Vakout, éd. Wüstenfeld, I, p
granites, ajoute Moukaddasi), avec çà et là des palmiers et quelques sources, borné à l'Égyte, à la Palestine, à l'Arabie et au midi au Tour Sina, le Sinai qui pour les Arabes comme pour les Européens, au Moyen Age, est celui de Sainte-Catherine dans le sud de la péninsule.
Nous décrirons en détail, aux chapitres suivants, d'importantes sections de la route méridionale par le rivage et le Sinaï. Bornons-nous pour le moment à l'examen de la route directe par le plateau {le Tih des modernes), dont on possède plusieurs descriptions à l'époque arabe. Antérieurement à tous les documents arabes, cette route est déjà inscrite sur la précieuse Tabula Peutingeriana (rédigée au m° siècle?), qui note, de Clysma à Haila, une distance totale de 170 milles ! et deux stations intermédiaires, Medeia et Phara. Medeia est le O. Medileh de nos cartes, où sont des ruines ? et par où monte, au-dessus du O. El Had}, le sentier principal moderne ; quant à Phara, on ne sait exactement où le mettre, mais il semble bien que c'est le ÆHafar que nous allons rencontrer sur la route d’'Ibn Khordadbeh, de Moukaddasi et d'Edrisi, de sorte que cette dernière route a des chances de se superposer purement et simplement à celle de la Tabula. Prenons maintenant ces routes du 1v° siècle et de l’époque arabe et juxtaposons-les, comme il est fait au tableau ci-après, avec les divers itinéraires connus des temps suivants jusqu'au milieu du xix° siècle. |
La comparaison est instructive. On voit, d’abord, que du xvir* au xIx° siècle, tous les voyageurs connaissent la station principale de Kalaat en Nakhl, et qu'en deçà, si les stations dif-
4. Pline (Hist. Nat., V, 12) compte 150 milles d’Aila à Gaza : ces chiffres de 225 kilom. d’Aila à Gaza et de 255 d’Aila à Suez sont remarquablement voisins de la réalité. Pline cite, de plus, Agrippa, pour l’évaluation à 125 milles, soit 187 kilom., de la distance de Péluse à Arsinoe; ce dernier chiffre est sensiblement trop fort, à moins qu'on n’admette que l’Arsinoe de Ptolémée Il, — de site encore inconnu, -— était beaucoup plus au sud sur la mer Rouge qu’on ne le pense d'ordinaire.
2. Localité notée pour la première fois, en 1826, par Rüppell, Reise in Nubien, Kordofan etc. (1829 ; v. la carte, pl. 11, reproduite par Laborde dans Comm. géographique, 1841); mais Rüppell ne fait pas l’identification nécessaire entre Medileh et Medeia. On constate, par ailleurs, des localisations tout à fait à contresens de cette route de la Tab. Peut., notamment dans Descr. de l'Egypte (carte ancienne, t. XVIII, 2° partie, p. 266), qui met Phara à Pharan de l’oasis, et Medeia sur la côte occidentale.
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fèrent, la route est unique, puisque l'itinéraire par le O. Tih (Shaw, Pococke, Burckhardt) passe immédiatement avant par Rastywatter (Shaw), ce qui l'identifie avec la route de Thévenot (Rastywatter — Rastagara), et que cette dernière route, en deçà de Rastywatter, passe par Navatir, ce qui l’identifie avec la route de Robinson. Hadji Khalfa, seul, est monté au plateau par une route plus au sud, embranchée à Ain Mousa sur le chemin de la côte. Au delà de Kalaat en Nakhl, le passage à Æbjarolala identifie les trajets de Had}i Khalfa, Thévenot, Shaw et Pococke, et quant au chemin de Robinson, bien qu'il ne connaisse pas cette dernière localité, il est encore le même, puisqu'il passe au Koureis qui fut la précédente station de Hadji Khalfa (Xoreidh) dans ses petites étapes. En somme, tous ces voyageurs pendant deux siècles suivent une même route, Une observation importante est à faire au sujet du Xoreidh-Koureis de Hadji Khalfa et Robinson, Æoros de la carte précitée de Rüppell, Dj. Goros de celle du col. Lapie (1828), dont l'intérêt est d'autant plus grand que cette localité est évidemment le Xorsi des itinéraires arabes. Elle est notée sur nos dernières cartes (Baedeker, Joanne) fort loin au delà de Kalaat en Nakhlet à une quinzaine de kilomètres à peine du Æth Themed ! quiest la station suivante de Robinson : il faudrait que Robinson eût fait, en un jour, plus de 50 kilom., et le lendemain seulement 15; il faudrait, de plus, que le lent Hadji Khalfa eût fait, deux jours de suite, des étapes de 30 kilomètres. On voit que Bir Korésch des cartes doit être fort reporté à l’ouest, comme le fait notre carte 1, sans doute au point de rencontre de la route avec le O. EI Akaba qui descend vers le DOS
Une correction encore à apporter à la cartographie. La route par Korêsh et Eth Themed est, nous l'avons vu, la seule pratiquée par les modernes, qui ignorent le sentier rectiligne plus au nord que les cartes indiquent comme route principale : si donc ce sentier existe, dans cette section, c’est un chemin secondaire.
Si maintenant on remonte à la Tab. Peutingeriana, on n'y