé de 400 m. entre de hautes murailles. Au sud du O. Geneh se prolonge le sillon de démarcation de la zone élevée, à l’ouest, et de la zone basse à l'est; le O. Sidreh, à 700 ou 800 m. en amont du confluent de Magharah, débouche lui aussi dans cette zone basse, et l’on remarque l'espèce d’ilot montagneux découpé, à l’ouest du sillon de démarcation, par le défilé du Geneh, le O. Magharah et le défilé de Sidreh : c'est le G. Zafarani, la « montagne jaune ». Comparables au G. Zafarani par leur configuration topographique sont les deux mamelons qu'on rencontre successivement, vers le nord, au delà du O. Geneh, celui de la forteresse de Magharah et le petit mamelon non dénommé que découpe, au nord, le O. Genaieh à l'endroit où cette dernière vallée débouche en amont, elle aussi, dans la zone basse.

On se rend compte au premier coup d'œil que le sillon de la base orientale du G. Zafarani et des mamelons au nord se prolonge fort loin en ligne droite de part et d'autre de ce groupe de hauteurs. Au nord, il est marqué par la plus occidentale des deux branches du O. Genaieh, qui suit le pied du grand escarpement grèseux de l’ouest ; au sud, ilest occupé par le cours même du Sidreh, qui se replie doucement, vers l’amont, de manière à prendre une direction parallèle à celle des failles. II n’est pas difficile, maintenant, de voir que ce long sillon parallèle aux failles déjà rencontrées marque lui-même l'emplacement d’une faille importante avec chute à l'est : la montagne au sud du O. Sidreh, le G. Zafarani, les mamelons du groupe de la forteresse et le grand escarpement du flanc ouest du Genaieh, tout cela en effet est formé, à la base, de grès dévonien rouge sombre qui constitue partout le terme inférieur des séries grèseuses sinaïtiques, tandis qu'à l'est de la ligne, dans la zone basse, on foule le grès jaunâtre qui se place au-dessus du premier. Cette faille est le n° 2 de notre nomenclature. A l’est, dans la région de la lèvre abaissée, nous sommes au point le plus bas, géologiquement parlant, de la zone d’effondrement dont le horst à l’est du O. Oumm Themaïm (entre failles 4 et 3) constitue la crête occidentale, et vers laquelle la faille 3 commence déjà à abaisser les couches.

La zone effondrée proprement dite, en avant de la faille 2, a une largeur voisine de 2 kilomètres. La berge opposée se dessine de

loin. Lorsqu'’en effet, venant de l’ouest, on débouche dans la zone basse à l’est de la faille 2 par le O. Geneh ou le O. Sidreh, on aperçoit, fermant l'horizon en avant d'un bout à l'autre, un gigantesque escarpement dont la hauteur entière est faite de granite rouge et que nous nommerons escarpement du Tartir ed Dhami, du nom du point culminant de la crête qui domine la plaine du Geneh ; lorsque nous toucherons sa base, nous verrons que le granite de cette falaiseest en contact, le long d’une ligne de rupture presque droite sur plusieurs lieues de développement, avec le grès Jaunâtre du O. Geneh, dont nous chercherons à évaluer l'abaissement relatif à cette place. Cette faille de dénivellation considérable (n° 1 de notre nomenclature) a pour effet, malgré la cote géologique très basse de sa lèvre occidentale, de porter la crête granitique à une altitude supérieure à celle des montagnes calcaires d’Abou Alagha, à l’ouest de la faille 3.

Revenons d'abord, pour l'étudier en détail, à la berge occidentale de la zone effondrée, lèvre surélevée de la faille 2. Au nord, la branche occidentale du O. Genaieh suit la faille, au pied d'une abrupte muraille grèseuse de 200 m. de hauteur. Plus bas, très singulièrement, la vallée abandonne la faille et taille son lit en pleine lèvre surélevée, dans les grès dont les tables horizontales concordent rigoureusement d’un bord à l’autre ; plus singulièrement encore le O. Geneh, qui draine les eaux d'une grande partie de la zone basse, au lieu de s’écouler par la faille, attaque de front la lèvre surélevée et s'y creuse un déversoir étroit et abrupt : entre Geneh, Genaieh et faille se dresse, au confluent, le mamelon triangulaire de la forteresse, haut d'une soixantaine de mètres. La localité de Magharah comprend essentiellement le lit et les flancs du Genaieh à hauteur de ce mamelon. Nous parlerons, aux chapitres suivants, des établissements antiques de l'aire supérieure de la forteresse et des mines qui s'ouvrent, en face, dans le flanc occidental de la vallée ; contentons-nous de noter ici que ces mines jalonnent, à 50 m. au-dessus du fond du ravin, la ligne horizontale d’affleurement des grès à turquoises, dont les couches sont immédiatement voisines, comme ailleurs, d’autres lits renfermant des minerais métalliques. L'ensemble de ces couches minces s'intercale, comme nous savons, entre le grès dévonien rouge sombre et le grès crétacé inférieur Jaunâtre; manque

d’ailleurs à Magharah, à ce niveau, le calcaire carbonifère du O. Nasb qu'on rencontre dans le district du nord, du Sarbout ed Djemel au Sarbout el Khadim, dans la région Bouderah-Shellal et sur le versant oriental de la péninsule *.

Sous les couches ferreuses et à turquoises, le grès inférieur rouge sombre, visible sur 50 m. de hauteur, descend jusqu'à une profondeur qu'on n’a pas de moyen de connaître exactement. Quant aux grès jaunâtres, ils constituent toute la partie supérieure du vérsant de la vallée, où l'on voit que leur puissance est voisine de 150 m.; à 1.000 m. au nord-ouest de Maghärah, ils portent au sommet des lambeaux gris-noirâtres, restes du vaste épanchement basaltique qui s’est étendu sur le grès avant le moment des ruptures et que nous retrouverons, à une altitude très inférieure, sur les grès de la zone effondrée.

Rien de particulier à signaler lorsqu'on descend le val de Magharah jusqu'au O. Sidreh ; concordance parfaite des couches horizontales du flanc ouest de la vallée, du G. Zafarami et de la montagne au sud de Sidreh. Au sud de la pointe orientale du G. Zafarani, une bonne ligne d'exploration géologique dans les grès est fournieparla rainure profonde du 0. Madhba, qui monte au sud-ouest et à l'amont duquel on a la surprise de retrouver, au pied de l’imposante muraille dn G. Abou Alagha, la faille 3, dont la lèvre surélevée est assez dégagée par la dénudation pour laisser paraître, sur 20 m. de hauteur, le granite rouge (coupe mnop). Sur le granite s'étagent en succession complète le grès rouge, le grès jaunâtre et, jusqu'à l'altitude de 700 m., les calcaires.

Passons à la région basse, large de 2 kil., dont les berges sont constituées par l’escarpement grèseux de Magharah et l'escarpement granitique du Tartir ed Dhami. Le grès dévonien, ici, est enfoui sous le grès crétacé jaunâtre dont la puissance exacte, sous le sol du Geneh, est inconnue. Le contraste des deux grès en contact le long de la faille s'observe le mieux dans le sillon tracé à la base orientale du G. Zafarani et des mamelons au nord du O. Geneh; ceux de la lèvre abaissée présentent, en cet endroit, une inclinaison au nord-est de 15 ou 20°, qui s'adoucit

4. CF. ce qui est dit à ce sujet au paragraphe précédent. Pour la stratigraphie de Magharah, v. notre coupe æ+y3, et cf. surtout Bauerman, Loc, cit., p. 32, et Petrie, Researches, p. 35-36.

vite lorsqu'on s'approche du centre de la zone effondrée. Le O. Geneh, dont les nombreuses ramifications se déploient en éventail au pied de la falaise granitique, constitue l'axe topographique de cette région, dont nous décrirons au chapitre 1v ci-après la surface. Pour l'instant, nous avons seulement à observer que de part et d'autre du O. Geneh, l'aspect du terrain diffère considérablement par suite de la présence, au nord, d'une épaisse couche de basalte gris-noir qui forme, sur le grès, de hauts et vastes mamelons dont l'érosion a arrondi les contours, tandis qu'au sud de la vallée, les grès sont entièrement dépouillés de ce revêtement basaltique, bien que les hauteurs entre Geneh et Sidreh montent à une altitude à peine inférieure de 50 m. à celle de la montagne noire du nord. Tout se passe comme si le lit du Geneh était le lieu d’une faille transversale secondaire, perpendiculaire au faisceau général et partageant la zone d’effondrement en deux gradins, celui du sud étant le plus élevé. Toute la zone d’effondrement s’est d’ailleurs brisée, lors de sa descente, en dalles polygonales dont les contours précis seraient difficiles à déterminer mais qui se manifestent par les variations d'inclinaison des strates, relevées sur chaque bord par la résistance au glissement sur les lèvres hautes des failles. La région la plus basse paraît être celle où s’est conservée, sur une grande épaisseur, la nappe basaltique qui recouvrait primitivement la totalité des grès : elle dessine, sur la carte, une sorte de parallélogramme dans lequel les altitudes gagnent 450 à 470 m., et que limitent la branche orientale du O. Genaieh à l’ouest, le O. Geneh au sud et une branche importante du O. Geneh à l’est (voir la coupe); au sud-ouest, du côté qui regarde le mamelon de Magharah, les pentes grèseuses couronnées de basalte descendent nettement à un petit sillon rectiligne de direction déterminée par les horizontales des strates ; entre ce sillon et le pied des montagnes de grès rouge à l'ouest s'étend une sorte de plaine grèseuse déchiquetée, de parcours difficile, un fossé de 200 m. de large entre les mamelons de Magharah et la grande montagne noire.

Le basalte ne s'approche du pied de la falaise granitique qu'en un seul point, au col de cote 430, au pied de la muraille. Au sud de ce point, dans le grand cirque des branches d'amont du 0. Geneh, très creusé par l'érosion, le revêtement basaltique a été

emporté totalement. Il se retrouve, par contre, dans la direction du nord, où d’autres hauteurs basaltiques, passé le O. Genaieh, remplissent de bord en bord la zone effondrée Jusque loin au delà des limites de notre carte.

Dans le triangle entre les deux branches du O. Genaieh, démolition érosive très avancée, zone basse ravinée, impraticable.

Les témoins basaltiques qui couronnent la longue crête grèseuse de l'ouest du O. Genaieh, à la cote 500, fournissent un moyen d'évaluer l'amplitude de la descente des couches à l’est de la faille, mais seulement approximativement à cause de la distance où l’on retrouve le basalte et de l'inchinaison variable des strates dans la zone descendue. Il semble, cependant (v. la coupe), qu'au fond de la cuvette géologique marquée par la montagne basaltique au nord du O. Geneh, on soit à 150 m. en contre-bas des terrains de la lèvre occidentale de Magharah f.

Au sud du O. Geneh, nous l'avons dit, le terrain semble être descendu beaucoup moins, la crête grèseuse la plus haute s’élevant à 400 ou 420 m. et se soudant, à l'ouest, sur la faille, à mi-hauteur des pentes du G. Zafarani en donnant lieu à un petit col d'accès assez abrupt sur les deux versants. Rien ne subsiste, la, du manteau primitif de basalte, mais il est certain qu'il s’est également étendu de ce côté, d'autant plus qu'on y rencontre, dans les ramifications hautes des vallons du versant du Geneh, à 500 ou 600 m. du pied de Ia falaise granitique, une des cheminées par où l'épanchement est arrivé à la surface : une épaisse lame de basalte insérée, à leur inclinaison, entre deux lits de grès. Ce dyke à été également observé et bien interprété par Bauerman ?.

Il reste à dire un mot de la falaise de granite rouge, lèvre surélevée de la faille 1. Très escarpée, pour ainsi dire à pie par-

1. Pour déterminer l'amplitude des décrochements dans la zone grèseuse, l'observation du niveau de base de l’épanchement basaltique est un des meilleurs moyens dont on dispose, concurremment avec l'observation du niveau du calcaire carbonifère ou des grès métallifères au contact du dévonien et du crétacé inférieur, À Magharah, malheureusement, ce dernier mode d'observation n'est pas applicable, le niveau intermédiaire en question n'affleurant qu'une seule fois, sur la lèvre occidentale de la faille de Magharah; cela introduit une grande incertitude dans l'évaluation des déplacements verticaux.

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