Ib., p
Garandal, à ce qu'on raconte, est le nom d'une statue placée là autrefois pour interdire la sortie de l'Egypte à ceux qui avaient encouru la disgrâce du roi ou voulaient lui échapper ! (cf. la version précitée de Mohammed ibn Achmed). La montagne de Faran, au bord de la mer, est également connue d'Ibn Khaldoun, qui la nomme entre Suez et Aila et à côté de la montagne de Tôr Re et le lac de Garandul, Gorandel, est mentionné par Kalkaschandi, pour qui ce lac est une partie de la mer de Kolzoum, à l'endroit où Dieu noya Pharaon ?, et par Khalil Dhaheri, qui le nomme dans sa description de la mer Rouge ‘.
Bien qu'assez différentes entre elles au prime abord, toutes ces ndications sont aussi faciles à réduire à l’uniformité qu'à localiser sur la carte. Il faut se débarrasser, en premier lieu, du nom de Faran qu'introduit fautivement Edrisi et qui, chez Macrizi, d'une manière particulièrement claire, se manifeste comme substitué au Tarancorrect de la version d’Istachri et de Moukaddasi, qui subsiste chez Yakout et Ibn el Ouardi. Chez Edrisi, auteur responsable de l'erreur, on eroit reconnaître encore le nom véritable, mais défiguré en Tabran (?), à côté du Faran qui dès lors prend partout ailleurs sa place. On arrive sans peine à comprendre que l'introduction du nom nouveau résulte de la confusion de Taran avec le Faran qui est véritablement, comme nous le verrons plus loin (chap. V), non un point de la côte, mais l’oasis intérieure de la péninsule, Feiran d'aujourd'hui, auprès de laquelle on connait les ruines de Pharan de la période chrétienne ÿ ; la grande montagne granitique qui renferme l’oasis au nord et le couvent de Sainte-Catherine au sud, portait en général le nom de Gebel Faran aussi bien que celui de Gebel Tour Ÿ, et le nom de Faran, comme celui de Tour avait fait, passa de l’intérieur à la côte :
1. Suit, chez Macrizi, un récit curieux de la fuite des Hébreux et du désastre subi par le roi d'Egypte en face de la statue.
2. Ibn Khaldoum, dans De Slane, Prol. d'Ibn Khaldoun, dans Not. et Extraits, XIX (1862), p. 130.
3. Kalkaschandi, trad. Wüstenfeld, dans Abh. Kôn. Ges. Wiss. Gült.. XXV (1879), p. 37.
,# Khalil Dhaheri, cité par Venture dans Volney, Voyage en Syrie et en Egypte, éd. de 1796, I, p. 250-251.
5. Description de la ville ruinée et de l’oasis de Faran dans Macrizi, Descr., trad. Bouriant, loc. cil., p. 543, et Jist. des Coples, trad. Wüstenfeld, loc cit, p.446: