‹ La Presqu'île du SinaiChapitre 30 sur 151 · Iist. ecclesiastica, HI, chap 6 (éd. Valesio, p · texte numérisé non relu

Iist. ecclesiastica, HI, chap 6 (éd. Valesio, p

5. S. Silviæ peregrinalio publiée pour la première fois par Gamurrini en 1887, d'après un ms. que complètent les fragments conservés dans le De locis sanclis de Pierre Diacre. Editions nombreuses des deux documents ; se borner à consulter P. Geyer, S. Silviæ, quæ fertur, peregrinalio ad loca

manière la plus intéressante, le grand port de commerce qui s'était développé à Clesma au fond du golfe, et par la relation de Cosmas Indicopleustes f.

A l'époque arabe, le golfe occidental de la mer Rouge s’appelle mer de Kolzoum, comme il s'appelait golfe d'Heroopolis à l'époque gréco-romaine. Le port florissant de 1v° au vi® siècle continua certainement à prospérer également sous les premiers Khalifes. Vers 640, Amrou, le conquérant de l'Égypte, rouvrit le vieux canal du Nil à la mer Rouge; le travail, qui avait pour but de faciliter l’arrivée des céréales d'Égypte en Arabie, comporta probablement une section assez longue d'excavation neuve, car il aboutissait à ÆKolzoum ?, tandis qu'à l'époque d'Hadrien il n'est pas probable, nous l'avons vu, que les Grands Lacs amers fussent déjà devenus impraticables à la navigation. Le nouvel ouvrage, dit Canal du prince des fidèles, fut pratiqué pendant plus d'un siècle, jusqu'à ce qu'en 775 Abou Djafar Al Mansour l'eût fait intercepter pour se défendre, en Égypte, contre les entreprises de son oncle Mohammed ben Abdallah, révolté contre lui à Médine. Cet acte de barbarie fut-1l réellement accompli, ou bien le canal, plus simplement, ne fut-1l pas abandonné à l’ensablement comme il avait eu lieu chaque fois, déjà, après les travaux de réouverture ? En tout cas, ce fut la suppression définitive, jusqu'aux grands travaux du xix° siècle, de la route d’eau du Nil à la mer Rouge. Cela n'aurait pas sufli,

sancta, et Petri diaconi liber de locis sanctis, dans Corpus script. ecclesiasticorum de Vienne, vol. 38 (1898), pp. 35-101 et 103-121. La personnalité de la pèlerine, en qui on a voulu reconnaitre Silvie, la sœur de Rufin d’Aquitaine, est tout à fait énigmatique; quant à l’époque de son voyage, que la plupart des commentateurs sont d'accord pour faire remonter à la fin du iv* siècle, il paraît y avoir des raisons sérieuses de ne pas le placer très longtemps avant celui de Cosmas (vr° siècle).

1. Cosmas, Topographia Chrisliana, liv. V; dans Migne, Patrologia, 1: XLV, p: 123.

2. El Makyn ; cf. Quatremère, Mémoires sur l'Égypte ete., I, p. 181-182. Même témoignage dans l'Histoire d'Abou Sàlih; voir B. T. A. Evetts, The Churches and Monasteries of Egypt... attributed to Abü Sälih… (Anecdota Oxoniensia, 1895), pp. 88, 172-173; Abou Sälih cite Said ibn Batrik. Il se fait en même temps l'écho (ib., p. 172) d'une tradition toute différente, également répandue dans la littérature arabe et qui est celle de Maçoudi (Prairies d'or, trad. Barbier de Meynard, IV, p. 97-100), d'après laquelle Amrou, ayant formé le projet du canal, s'en serait laissé détourner par la crainte d'ouvrir la mer Rouge aux navires des Occidentaux.

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toutefois, à provoquer la ruine de Klysma, dont le port se serait fort bien accommodé du rôle de point de transbordement que Suez devait assumer plus tard ; mais d’autres circonstances défavorables se manifestèrent, parmi lesquelles on peut noter le

manque d'eau douce, — le canal intercepté n'amenait plus l’eau du Nil, — et peut-être aussi l'existence nouvelle de Bagdad,

fondée vers 760 et pour laquelle les khalifes s’efforcèrent désormais de détourner par le golfe Persique et la Mésopotamie la plus grande partie du trafic de l’Inde avec le monde méditerranéen. Bagdad est peut être cause que le canal du Nil à la mer Rouge ne,fut jamais rétabli. Mais Kolzoum vécut longtemps encore, vieille ville « sèche et triste, sans eau ni végétation, sans semence ni lait, sans combustible ni arbres, sans vignes ni fruits ! », croisement de routes et port fréquenté, cependant ? ; l'eau y était apportée de la mauvaise source de Souais, distante d’une étape et dont le nom nous apparaît, à ce propos, dès le x° siècle*. Au xu° siècle, nous apprenons par Edrisi que la ville est aux trois quarts détruite, et Yakout, au xmi*, note que Souais l’a remplacée dans son rôle de port de mer ; mais Souais, dit Yakout, n’a pas moins triste apparence que Kolzoum ÿ. Shems ed Din, au début du xiv° siècle, dit que Kolzoum est une ville détruite 5 ; Ibn Khaldoun, un peu plus tärd, écrit indifféremment mer de Kolzoum et mer de Souais? ; pour Aboulfeda, Kolzoum est encore une petite ville 8, mais le renseignement est

1. Moukaddasi, dans Gildemeister, ZDPV, VII (1884), p. 228-229. Cf. sur Kolzoum Istachri (Mordtmann, p. 18), Edrisi (Gildemeister, ZDPV, VIT, 1885, p. 119), Yakout (Wäüstenfeld, IV, 158 suiv.) et tous les autres géographes arabes (v. notes suiv.) jusques et yÿ compris Macrizi, Descr. hist. (dans Bouriant, Mém. miss. arch. franç. Caire, XVII, 1895, p. 629).

2, Ibn Khordadhbeh, cité par Reinaud, Géogr. d'Aboulfeda, 1, p. Lvirr; Istachri, trad. Mordtmann, pp. 3,17; Moukaddasi, loc. cit., p. 229; Edrisi, trad. Jaubert, 1, p. #7; Yakout, loc. cil. (note préc.).

3. Moukaddasi, loc. cil., p. 228; même renseignement plus tard dans Edrisi (Gildemeister, ZDPV, VIII, 1885, p. 119), et, d’après Edrisi, dans Yakout (notes préc.) et dans Ibn el Ouardi (dans Hylander, Operis Cosmographici Ibn el Vardi etc., 1823, p. 77-79).

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