Macrizi, Descr., trad. Bouriant, loc. cit., p
2. Arandara chez la pseudo-Silvie (dans Pierre Diacre); v. éd. P. Geyer, dans Corpus script. eccles. de Vienne, vol. 38, p. 103 suiv.; Surandala chez Antonin Martyr, paragr. XLI ; éd. P.Geyer, même coll., même vol., p. 187; Arandoulan chez le moine Anastase (début du vrr* siècle), v. F. Nau, Les
récits inédits du moine Anastase etc., 1902, p. 32.
de Pline), mais sur le continent, à l’époque arabe, son application est déjà restreinte à la localité de Gharandel des cartes modernes, et depuis lors, complètement retiré de la mer, le nom est arrivé à ne plus désigner que la petite oasis de la côte oceidentale. Un autre Gharandel très éloigné, à 60 kilom. au nord d'Akaba dans le O. Arabah!, est le seul témoin de la vaste portée du nom à l’époque antique.
Il faudrait voir, maintenant, où mettre la localité de Chabilat, Djabilab, Djoubailan, Djtlan que tous nos auteurs indiquent comme située auprès de Taran, c'est-à-dire du Gharandel moderne. La question est embarrassante, bien que le nom soit conservé, sur nos cartes, dans celui du détroit de Djoubal, passe méridionale du golfe de Suez. À remarquer, cependant, que Rüppell connaît Schabel et le note sur sa carte ?, fort singulièrement, en mer, au large de l'embouchure du O. Feiran.
Avant de quitter, pour n'y plus revenir, les petites stations côtières comprises entre Tôr et le fond du golfe, mentionnons encore la localité de Rayeh dont le nom désigne l’un des districts égyptiens de la région de la mer Rouge et de la péninsule à côté de ceux des districts de Tér, de Faran, de Kolzoum et d'Aila * : on y connaît, d'autre part, le monastère qu'y bâtit l'envoyé de l'empereur Justinien, en même temps que l’église Saint-Athanase de Kolzoum et le couvent de Sainte- Catherine de la péninsule . Où était situé Rayeh ? Pococke
4. Ce Gharandel de la région de Petra, où les ruines d’une ville importante furent découvertes par Burckhardt(Travels in Syria ete., p. 409), est mentionné par Étienne de Byzance (Arindela, Arieldela, Abile) et par la Notitia dignitatum (Arieldela; éd. de Lyon, 1608, p. 92); c'est le siège d'un évêché, comme on sait par Hieroclès (Synecdemus etc., éd. Wesseling, p. 721) et par les signatures des conciles (Le Quien, Oriens Christianus, t. UT, p. 728) : Théodore est évèque en 431, et Macarios en 536, Episcopus Arindelorum.
2. Dans Rüppell, Reisen in Nubien, Kordofan und dem petraïschen Arabien, 1829. Carte reproduite par Laborde dans son Commentaire géographique de 1841.
3. On trouvera la liste des cinq districts, par exemple, dans Shems ed Dîn : À. F. Mehren, Man. de la Cosmographie du Moyen Age, p. 324, et Macrizi, Hist. des Coptes, trad. Wüstenfeld, loc. cit., p. 115 (districts méridionaux de l'Egypte : tous les Arabes se repassent de l’un à l’autre cette faute),
4. Travaux rapportés par Eutychius : Pococke, Eutychii Annales, II, p. 163, et d'après Eutychius, par Abou Salih l'Arménien, dans son Hist. des
connaît une localité de ce nom près de Tôr!, mais il se pourrait que ce ne soit point la même, car la liste arabe des districts, d'accord avec Eutychius et Abou Salih?, semble établir une relation de voisinage entre Rayeh et Kolzoum ; mais toute indication précise à ce sujet fait défaut.
Nous pouvons reprendre, maintenant, l'histoire de la route maritime du golfe de Suez, que nous avons abandonnée après la deuxième renaissance de Tr, dans le courant du xiv* siècle, comme port de l'Égypte sur la mer Rouge. Du côté chrétien, nous avons déjà recueilli sur l'importance de la-ville à cette époque les témoignages de Gucei en 1384 et de Piloti en 1440 : Erhard Rewich, sur la carte qu'il dressa au cours de la grande expédition allemande de pèlerinage * de 1484, note Portus thor ubi applicant naves ex India, en marquant la ville, à vrai dire, sur le rivage oriental de la péninsule, grosse faute qui devait subsister longtemps dans la cartographie européenne ; Arnold von Harff, vérs 1497, nous renseigne, dans des termes analogues à ceux de Gucci, sur les arrivages d'épices, qui parvenaient régulièrement à Tôr deux fois par an . A cette date, cependant, la prospérité de la ville était menacée depuis plusieurs années déjà par le danger qui devait bientôt se préciser et ruiner avec une rapidité foudroyante, non seulement le trafic de Tor, mais celui de la mer Rouge tout entière, une grande partie du commerce de l'Egypte avec l'Orient et l'Occident, et la fortune de la toute puissante alliée des Égyptiens à l’autre extrémité de la ligne méditerranéenne, Venise: nous voulons parler de la découverte et de la mise en usage, par les Portugais, de la route des Indes par le cap de Bonne-Espérance. Il est inutilede recom-
Églises el monastères d'Egypte : v. Evetlts, The Churches and Monasteries ete. (1895), p. 171 (Ränah, dans la transcription d’Evetts, est une faute ancienne ou moderne pour Rayeh).