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En réalité, ce n'est pas en un jour que Tôr arriva à supplanter Aidhab et Races comme port de l'Ée gypte sur la mer Rouge, et Macrizi lui-même, après avoir noté l'abandon de la route Aidhab-Kous en 1358, dit ailleurs ! qu'à partir de 1397 Kous n’a fait que péricliter : la décadence n'était donc pas accentuée avant cette date. D'autre part, la renaissance de Tôr se manifeste à nous, à une date notablement antérieure à celles données par Kalkaschandi et Macrizi, dans l'ouvrage d'Aboulfeda, qui connaît déjà Tôr comme un port considérable ?; il sait encore, d'ailleurs, qu'Aidhab est le rendez-vous des marchands du Yemen #, de sorte qu'on peut le considérer comme représentant la période de transition où la route nouvelle et la route ancienne étaient en usage ensemble.
Le port et la ville de Tôr qui, ainsi qu'on vient de voir, apparaissent dans l’histoire, antérieurement au xI° siècle, à la suite de la ruine de Kolzoum, remontent à une époque considérablement plus ancienne, et il convient de passeren revue ce qu'on connaît de l'histoire antique de la place, avant de voir comment le nom de Tôr, inconnu avant le Moyen Age, lui fut appliqué par les géographes arabes. Nous avons décrit, plus haut, la grande oasis côtière, abondamment arrosée, riche d’un petit hâvre, et naturellement marquée ainsi pour être à la fois le port et le jardin du sud de la péninsule. La place est déjà connue des plus anciens géographes grecs, comme on le voit par les descriptions tout à fait concordantes qu'on rencontre chez Diodore et chez Strabon *. Vers la pointe nord du golfe Arabique, disent-ils, se trouve un Posidium où Neptunium, aimsi nommé d'un autel consacré à Neptune par Ariston, lorsqu'il fut envoyé par Ptolémée pour explorer les rives arabiques jusqu'à l'Océan. Au delà du Posidium 5 se rencontre, le long du rivage, une grande Pal-