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La rive occidentale de la mer Rouge

Entre les régions 1-3, d’une part, et 2, de l’autre, zone d’effondrement, de même qu'entre le même secteur total 1-3 et la région 4 ; mais point de zone d’eflondrement, rien qu'une zone de faille sans rejets compensateurs essentiels entre les régions l'et3.Ce contact en quelque sorte plus intime, le long de la ligne de rupture, a pour résultat que le pointement de 1 entraîne, dans son mouvement ascensionnel, certains éléments de 3, et comme tout un faisceau de lignes de rupture est déjà préparé, sur chaque versant, parallèlement à la grande ligne du phénomène, les parties de terrain ainsi arrachées prennent la forme de bandes parallèles aux golfes et inclinées sur l'horizon, plus élevées dans le voisinage du centre du pointement qu'à l’extrémité opposée, où elles finissent au niveau du terrain environnant ou par brisure transversale.

Ce sont les grands horsts dont nous avons constaté l'existence sur l’un et l’autre versant, et l’on voit maintenant quelle place tiennent, dans le vaste ensemble dont on vient d’esquisser le tableau, les phénomènes de structure d'un.canton d’étendue restreinte qui ont fait l'objet de toutle présent chapitre. Nous avons exploré, en somme, le grand horst du versant occidental dans la région des brisures qui dessinent sa pointe au nord-ouest, et 1l ne sera pas inutile, en terminant, de résumer ce que nous avons appris sur la manière dont arrachements et surrections s'accom-

plirent de ce côté.

4. Un Keilhorst, chassé en l'air par la descente du gradin intermédiaire de la péninsule, serrant contre le butoir supérieur de la orande Arabie?

Le grand massif granitique du pointement finit brusquement, au nord, à une escarpe très nette dessinée par le quart de cercle du O. Esh Sheikh jusqu'à son débouché dans le O. Feiran, et détache au nord-ouest, plus en avant, une sorte de puissant bastion constitué par le Serbâl et dessiné, d’un côté, par le fossé du Fei Oran, de l’autre, par l’ancien rivage marin d'El Gâa. Dans l'angle ouvert formé par les O. Feïran et Esh Sheikh, le grand horst du versant prend son origine, non d’ailleurs sans rupture au contact de la masse du pointement proprement dit, car la région au nord de ce fossé limite est notablement plus basse topographiquement et de nature géologique également différente !. Le Feîran supérieur et le O. Esh Sheikh marquent donc l'emplacement d'une suite de failles dont la chute est au nord. Le horst, à partir de là, s’abaisse doucement vers le nord-ouest, limité à gauche par la faille Feiran-Mokatteb- Tartir, à droite par une faille de tracé d’abord mal connu, puis bien relevée d’un bout à l’autre du OÜ. Suwig.A sa racine, versle O. Berrah, la surélévation par rapport à la région géologique basse du nord-est est certainement supérieure à 700 m.; à hauteur du O. Suwig, elle n’est plus que de 350 m. environ. À cet endroit, le horst est brusquement coupé, en pointe, par le système oblique des failles des O. Lahyan et Nasb, qui descendent le terrain au niveau géologique du secteur de la falaise calcaire.

A partir de là, il n'y a plus de redescente compensatrice du terrain dans la direction du nord-est, et il ne reste à s'occuper que du système des failles étagées qui descendent au creux de la mer Rouge. Une zone de faille au moins, dans un périmètre restreint, est maintenant bien connue, celle du district de Magharah dont le territoire appartient presqu'entièrement au domaine du grès ; en amont {au-dessus de la faille du Tartir) on a les granites et schistes du grand horst, en aval (lèvre occidentale de la faille Bouderah-Shellal) les calcaires. Le reste du domaine du grès comprend, sur le versant occidental, deux régions très différemment constituées : le fossé du Debbet er Ramleh, formant la base nord-est du horst, au pied de la falaise calcaire qu'il

4. Schistes dans toute la région des O. Berrah, Lebweh, etc., se substi- Luant à partir du O. EI Akhdar aux granites du massif méridional,

longe de manière à rejoindre les grès similaires du versant oriental et s’ouvrant, à l’ouest, sur le plateau entre O. Hamr et O. Baba ; puis une région enveloppée, en plan, par la première, et comprenant le massif beaucoup plus élevé des grès du Sarbout el Khadim, quicouronnent la pointe du grand horst.

Passée la ligne du O. Baba, les assises grèseuses et roches cristallines de la zone de Magharah disparaissent bientôt sous les calcaires, ainsi qu'il arrive d’ailleurs, plus au nord, aux grès du O. Hamr, queles calcaires recouvrent définitivement à partir du Sarbout ed Djemel : une faille importante, parallèle à celles de Nasb- Lahyan, contribue de ce côté à la disparition rapide du grès. Aù delà de cette région, vers le nord-ouest, le calcaire règne uniformement de la crête du grand plateau de l'arrière-plan au bord de la mer, du G. Woutah et du Sarbout ed Djemel au O0. Gharandel, où l'on observe une faille dirigée S.O0.-N.E., avec chute au nordouest, dernière et lointaine manifestation des arrachements verticaux déterminés par le pointement du sud de la péninsule. Cette faille s'arrête probablement à la crête de Tih, recoupée par des failles orientées nord-sud qui doivent prolonger celle du Sarbout ed Djemel et sillonner le G.Woutah; au bord de la mer, au sud de Gharandel, la falaise calcaire du G. Hammam Faraoun est sans doute aussi la lèvre surélevée d’une faille, et il y a tout lieu de croire que le massif calcaire intermédiaire est sillonné de lignes de rupture ; mais celles-ci sont encore àobserver en totalité. Au O. Gharandel, enfin, les assises calcaires descendues par la faille disparaissent sous les couches gypseusés qui forment le plateau d'El Amarah et, plus loin, le substratum de la longue plage qui s'étend du O. Ouardän à Suez, et le calcaire crétacé ne se découvre plus qu’à l'arrière-plan, à la base des montagnes.

Notre étude géologique s'arrête du côtédu sud, onla remarqué, au sillon que dessinent le O. Feiran et le O. Esh Sheikh, et ne pénètre pas dans les montagnes du grand pointement granitique lui-même. La géologie de cette dernière région est ençore à faire en grande partie !, au moins du côté occidental et malgré

1. Ce qu'on en connait en général peut se résumer en disant que le grand pointement cristallin du sud est formé d’un granite massif rouge foncé qu'avoisinent immédiatement un granite gris susjacent (lagergranit de Walther) et toute une série de schistes cristallins, gneiss, micaschistes, ele. Le granite gris, dans plusieurs cas, est descendu au niveau du granite

la carte et l'ouvrage de publication récente de Barron !; sur le versant oriental on est beaucoup plus riche de renseignements grâce aux bonnes cartes topographiques et géologiques levées sur 100 kilom. du sud au nord, entre le Ras Mohammed et le canton de Dhahab, par W. F. Hume ?, mais ce côté de la péninsule nous intéresse moins. Quant à la région ouest et nord-ouest de la grande montagne, nous nous bornerons, au chap. v ci-après, à décrire ses lignes au point de vue géographique.

rouge massif par des failles le long desquelles se sont creusées des vallées importantes, telles que le O. Feîran et, dans l'extrême sud, le O. Hascheb (Walther, Korallenriffe, p. 13-14; Ueber Ergebnisse, etc., p. 10; Denudalion, p. 23).

1. Souvent cité plus haut: T. Barron, The {opography and geology of the Peninsula of Sinai (Western portion), Cairo, 1907 (publ. du Survey Department de l'Égypte) ; la carte, pl. X.

2. W. F. Hume, The {opography and geology of the Peninsula of Sinai (South-Eastern portion), Cairo, 1906 (publ. du Survey Department de l'Egypte), pl. XIX-XXIII.

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