Seetzen, loc. cit., XX, p
borne à dire ! que les Juifs d'Aiïla sont en possession d’un traité avec le Prophète; c’est chez lui qu'on rencontre pour la première fois, avec l'indication d'Aïla ville juive, l'injurieuse légende des habitants de la ville à qui Dieu avait. défendu la pêche le jour du sabbat, et dont il changea un certain nombre, pour leur désobéissance, en singes et en porcs. On retrouve cette histoire chez Aboulfeda ?, chez Kalkaschandi *, chez Macrizi ‘. Ce dernier écrivain, après avoir mentionné le grand nombre des Juifs d'Aila, dit qu'ils prétendent posséder le manteau du Prophète, qui leur avait été envoyé comme sauf-conduit ; cette tradition diffère, comme on yoit, de celle d'Istachri, et ne reproduit qu'une moitié de celle de Mohamed ibn Achmed. Ce qui concerne le firman de Mahomet est d'ailleurs recueilli également par Macrizi, d'après Ibn Ishak qu'il cite 5; il était dit dans sa relation que lorsque le prophète arriva à Tebouk, le préfet d'Aïla, Tahiah ben Roubah, vint lui demander la paix et lui payer tribut, en même temps que les habitants de Gerba et d'Agrah; et que le Prophète donna aux gens d'Aila une lettre qu’ils ont conservée et dont Ibn Ishak reproduit le texte. Cette dernière tradition est différenciée de celle de-Mohamed ibn Achmed, comme on voit, par ce fait que la charte de Mahomet est délivrée au gouverneur d’Aiïla, et non au chef des Juifs; c'est de même avec un prince chrétien d'Aila, Johannah fils de Roubah, que Mahomet eut à traiter d'après une autre relation que cite Quatremère 7, La considération d'Istachri et de Mohamed montre que ces traditions diverses étaient également anciennes ; il est d’ailleurs facile de les concilier en admettant que dans Aïla, ville en grande partie juive, le chef des Juifs avait effectivement reçu la qualité de préfet impérial.
Tous les géographes arabes mentionnent la ville et le port d'Aila. Chez ceux d’entre eux qui en donnent en outre une description, on reconnaît la transmission de deux traditions diffé-