‹ La Presqu'île du SinaiChapitre 14 sur 151 · Bauerman, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Bauerman, loc. cit., p

tout où une gorge abrupte ne l’entaille pas, cette muraille dresse sa crête à 300 m., en moyenne, au-dessus du plan grèseux en avant, 350 m. lorsqu'on prend cette mesure dans la conque profonde du O. Geneh !, Les couches sédimentaires qui surmontaient le granite ont disparu, l’aire granitique est fort entaillée elle-même, çà et la, par les agents de dénudation, mais on peut admettre qu'en général la hauteur primitive du granite est conservée, parce que le point culminant de la crête, le petit cône caractéristique du Tartir, est un témoin de grès dévonien très reconnaissable à distance, formé de grès sur les 20 m. de hauteur de sa pointe terminale. Lorsqu'on avance vers le nord, on constate de plus que les témoins de grès, sur le granite, se font de plus en plus importants et nombreux. Si dès lors on attribue, par hypothèse, 300 m. de puissance à l’ensemble des couches grèseuses au pied de la falaise, 150 m. pour le crétacé inférieur et 150 m. pour le dévonien, — chiffres faibles d'après les constatations que nous ferons au Sarbout el Khadim, — on verra sur la coupe que l'amplitude du décrochement est certainement supérieure à 600 m.?.

1. Bauerman attribue à l’escarpement (loc. cit., p. 32) 1.500 ou 2.000 pieds de hauteur. Petrie (Researches, p. 34-35) donne 2.000 pieds, soit 600 mètres, — 250 ou 300 m. de plus que la réalité, — et, considérant que le fond du val de Magharah est à 300 m.au-dessus du niveau de la mer et que le O. Geneh, du confluent de Magharah jusqu'au pied de la muraille de granite, gagne encore 150 m., arrive à assigner à la crête du Tartir la cote absolue 1.050 m. On croit comprendre que Petrie, sur la foi des cartes anciennes du Survey, a accepté pour la distance LE Magharah à la falaise granitique un chiffre beaucoup trop grand, 3 ou # kilom. au lieu de 2, ce qui a augmenté dans la même Droportion, pour un donné de visée en hauteur, la différence de cote correspondante. Mais si l’on se base sur les données planimétriques de notre carte et si l'on se sert, pour la vérification du nivellement, des excellentes photographies de Petrie, Researches, pp. 3%, 36, n°5 32, 34, 35, qui donnent la falaise granitique de différents points de l'étage des mines de Magharah et fournissent de bons éléments de hauteurs connues, on arrivera à des chiffres très voisins des nôtres.

2. Petrie dit seulement 1.500 pieds, soit #50 m.(loc. cit., p. 35), bien qu'il attribue à l’escarpement granitique une hauteur notablement supérieure (v. note précédente). Cela s'explique par les vues assez compliquées et, selon toute apparence, très fausses, que Petrie professe sur la morphogénie du district. Bien qu'il constate parfaitement que des témoins grèseux couronnent la falaise du Tartir, il croit (pp. 20, 34-35) que les grès de la région basse ont été déposés 5 sein d’une mer dont les flots baftiient ce grand escarpement granitique déjà surgi et baignaient, à 3 kilom. au large,

les récifs granitiques du O, Sidreh (horst entre failles 3 et 4 de notre

De CHAPITRE PREMIER

Tout ce qui précède est résumé, pour Magharah, dans les trois coupes qui accompagnent notre carte 3, à échelle uniforme pour les distances horizontales et les hauteurs: æyzur, à peu près perpendiculaire aux quatre failles et passant par le sommet du grand mamelon de Magharah et la cîme du Tartir, mnop par le G. Abou Alagha, le thalweg du O. Madhba et le flanc opposé du O. Sidreh, enfin grs par les crêtes grèseuses entre Sidreh et falaise granitique. Sur la coupe æ-v se passent de commentaires la descente du terrain au pied de cette falaise, le relèvement compensateur à deux degrés produit par la faille de Magharah et la faille suivante {n° 3), la petite crête géologique entre failles 3 et4, et la reprise de la grande descente vers la mer Rouge dont la faille de Oumm Themaïm (n° #) est le premier terme. Observons seulement encore que dans les limites du horst 3-4, le plan de contact du granite et du grès est à la cote approximative 330, tandis qu'au sommet du Tartir ce même plan est porté à 760: la compensation de la faille 1 par les failles 2 et 3 laisse subsister une dénivellation de 430 m., ce qui accuse, en admettant pour la chute de la faille 1 le minimum de 600 ou 650 m. auquel nous sommes arrivé un peu plus haut, une amplitude de 200 m., environ, pour le relèvement des failles 2 et 3. Résultat de précision incertaine, qui suppose l'horizontalité primitive de l'aire granitique qui reçut les dépôts grèseux, et ne tient pas compte, en outre, de l’inclinaison capricieuse des assises dans la cuvette entre failles 1 et 2. En fait, il semble d'après les coupes fournies par le O. Sidreh et le O. Madhba que la chute de la faille 3 est importante et atteint probablement 150 m. ; la faille de Magharah, au contraire, produit une dénivellation guère supérieure, sur la ligne de rupture, à 50 m., et si elle a permis aux agents atmosphériques de déblayer dans des proportions aussi

nomenclature). Cette notion est à rapprocher de l’idée anciennement émise par Fraas, qui ne pouvait croire que les grandioses massifs cristallins du sud de la péninsule eussent jamais eu besoin de surgir d’un revêtement sédimentaire : « Von Urangfang der Dinge ragten ihre Gipfel aus dem Ocean, unberührt von Silur und Devon, von Dias und Trias, von Jura und Kreide » (O. Fraas, Geologisches aus dem Orient, dans Württemb. nalurwiss. Jahreshefte, 1867, p. 152-153). Il est à peine besoin de mettre le lecteur en garde contre des illusions de cet ordre; il n'y a au Sinai ni ilots ni escarpements cristallins antérieurs aux dépôts sédimentaires, mais seulement des failles et des horsts postérieurs même au grand épanchement basalque de l’époque tertiaire.

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considérables les matériaux de la lèvre abaissée, le fait doit être attribué à la désagrégation causée dans cette région par le sectionnement de la dalle effondrée, descendue davantage au centre et brisée parallèlement et perpendiculairement aux berges.

Notre étude sur la géologie de Magharah n'est pas sortie des limites restreintes où se tient notre carte, et quel que soit l’intérêt de la question, nous n'avons pas eu le loisir de suivre, vers le nord-ouest, le faisceau des failles, dans les ramifications supérieures du O, Genaieh. Seule, la faille du O. Bouderah (n° 5) est suffisamment bien observée, à travers le O. Baba et les montagnes qui bordent l'extrémité de la plaine de Markha ; mais en ce qui concerne le faisceau de Magharah et particulièrement la grande faille 1 du pied de la muraille granitique, nous ne pouvons que supposer ses relations possibles, par delà le O. Baba, avec la faille du Sarbout ed Djemel.

De même, on ne sait que par induction ce qui se passe immédiatement en amont de la crête du Tartir, sur le plateau de granite rouge dont aucun Européen n’a encore tenté l'ascension directe. L'obstacle de la falaise, toutefois, est facile à tourner, et nous gagnerons l'aire supérieure du massif, dans un instant, par des gorges fort longues mais de parcours agréable. Comme il faut, pour cela, nous transporter vers le sud-est, commençons par noter que dans cette direction le faisceau des failles de Magharah est tout aussi peu étudié encore que dans la direction opposée ; seule notre faille 1, entre grès et granite, a été observée dans le O. Mokatteb et le O. Feîran aussi souvent que la faille 5 dans les O. Shellal et Bouderah, par les mêmes voyageurs et pour la même raison, à savoir que ces diverses vallées sont empruntées successivement par un grand sentier du versant occidental de la péninsule !,

Lorsqu'on remonte le O. Sidreh, en partant de Magharah, sitôt dépassé le G. Zafarani on débouche dans la zone effondrée entre failles 2 et 1, dont la vallée prend la direction et dans laquelle s'est formée sur la rive droite, par dénudation, une vaste plaine de surface tourmentée dans laquelle il ne faut pas voir un lit majeur. Le lit proprement dit du ouady noie sous le sable le prolongement de la ligne de la faille 2, et les hauteurs

1. Fourtau, loc. cit., p. 29-30 ; Raboïisson, loc, cit., p. 61. R. War. — La presqu'ile du Sinai. 3

imposantes de sa rive gauche concordent avec celles de Magharah ; mais du côté de la rive droite, à partir du O. El Rharageh!, un long glacis de sable et de gravier s'élève lentement, interrompu de distance en distance par la sallie en dents de scie des tables grèseuses qui forment le sous-sol. Ces couches de grès jaunâtre sont inclinées vers le nord-est, avec horizontales parallèles aux failles et inclinaison en sens inverse de celle du terrain, de sorte qu'elles arrivent successivement à faire saillie et à se briser en petits escarpements superposés séparés par des contrepentes. La plus élevée de ces contrepentes aboutit à la base même du grand escarpement granitique de l'arrière-plan, et dans la rainure s’est approfondi le lit de la principale branche du 0. EI Rharageh; mais ce détail disparaît, à l'œil, dans l’ensemble de ce vaste fossé de grès et de sable, dévasté par la démolition dénudatrice entre la grande berge grèseuse qui prolonge celle de Magharah et la berge granitique du nord-est. Puis le O. Sidreh infléchit à gauche, vers le granite, serré par les coteaux grèseux

qui se rapprochent, — la faille de Magharah est depuis longtemps

perdue en pleine montagne, — l'espace libre s’élargit encore, et l’on arrive dans une sorte de plaine quadrangulaire creusée en grande partie, au contact du grès, dans le massif granitique. Quatre vallées aboutissent aux quatre angles. A l’ouest, le O. Sidreh par où nous sommes arrivés ; au nord, en pleine roche granitique, le Sidreh amont ; à l’est, l'entièrement inexploré O. Neba, enfin au sud, le O. Mokatteb, taillé le long de la surface de contact du granite et du grès. C'est la grande faille du nordest de Magharah qui continue, toujours en ligne droite, observée par nombre de voyageurs, nous l'avons dit, jusqu'au débouché du Mokatteb dans le O: Feïran et au delà dans le O. Feïran en amont. Mais il importe de ne pas nous éloigner dans cette direction avant d’avoir exploré la région haute de la grande faille grèsgranite, le massif cristallin que couronne, vers le nord, le Tarür ed Dhami et dans lequel le cours supérieur du O. Sidreh fournit une porte d'entrée magnifique.

1. Revenir, à partir de ce point, à la carte générale 2 au 1/300.000.

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