ANNEXE I AU CHAPITRE VI
Développement de la cartographie moderne.
Le fond de la mer Rouge est peut-être, de toutes les régions du monde méditerranéo-asiatique, celle dont les lignes se sont le plus tardivement esquissées au cours des lents progrès de la science cartographique. La Table de Peutinger “, nous l'avons
4. M. R. Savignac, Monuments funéraires de la péninsule sinaïlique, dans Rev. Biblique, XVI (1907), p. 398-408 (les naouämis du district de Feiran).
2. W. E. Jennings-Bramley, The Bedoutn of the Sinailic Peninsula, dans le Quarterly Statement du Palestine Exploration Fund, 1905, p. 126-137 et fase. suivants, 1906, 4907, pass., 1908, p. 30-36.
3. L. Baurain, Un pèlerinage au Sinaï du XVIe siècle, dans Revue augustine, 1902, p. 614-629. — Paul Glaue, Reiseskizzen vom Sinaï, dans
Le
voyage de 1902), 1903, #1 pp. et 6 pl.; extr. du Bull. de la Soc. des sciences naturelles de Saône-et-Loire. — J. Saul, Auf der Sinai-Halbinsel. Vom Dschebel Musa nach el-Akaba, dans Deutsche Rundschau für Geogr. und Stat., XXV, p. 1-9. — E. D. Schoenfeld, Die Halbinsel Sinai, dans Globus, 85, p. 249-253. — Eduard Mygind, Vom Bosporus sum Sinai ele., 1905, 93 pp. — L. Szezepanski, Les terrains miniers du Sinai, dans Al Machriq, . IX, pp. 1063-73, 1129-40, el 1 pl. — A. À. Vasilieff, Voyage au Sinai en l’année 1902, dans les Publicalions de la Soc. imp. russe de Palestine, XV, (1904), fase. 3, 88 pp. — Georges Rivière, Les droits des Pharaons sur le Sinaï, dans Revue des Idées, septembre 1906.
Signalons enfin la vieille relation de voyage, — intéressante si elle était plus sérieusement écrite, — de Paul Lenoir, Le Fayoum, le Sinaï et Pétra, 1872 (v. p. 201-279 pour la péninsule).
4. Toutes les références bibliographiques étant données au cours de l'histoire bibliographique qui précède, à propos des publications et aux dates des travaux ou des voyages, nous n’en reproduirons aueune dans la présente Annexe, Nous passerons très rapidement, de plus, sur les documents cartographiques antérieurs au xvrn® siècle, qui ont été analysés en
vu, connait la bifurcation terminale et l’exprime assez bien, mas immédiatement après, l'existence du golfe d'Akaba tombe en oubli et reste ignorée de la généralité des documents cartographiques jusqu'au milieu du xvu® siècle. Cela tient, il est facile de le comprendre, à ce que la grande ligne de communication maritime entre l'Océan Indien et l'Égypte emprunte le golfe occidental, qui est en ligne droite avec toute la partie sud de la mer Rouge, de sorte que le golfe oriental, dont l'entrée est assez resserrée, à de grandes chances de passer inaperçu lorsqu'on remonte de,Bab el-Mandeb à Suez. Les cartes catalanes du xIv® siècle, cependant, indiquent la bifureation de la mer Rouge et la péninsule qui en résulte, de même que la carte de Rewich, dessinée au Sinai même à la fin du xv° siècle ; mais ce ne sont que des éclairs dans la nuit. Il faut arriver aux cartes d'Ortelius et de Mercator, de 1570 à 1600, pour voir la bifurcation se dessiner de nouveau et le Sinai prendre place dans la péninsule et non plus à l’est de la mer Rouge ; cette tradition cartographique nouvelle, d'abord vacillante, recouverte à chaque instant par les formes anciennes persistantes, n'arrive à se substituer à elles qu'à une époque tardive de J’œuvre de Nicolas Sanson, vers 1670. La péninsule, à ce moment, a la forme d’une sorte de rectangle, Tor à la pointe méridionale, sur la côte occidentale un Faran hérité de la tradition arabe d'Égypte et qui est Gharandel, Suez au fond de son golfe, et un golfe oriental très mal compris, trop large, avec, au fond, le Hauarra dont la place véritable est plus au sud sur la côte de la grande Arabie ; Aila, par suite, est reculé à l’ouest dans une anfractuosité plus rapprochée de Tôr. Quant à l’intérieur de la péninsule, on n'y connaît que Sinai et Horeb. Telle est la forme livrée à Guillaume Delisle en 1695 ; il n’y ajoutera rien en ce qui concerne le territoire intérieur, mais dès 1701 et 1707, les contours sont considérablement améliorés, le Faran de la côte occidentale disparaît, Suez, les Fontaines de Moïse, Corondel, Tor et le cap Mohamet se succèdent le long de cette côte correctement, avec Chirame (Scherm) non loin de la pointe; en 1722, Sacaba (Akaba) se substitue, comme il convient, à Aila au fond du
détail, plus haut, à leurs places chronologiques respectives dans la docu mentation générale.
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golfe oriental. Que la péninsule arrive à prendre sa forme pointue et,que le dessin étroit et allongé du golfe oriental soit découvert, nous aurons alors un contour quine dif plus beaucoup de celui des cartes modernes.
Ces derniers progrès, toutefois, sont lents à se manifester. Ils n'apparaissent point chez Pococke, qui continue (1738) à imposer à la péninsule les contours alourdis et comme tronqués de la période antérieure. Les lignes du golfe d'Akaba ne. sont pas arrêtées, il n’y a pas de figuré de montagnes, — le bord méridional du G. Et Tih, seul, est entrevu, — à peine quelques lignes de vallées difficiles à identifier, mais où l’on trouve, pour la première fois, le nom de Serban (Serbàl). Vient ensuite Niebuhr (1672), qui donne seulement le versant occidental, avec des renseignements assez nombreux et quelques corrections dans le tracé des vallées, mais toujours pas de figuré de relief; la forme pointue du Ras Mohammed n’est pas comprise. D’Anville (1766), géographe et non explorateur, utilise les vieux relevés de Juan de Castro, mais s'inspire surtout de Delisle et de Pococke, dont les défauts généraux passent chez lui et dont il néglige nombre de renseignements utiles. Apparaît de plus, chez d’Anville, la singulière erreur de la bifurcation terminale du golfe d'Akaba, dont l’origine réside, peut-être, dans les cartes de Nicolas Sanson et de la première période de Guillaume Delisle, où la rive de la grande Arabie est pour ainsi dire rephiée sur elle-même, avec Houarra tout au fond et Aïla plus à l’ouest, de sorte que dans ce golfe oriental, très large, paraissent se dessiner deux criques principales, celle de Haouarra et celle d’Aïla. L'erreur ne sera rectifiée que par Burckhardt ; Volney, cependant, dessine vers 1783 une carte médiocre où la côte occidentale, seule, est correcte, avec peu de noms; le golfe d'Akaba n'est pas bifurqué au fond, mais trop court des deux tiers.
La péninsule reste en dehors de la grande œuvre géographique de la Commission d'Égypte, dont la carte au 1/100.000 comprend seulement, en sa feuille 22, Suez et l'extrémité nord du golfe. Mais dans la carte réduite au 1/1.000.000, on a fait entrer la mer Rouge tout entière, d'après les cartes de Rosili (1796) et de La Rochette (1785) et les positions prises par Bruce et Niebuhr, et la péninsule sinaïtique d'après les cartes précitées de Niebuhr et de Pococke et les renseignements
recueillis en 1800 par Coutelle et Rozière !, La carte ainsi établie ne peut guère rien apporter de nouveau; en fait, elle apparait, quoique avec des indications plus serrées, comme un simple décalque de la carte de d'Anville, avee la bifurcation caractéristique du fond du golfe d'Akaba.
La carte prise par Burckhardt (1816; publ. en 1822) manifeste de sérieux progrès en ce qui concerne les formes générales et le dessin des golfes; celui d'Akaba est correctement figuré pour la première fois, avec un relevé exact de l'extrémité nord. Relief extrêmement sommaire encore, et réseau de vallées aussi incomplet que chez Pococke et Niebubr: depuis Pococke, nul géographe n’a plus indiqué l'arête méridionale de Tih.
La carte d'Ehrenberg (182#), limitée au versant occidental, est de contours corrects avec la pointe du Ras Mohammed et l’'amorce du golfe d’Akaba; elle fournit la première tentative, point trop malheureuse, d'une représentation du relief dans la région de Tôr et de Sainte-Catherine, ainsi qu'aux abords du caractéristique G. Hammam Faraoun.
Rüppell, à la suite de son troisième voyage (1826), établit une carte du port et des environs de Tôr (Aeisen, pl. 12) qui remplace les vieux levés de Niebuhr et de Juan de Castro, et une carte générale de la péninsule (ib., pl. 11) qui surpasse en précision pour le dessin des lignes de côte celle de Burckhardt, mais se montre inférieure à celle d'Ehrenberg par l’absence de toute figuration du relief et des lignes de vallées. Sous la main de Lapie, qui compile en 1828 tous les documents antérieurs, on constate un sérieux effort pour arriver à la représentation du relief; mais Lapie, qui n'a pas vu le pays, confond toutes les lignes si mal représentées par les explorateurs et n'arrive nulle part à l'expression de la réalité.
Laborde rapporte de son voyage de 1828 avec Linant de nombreux documents {opographiques nouveaux : un relevé du O. Hebrân, avec ses ramifications hautes de l’est (Voy. de l’Ar. Pétrée, p. 64-66, pl. 16), qui n'ont plus jamais été parcourues depuis lors ; un relevé du O. Feîran avec un petit plan des ruines (ib., pp. 68, 69); le premier en date des plans du district de
4. V., pour tout cela, Descr. de l'Égypte, XVI, p. 621, et noter l’existence d’ ie carte ancienne de l Égypte, comprenant la Déninsale sinaïtique, dans Descr., XVIII, 2° partie, p. 266.
Sainte-Catherine et du G. Mousa (Comm. géogr.); un croquis topographique du plateau du Sarbout el Khadim (Voy. Ar. Pétrée, p. 42), le seul qui existe jusqu'à l'expédition de FI. Petrie en 1905 : enfin, une belle carte à grande échelle du fond du golfe d'Akaba et de l’Arabah méridional (Comm. géogr., frontispice). Il donne de plus une carte générale de la péninsule (Comm. géogr., p. 1) où la correction des contours est définitivement acquise pour la première fois, avec un essai, heureux par endroits, de tracé de détail complet des vallées.
Cortambert lève, en 1837, une petite carte des environs du G. Mousa, sans valeur topographique.
Russegger recueille en 1838 les éléments de sa carte topographique et géologique d'Egypte, Nubie et Arabie Pétrée, publiée avec le t. III de ses Aeisen (1847) ; instructive au point de vue géologique, pour la péninsule, elle n'apporte aucun élément topographique nouveau. Beaucoup plus importante est la carte au 1/800.000 dessinée par Kiepert sur les levés de Robinson en 1838, et publiée dans les Biblical researches en 1841; très bonne par endroits, cette carte est restée, avec celle du Survey de 1868, une des sources principales des compilations actuelles ; elle est surtout précieuse dans la région du plateau de Tih.
Erbkam publie en 1845, d’après Lepsius et dans sa petite Reise, outre une carte générale sans valeur, un croquis topographique de l’oasis et des ruines de Feïran, le premier après celui de Laborde. Très expressif et encore utile à consulter, en raison de l'extrême rareté des documents topographiques sur la ville antique, ce relevé itinéraire effectué sans boussole rectifie de la plus curieuse façon les sinuosités très accentuées de la vallée, imitant sans le vouloir le procédé des cartes de pilotage où le cours d’un fleuve est étiré dans l’axe d'une bande étroite. Il faudra attendre jusqu'à l'Ordnance Survey pour avoir de Fefran au moins un canevas topographique.
La carte insérée par Lottin de Laval, à la suite de son voyage de 1850, dans son ouvrage de 1855-59, est sans originalité. En 1862 seulement paraît un travail topographique nouveau, la carte du Sinaï fraditionnel (environs de Sainte-Catherine et du G. Mousa) levée par A. Penrhyn Stanley et qu'on trouve dans son Sinat and Palestine (p. 42); fort bonne, encore que fautive
re. > Dé OPA CE ER ARE PAL, + > EN RARE | AUTE
par endroits, cette carte servit à Ebers en 1871, et celles des diverses éditions des Murray's Handbooks s'en inspirent même après la publication du grand Survey. Remarquer qu'avant Penrhyn Stanley on n'avait d'autres cartes de ce canton remarquable que les croquis rapides de Laborde et de Cortambert,
Brugsch dessine en 1865 et publie en 1866 dans sa petite Wanderung un petit plan très informe de la vallée de Magharah, qui devait êtfe souvent reproduit et rester le seul document topographique sur la localité jusqu’au levé de Morgan en 1895.
En 1868-1869 a lieu l'expédition de l'Ordnance Survey. Nous avons suffisamment insisté, plus haut, sur les qualités et les imperfections de l'œuvre géographique réalisée, pour qu'il soit inutile d'y revenir longuement. Rappelons simplement l’existence : 1° d’une carte générale au 1/633.500, doublant une carte géologique à la même échelle, et portant une figuration apparemment complète du relief sur toute la surface de la péninsule, à l'exclusion du plateau de Tih laissé en blanc: 2 d’une carte du versant occidental au 1/126.720, à peu près complète en ce qui concerne les lignes de vallées, mais entièrement en lacune dans le périmètre du bloc montagneux compris à l'intérieur de chaque maille de contour relevé : la montagne sinaïtique, aujourd’hui encore, doit être considérée, sauf en un petit nombre de cantons restreints, comme inexplorée en dehors des lignes de vallées et de routes ; 3° de cartes à grande échelle, avec levé complet du relief, du district de Feîran et du Serbäl ; #° de cartes à grande échelle, avec levé complet du relief, du district du eouvent, du G. Mousa et du G. Katherin. Il faut noter, enfin, un plan architectural des ruines du temple du Sarbout el Khadim. La documentation topographique sur Feîran et sur le district de Sainte-Catherine est maintenant assez bien constituée, et plus jamais elle ne sera améliorée jusqu'à nos jours. Quant à la carte générale, le travail du Survey l’enrichit et la précise dans des proportions considérables, mais elle n’en reste pas moins un simple réseau itinéraire, qui demande d’ailleurs à être complété, sur le plateau de Tih et dans plusieurs autres régions ; la carte de Kiepert est utilisable pour cet usage, de même que, dans la région du O. Hebrân, l’ancien levé de Laborde. Ne pas oublier non plus qu'à la date où nous sommes, on n'est encore renseigné sur la configuration du Särbout el Khadim que par Laborde, et sur celle de Magharah, par Brugsch.
a CHAPITRE VI
Sur la carte du Survey, complétée par Kiepert, sont basées la plupart de celles qui paraissent ensuite jusqu'à nos Jours, notamment la carte assez bonne jointe par N. Kandakoff à son Voyage de 1882, celle qui fait partie de la carte géologique d'ensemble de L. Lartet en 1885, la carte géologique de la péninsule établie par Hull en 1884 (v. ci-après), enfin les cartes jolies et si commodes qui accompagnent, dans toutes les éditions de Bædeker depuis 1885, le guide de la péninsule sinaïtique rédigé par Ebers. Rappelons qu'on trouve là une carte générale au 1/1.500.000, comprenant le désert de Tih jusqu'au delà de Kalaat en Nakhl, une carte au 1/250.000 de la région montagneuse du sud depuis le O. Feiran jusqu'à la ligne du O. Sebayeh, et une carte au 1/50.000 du district de Sainte-Catherine et du G. Mousa. Sur les mêmes documents est également basée la carte générale au 1 /1.600.000 qui accompagne le guide de G. Bénédite dans le Syrie-Palestine de Joanne. Elle s'étend, au nord, sur la surface entière du plateau égypto-syrien, entre la dépression de l’isthme de Suez, la côte méditerranéenne et, à l'est, l’Arabah jusqu'à la mer Morte.
En 1887, cependant, Joh. Walther lève une fort belle carte originale de la bande côtière occidentale, de Suez au Ras Mohammed, étudiant avec un soin particulier la surface d'El Gâa avec ses marges du G. El Arabah, de Tôr et de la base des grandes montagnes granitiques. Publiée sous forme de carte géologique dans les Xorallenriffe de 1888, cette carte apporte le premier levé précis de la côte et des environs de Tôr, et une foule d’autres détails ignorés du Survey.
Morgan lève en 1895 et publie en 1896, dans le t. I de ses Recherches, un plan avec courbes de niveau, au 1/10.000, du val de Magharah, dont on n'avait encore que le grossier croquis de Brugsch. Fourtau, en 1897, refait en partie l'exploration géologique de Walther le long de la côte occidentale, et rapporte un croquis rapide à grande échelle, forcément très inexact, mais qui complète heureusement en quelques points les indications du géologue allemand. Hume et Barron, en 1898-1899, établissent une carte topographique de toute la partie sud de la péninsule, depuis la latitude du O. Fefran, au 1/250.000, où le figuré du terrain est très médiocre ; à la même échelle, une carte géologique du versant occidental, depuis le O. Woutah
jusqu'au O0. Slé, et une carte géologique du versant oriental depuis Dhahab jusqu'au Ras Mohammed : cette dernière carte peut être considérée comme la feuille d'assemblage des cartes détallées de Hume, une feuille au 1/62.500 pour la partie nord (région de Dhahab), et deux feuilles au 1/100.000 pour la région d'Aïn Houdhera et la région de Ras Mohammed ; dans toute la zone embrassée par ces trois cartes à grande échelle {publiées seulement en 1906), un progrès considérable est réalisé sur les cartes du Survey, sans parler de la documentation géologique, en ce qui concerne la connaissance des lignes de vallées. Fourtau, en 1904, lève un plan topographique assez précis de Tôr. FI. Petrie, en 1904-1905, fait un nouveau levé du val de Magharah, un levé du plateau du Sarbout el Khim, le premier en date après le petit croquis pris par Laborde en 1828, un levé architectural complet, après déblaiement, du temple qui couronne le plateau, et publie les trois documents dans ses Researches in Sinai de 1906, en même temps qu'une carte de la région minière montrant la route, découverte en janvier 1905, qui est l’accès naturel du plateau. Aux levés de Petrie nous avons ajouté, et publions dans le présent ouvrage, une carte au 1/20.000 de la région qui environne la localité de Magharah, réduite de la minute au 1/10.000 établie sur le terrain en 1904- 1905 {carte 3), et une carte au 1/2.500 des environs immédiats du temple du Sarbout, également levée en 1905 (carte 5) et destinée à compléter au point de vue archéologique les levés de Petrie. Nous ne parlerons pas des autres cartes qu'on a rencontrées dans ce livre, et qui sont des compilations ou des copies.
Il ne sera pas inutile, maintenant, de réunir sous nos yeux les éléments de la documentation cartographique de la péninsule telle qu’elle est constituée à l'époque actuelle.
Les documents principaux de la géographie générale et de la géographie régionale à ses divers degrés sont, d'abord, les cartes du Survey, la carte générale au 1/633.500 et la carte au 1/126.720 ; mais cette dernière ne s’étend que sur le versant oceidental, et point en entier. La carte générale est à compléter, principalement dans le désert de Tih, par la carte au 1/800.000 de Kiepert dans Robinson ; la compilation des deux documents
a donné les cartes au 1/1.500.000 et au 1/1.600.000, suffisantes
pour l’usage courant, qu’on trouve dans les guides de Bædeker et de Joanne. On a de plus, aujourd'hui, la carte au 1/250.000 de Hume et Barron, assez médiocre, nous l'avons dit, et dont la feuille du versant occidental n'ajoute pas grand’chose à la carte au 1/126.720 du Survey, mais dont la feuille du sud de la péninsule, depuis le parallèle du O. Feîran jusqu'au Ras Mohammed, enrichit notablement la carte générale du Survey au 1/633.500.
Pour étude plus détaillée du terrain, préparation de voyages, combinaison de routes, on dispose, dans une vaste région du versant occidental qui comprend le district minier de la zone grèseuse et la grande montagne méridionale jusqu'au sud de Tôr, de la carte précitée au 1/126.720 du Survey, et le long d'une bande côtière qui se superpose en grande partie à la région précédente mais va jusqu’au Ras Mohammed, de la grande carte de Walther dans Xorallenriffe. Cette dernière carte est le document principal pour El Gâa et la base des montagnes de l’arrière-plan. Pour le versant oriental, d'autre part, on possède depuis 1906 la belle carte de Hume en feuilles au 1/100.000 et au 4/62.500, depuis le Ras Mohammed jusqu’à la latitude de Dhahab. Quant à la carte au 1/126.720 du Survey, riche surtout dans les limites de la montagne granitique et qui à engendré la carte au 1/250.000 de Bædeker, on trouve à combler certaines de ses lacunes, dans la région du O. Hebrân, avec l’ancien croquis de Laborde : ainsi complétée, et vérifiée là où il est possible par Walther, la carte du Survey a servi de base à l'établissement de notre carte au 1/400.000 (carte 7) de la montagne granitique et des établissements chrétiens. Ce n'est, comme celles qui lui ont donné naissance, qu'une carte réticulaire, à mailles enserrant des polygones de montagne inexplorée.
Dans les districts où le travail topographique a été poussé assez loin pour transformer la carte réticulaire en carte superticielle intégrale, on possède pour la connaissance du terrain des documents correspondants. Les régions très limitées qui ont eu la faveur d'études de cet ordre sont au nombre de cinq : les deux localités égyptiennes de Magharah et du Sarbout el Khadim, les principales des localités de l'histoire chrétienne, Feîran avee le Serbàl, Sainte-Catherine avec le Sinai traditionnel, enfin Tôr, port et oasis de tous les âges.
Magharah. — La vallée des mines grossièrement relevée par Brugsch, puis exactement au 1/10.000 par Morgan, et en dernier lieu par Petrie au 1/5.000: les environs, dans un rayon moyen de deux kilomètres, donnés au 1/20.000 par nous dans le présent ouvrage (carte 3). Derniers levés seuls utiles.
Plateau du Sarbout el Khadim. — Habile petit croquis du plateau, jusqu'à un millier de mètres des ruines, de Laborde ; levé avec courbes à l'effet, au 1 /20.000, par Petrie, expressif pour le modelé du plateau mais ne descendant pas jusqu’à la base des gorges et au pied des escarpements ; levé au 1/2.500 des abords du temple, donné par nous dans le présent ouvrage (carte 5); levé architectural du temple dans Account of the Survey, et levé beaucoup plus complet par Petrie. Les levés de Petrie sont reproduits dans les cartes du présent ouvrage ; le croquis de Laborde et le plan des ruines dans Account peuvent être négligés.
Feiran et le Serbäl. — Lignes principales dans la carte au 1/126.720 du Survey, que peut remplacer la carte au 1/250.000 de Bædeker ; détail topographique dans la carte spéciale à grande échelle du Survey, où les ruines, malheureusement, sont indiquées d'une manière très incomplète ; à compléter, dans la mesure du possible, avec l’ancien croquis de Laborde et le croquis d'Erbkam pour Lepsius, en attendant que la grande carte du Survey ait l’occasion d’être remplie sur place. Notre carte de la localité antique (carte 8), ainsi obtenue, doit être considérée comme très provisoire.
Sainte-Catherine, G. Mousa el montagne environnante. — Les croquis anciens de Laborde et de Cortambert peuvent être négligés. La carte de A. Penrhyn Stanley est encore utile pour compléter, en ce qui concerne les ruines chrétiennes qui remplissent cette montagne, les cartes du Survey, carte générale au 1/126.720 (ou carte au 1/250.000 de Bædeker) et carte spéciale à grande échelle, où le figuré du terrain est bon, mais la notation des monuments incomplète. Pour l'usage courant, se contenter des cartes au 1/250.000 et au 1/50.000 de Bædeker qui dérivent du Survey, et de la carte plus ancienne des guides de Murray, qui repose principalement sur celle de Penrhyn Stanley.
Tér et environs. — On peut négliger les anciens croquis de Juan de Castro, Niebuhr et Rüppell, pour faire usage de la carte
levée par Walther en 1887, en la conférant avec celle prise par
Fourtau en 1904.
En dehors de ces places peu étendues et en petit nombre, nul autre territoire n’est encore levé topographiquement, et des localités extrêmement intéressantes par leur configuration naturelle, leurs oasis et leurs monuments antiques, notées d’ailleurs sur les cartes du Survey, ne sont connues en détail que par des descriptions : telles sont les vallées de Barabra, de Sigilliyeh, de Deir Antoûs. D'une manière générale, le levé des ruines chrétiennes de la péninsule est à faire en totalité, y compris celui des bourgs, églises et nécropoles de l'oasis de Feiran. Plus généralement encore, la carte topographique est à faire d'un bout à l’autre du territoire ; pour ce travail, la carte au 1/126.720 servirait probablement de canevas d'une manière satisfaisante, mais elle ne s'étend que sur une moitié environ du versant occidental, et dans les limites même où elle a été conduite, elle est muette et blanche en dehors des lignes relevées : les massifs montagneux sont tellement inconnus, à l'exception de ceux qui attirèrent toujours l'attention des voyageurs, que leur seule exploration systématique, sans opérations de topographie, conduirait probablement à des découvertes géographiques et archéologiques remarquables.