Voir note #de la p
3. Erhard Rewich d’Utrecht avait accompagné Breydenbach, Fabri et leurs compagnons, dont il sera parlé ci-après dans l'histoire de la géographie et des voyages. La carte de Rewich accompagne toutes les éditions de la relation de Breydenbach ; on la trouvera reproduite in extenso par R. Rôhricht dans ZDPV, XXIV (1901), pl. 1-3 (v. pl. 3), et antérieurement pour la partie qui nous intéresse, par Laborde dans son Commentaire géographique de 18#1.
4, E. von Groote, Die Pilgerfahrt des A.v. Harff etc. (4860), p. 133.
mencer ici le récit de cette extraordinaire aventure, pour lequel nous renvoyons le lecteur à l'ouvrage bien connu de Heyd. Rappelons seulement qu’en 1487 Barthelemy Diaz arrive au cap de Bonne-Espérance, qu'en 1498 Vasco de Gama atteint Calicut par le sud de l'Afrique, que de 1500 à 1506 se succèdent, par la nouvelle route, les opérations extraordinairement rémunératrices de Cabral, de Joâo de Nova, de Vasco de Gama, des Albuquerque, de Lopo Soarez, d'Almeida, de Tristan da Cunha; que Venise, menacée de ruine totale, cherche vainement pendant ce temps à faire agir le sultan d'Égypte contre les Portugais dans l'Océan Indien. En 1507, cependant, les Égyptiens arrivent à être en mesure de chercher sur mer l’ennemi commercial ; mais leurs succès demeurent extrêmement limités. Ce sont les Portugais, au.contraire, qui à partir de 1513 portent l'offensive dans la mer Rouge. En 1517, la crise commerciale en Égypte se complique d’une invasion et d’une conquête étrangère : Seliml, maitre de la Syrie, s'empare de l'Égypte et entre au Caire. Les Turcs, d’ailleurs, assument immédiatement les charges de la lutte contre les Portugais, qui en 1518 se retirent de la mer Rouge.
Par une répercussion inattendue, le désastre national et la ruine de Tôr avaient profité à Suez, le vieux point d'atterrissage qui avait eu son heure de prospérité sept ou huit cents ans auparavant,et dont les Egyptiens, puis les Tures, firent un port pour les besoins de leur flotte de la mer Rouge, et sans doute aussi pour améliorer les conditions commerciales de la route de la mer Rouge en allégeant les transports par caravane des 200 kil. de chemins mauvais qui séparaient Tôr du fond du golfe. On comprend d’ailleurs, que la mesure fut désormais insuffisante. Pour lutter contre la route du Cap, les détenteurs de la route par la mer Rouge et l'Égypte n'avaient plus qu'une chance à tenter, celle de la réouverture de la communication antique entre le Nil et la mer Rouge. Dès 1504, les pénétrants esprits de la Seigneurie de Venise avaient reconnu la nécessité. de ce travail, et en 1529, on trouve les Tures occupés à une tentative de réalisation *, Avec des ressources industrielles supérieures, le projet eût
1. W. Heyd, Geschichte des Levantehandels im Müiltelalter, 1878; v. la trad, française de Furcy Raynaud (1885), II, p. 508-552. 2. Doéuments cités dans W. Heyd, loc. cit., trad. Raynaud, p. 552.